Éduquons les électeurs à travers les réseaux sociaux

Publié le 2020-10-29 | Le Nouvelliste

Depuis quelque temps, l’utilisation des réseaux  sociaux fait partie intégrante de notre quotidien. Nous ne nous pouvons pas nous en passer.  Outre la propagation du sensationnel, les commerces qui s’y développent, ils constituent aussi un podium virtuel où nous sommes nombreux à parler d’Haïti, à déplorer la situation alarmante du pays qui fait face depuis longtemps, trop longtemps à des crises économiques, sociales et politiques.

De longs textes, des posts qui s'affichent sur les murs, la voix d’une jeunesse ou plus généralement d’une génération qui se meurt de voir son pays à l’agonie. Ces derniers mois surtout, nous l’avons entendue, cette voix unanime, désespérée, lacérante pour les âmes patriotes, qui charrie la souffrance de la jeunesse haïtienne, sa colère dans ses adresses à ses dirigeants qu’elle tag avec insistance quand la faim lui brûle les entrailles, quand l’insécurité fait rage, quand la peur, l’anesthésie, la dote de réflexes individualistes, quand ses amis ne rentrent pas et leurs familles se convertissent en négociateurs.  Inlassablement, elle s’érige sur les tribunes des réseaux sociaux avec le regard courroucé tourné vers « les responsables » pour faire la somme des malheurs du peuple haïtien. C’est à qui s’exprimera le mieux! C’est à qui récoltera plus de likes pour des phrases bien tournées qui traduisent la pensée de tous. Juste des mots, rien de plus ! Tout le monde y va de ce train et exprime sa préoccupation sur le sujet à travers un post, un peu comme on laisse tomber l’aumône dans la caisse d’offrande qui passe, bien content d’avoir fait sa part.  Tout le monde dénonce, regrette, s’indigne! Et c’est tout.

Sans vouloir déranger cette dynamique de dénonciation, car elle est noble et bien plus utile que la vague caricaturale que produisent les internautes face aux bourdes commises par les personnalités lors de prise de parole, l’on peut déduire qu’elle ne constitue qu’un outil passif d’expression parfois haineuse, vindicative, lassante pour une jeunesse qui parait impatiente de mettre la main à la pâte du changement.  Pourtant, sur les réseaux sociaux, les écrits font ne font que l’étalage de notre mal-être.  les mots doivent s’accompagner d’actions.  La pratique est stérile car les mots parfois ont soif d’action.  Certes, il ne nous appartient pas (dans une certaine mesure) de décider de l’orientation de la politique économique du pays ou encore du plan de relancement du pays mais nous avons la responsabilité d’élire notre ou nos représentants aspirant au changement. Pour ce faire, il nous faut, en plus de nous épancher sur nos souffrances quotidiennes, connaître les problèmes du pays et non pas les répéter comme le mainate religieux,  il nous faut déterminer leurs causes et établir avec une approche pragmatique les possibles solutions.  Avec cela, face à un candidat promettant monts et merveilles, lors d’apparitions en communauté, dans les débats estudiantines, dans les émissions radiophoniques, nous serons à même de comprendre son offre politique, d’exiger une discussion autour de son programme, nous serons plus réceptifs à sa démarche transformationnelle et ne nous cantonnerons plus aux slogans, de comprendre les secteurs d’activités qu’il envisage de prioriser comme moteur de relance de l’économie, d’établir tout au long de la campagne électorale une comparaison entre les propositions d’un candidat face à un autre. 

Les réseaux sociaux sont une révolution pour la communication, ils présentent de nombreux aspects positifs pour les utilisateurs parmi lesquels le relai de l’information, le débat, la construction d’un capital social, la notoriété. Des aspects essentiels que les influenceurs devraient exploiter pour donner le ton, lancer un exercice de réflexivité comme première démarche dans ce changement qui nous tient à coeur, préparer la jeunesse, les citoyens, à poser des critères de base d’éligibilité lors de la tenue d’élections démocratiques et sûres.  Passons de la parole aux actes, au lieu de la vague caricaturale, organisons en toute conscience cette coumbite intellectuelle, lançons un mouvement réflexif structuré sur les réseaux sociaux, éduquons les électeurs.

Saika Céus

saikaceus@gmail.com

Saika Ceus Auteur

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