Jimmy Jean-Louis dans un rôle de harceleur

PUBLIÉ 2020-10-22
A une époque où des accusations d’harcèlement et de viol font exceptionnellement les manchettes des journaux en Haïti, en écho aux mouvements #metoo et #balancetonporc, notre Jimmy Jean-Louis entre dans la peau d’un professeur au cœur d'un scandale de harcèlement pour les besoins du film « Citation » du réalisateur nigérian Kunle Afolayan qui paraîtra sur Netflix ce 6 novembre. L’acteur confie être fier de son rôle, puisqu’il permet de soulever dans le contexte de nos pays « noirs » les problématiques tabous comme l’abus de pouvoir, le consentement sexuel…


Loin du rôle « hypercatho », « super héros » de Toussaint Louverture, Jimmy Jean-Louis nous entraîne, avec "Citation" dans les méandres d’un professeur d’université au cœur d'un scandale de harcèlement. Parlant plusieurs langues, surdiplômé, venant d’un autre pays… le personnage en question a tout pour nous convaincre du pouvoir de l’effort pour changer la courbe de nos destinées, mais se trouve accusé d’être un prédateur sexuel. « Je n’ai pas hésité une seconde quand on m’a proposé ce rôle. Avec plus de 60 rôles à mon actif, je n’avais rien à perdre en l’endossant. Bien au contraire je suis heureux que cela puisse aider à soulever tant de problématiques qui sont tabous dans nos pays d’Afrique, chez nous en Haïti », confie Jimmy Jean-Louis.

L’acteur se réjouit aussi que le film est aussi un prétexte pour parler des abus de pouvoir dans ces mêmes pays. « L’actualité, rappelle-t-il, est malheureusement marquée au Nigeria où le film est tourné en gros par les manifestations de jeunes qui dénoncent les bavures policières ; c’est presque au même moment que les histoires de Black Lives Matter. En Haïti, les abus de pouvoir se déclinent sur tant de formes », poursuit-il.

Jimmy a rencontré le réalisateur Kunle Afolayan il y quelques années à Los Angeles et depuis, de temps en temps, ils se recroisent dans les grand-messes de leur secteur, que ça soit à Cannes, aux Césars, à Lagos… Le tournage s’est déroulé au Nigeria et au Sénégal au début de 2020 juste avant que la Covid-19 ne devienne globale.

Questionné sur son avis sur Netflix, l’acteur a voulu qu’on ramène le débat sur le streaming en général de préférence. « C’est de bonne guerre que ces plateformes permettent à chaque cinéphile d’avoir son rapport privilégié avec le 7e art. La vie a voulu qu’elles soient créées avant que survienne la pandémie qui fermera les portes des cinémas. Dans une ville comme Port-au-Prince où il n’y a pas de salles, elle y supplée. Cependant elles tuent la magie des salles obscures ; elles en détruisent les quelques-unes qui restaient encore dans les villes où il en existait », avance-t-il.

Quid de Los Angeles où il vit ?

C’est le point mort, selon le résident qui confirme ces nouvelles de ville morte relayées dans la presse américaine. La capitale du cinéma est en train de réexpérimenter le lockdown. Café, boutique, magasins… sont soient fermées ou fonctionnent au rabais avec des mesures draconiennes. Le cinéma tente de se repiquer à Atlanta, mais ce ne sera pas tout de suite au niveau de Los Angeles. L’acteur confie être aussi en mode lockdown ; il peine pour l’heure à faire des projets tant pour Haïti que pour le reste du monde, car rien n’est certain.

« Citation » sort sur Netflix le 6 novembre prochain. Jimmy nous invite donc à découvrir le long-métrage pour discuter, réfléchir sur notre rapport au pouvoir, parler de consentement sexuel.



Réagir à cet article