Trois présumés assassins d'Évelyne Sincère passent aux aveux

La Police nationale d’Haïti a présenté à la presse, lundi 9 novembre 2020, trois suspects dans le cadre du kidnapping suivi de l’assassinat d'Evelyne Sincère. Les nommés Michel Jerry Domerçant, 22 ans, et son frère Evald Domerçant, 27 ans, ainsi qu'Obed Joseph, alias Kiki, le petit ami de la victime, ont avoué qu’ils avaient fait le coup rien que pour avoir de l’argent. 

Publié le 2020-11-09 | lenouvelliste.com

À présent, on connait le mobile du crime. Les présumés assassins d'Évelyne Sincère, passant aux aveux dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), ont fourni des informations aux enquêteurs, puis à la presse, sur la raison qui les a poussés à fomenter un plan macabre en abusant de la confiance d'Évelyne Sincère pour l’enlever, la garder bâillonnée dans la crasse plusieurs jours, ensuite la tuer avant de la transporter dans un « drum » en métal pour la jeter aux ordures sur les flancs d’une petite colline entre Delmas 24 et Nazon.

L'inspecteur Garry Desrosiers, en conférence de presse, rapporte, pour retracer le film des évènements : le 29 octobre Evelyne Sincère a rencontré Obed Joseph, alias Kiki, à Delmas (carrefour de l’aéroport), trois jours après une première rencontre. Ils étaient  devenus amis sur Facebook depuis un certain temps. Selon Obed Joseph, Evelyne Sincère lui avait dit que son père était un responsable d'église et possédait un shop d'auto-parts. Donc il avait de l’argent. Selon leurs dires, ils espéraient que le père d'Evelyne Sincère serait en mesure de donner l’argent qu’ils allaient réclamer, sans penser au fait qu’elle connaissait Obed Joseph et saurait facilement l’identifier en cas de poursuite.

Informés, ses deux complices, qui étaient fauchés, ont décidé de séquestrer la jeune femme en échange de rançon, a confié Obed Joseph. Ainsi, ils ont décidé de passer à l'acte, lors de cette deuxième rencontre du 29 octobre; ils l'ont séquestrée pour exiger la somme de cinq cent mille gourdes. Obed Joseph, prétendu petit ami d'Évelyne Sincère, arrachée brutalement de cette terre, le principal suspect, a tenté de rejeter la faute sur ses complices. « Je ne voulais pas participer à cet enlèvement. À chaque fois qu'ils parlaient de leur plan, je me sentais mal à l'aise », a-t-il dit avant d’assumer que c’est lui qui a finalement attiré la jeune lycéenne dans le filet de sa bande de malfrats.

Les trois présumés auteurs de ce crime qui a provoqué des remous dans la société, avec très peu de remords, se sont accusés tout en racontant les derniers instants de la jeune femme. Michel avait la corde et l'adhésif pour attacher Évelyne Sincère le jour où on l’a prise. On l’a séquestrée et gardée dans une maison à Nazon, a fait savoir Obed Joseph, qui dit avoir aidé à immobiliser la victime alors que Michel plaquait un oreiller sur sa tête pour l'étouffer. Son frère Eval lui avait déjà donné à boire un cocktail fait de marijuana et de poison, du mort aux rats en lui faisant croire qu'ils voulaient diminuer le risque qu'elle soit infectée considérant l'état dans lequel elle était séquestrée. Michel a rétorqué en disant qu'Obed, en plus de l’oreiller sur son visage, a serré ses mains fortement sur son cou pour l’étrangler. Un tel acharnement pour en finir avec une jeune femme. Ils ont rejeté les allégations faisant croire qu’ils avaient violé la victime avant de l’avoir tuée.

Ils sont chargés des infractions comme séquestration, viol, homicide et association de malfaiteurs. La Direction centrale de la police judiciaire a arrêté également la concubine d’Eval Domerçant qui nie toute implication dans cette affaire. L’opération menant à leur interpellation a été menée vers 3h du matin, ce lundi 9 novembre, par l'intermédiaire d'agents de la Brigade d'intervention et de recherches (BRI) et du SWAT. Sous la direction de la DCPJ, ils ont mené plusieurs opérations coordonnées à Delmas 19 et Nazon, non loin de l'endroit où le corps presque nu de la jeune femme a été retrouvé le 2 novembre dernier.

Selon une note de la Coordination de presse et des relations publiques, ces individus continuent de répondre aux questions de la DCPJ avant que leur dossier soit déféré par-devant le parquet de Port-au-Prince pour les suites légales.



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