Redécouvrir Haïti avec « Boyo »

PUBLIÉ 2020-10-22
Samuel Daméus propose « Boyo. Haiti in 30 days ». Un film documentaire, dont la grande première est prévue pour le 5 décembre prochain, qui nous invite à redécouvrir le pays à travers son histoire, sa culture, ses sites touristiques et historiques.


Pour le photographe de « Faces of Haiti », l’idée d’un documentaire qui propose un retour dans notre histoire et une valse avec notre culture part de la série « History 101 ». Cette production signée ITN, dans son 9e épisode, avait replacé Haïti comme étant le premier foyer du sida. À  quelque chose malheur est bon. Cette justification autant mensongère que raciste incitera à la production des mois plus tard d’un film qui dépeint le pays dans son essence. Boyo : tout simplement.

« Après ce qui s’est passé avec Netflix, je me suis dit qu’on était trop habitué à agir comme des réactionnaires. Il est donc venu le temps d’agir. L’idée de Boyo m’est venue parce que je voulais agir. Je voulais essayer. Je voulais faire un premier pas. Pas un premier pas pour donner une réponse aux autres, mais un premier pas pour commencer une nouvelle narrative en utilisant les mêmes plateformes que les autres utilisent pour dénigrer notre pays », a expliqué M. Daméus.

Boyo. Cette ancienne nomination du pays qui remonte au temps des Arawaks n’est pas choisie au hasard dans le cadre d’un film pareil. « Pour moi, j’estime que c’est une erreur de garder le nom d’Haïti en français et de ne pas utiliser du tout le nom ‘’Boyo’’. Au cours, de nos voyages, on a découvert que ‘’Boyo’’ signifiait terre complète. De fait, notre pays en est bien une. On a des destinations historiques, balnéaires. On a des destinations culturelles comme Jacmel. On a une culture extraordinaire et riche. On a des Haïtiens qui excellent aussi dans beaucoup de domaines (art, littérature, musique). Le nom Boyo est en effet très approprié pour parler d’un pays aussi complet à l’instar d’Haïti », a-t-il indiqué.

Toutefois, conscient de l’autre façade pas très reluisante du pays, Samuel Daméus ne veut pas duper le public pour autant. « Boyo » tient à rester davantage proche de la réalité. « Boyo fait le diagnostic de notre pays de façon très objective. Faire le tour d’Haïti en 30 jours, cela nous a permis de découvrir plein de choses : la beauté mais aussi d’autres aspects que nous sommes peut-être appelés à changer. Il y a des endroits où nous avons été qui sont extraordinaires, tout comme il y en a d’autres qui nous interpellent. Ils nous poussent à comprendre qu’il y a un travail à faire pour changer et bâtir le pays », a-t-il poursuivi.

« Boyo. Haiti in 30 days ». L’ancien de Fotomatik et son équipe ont bien réussi le pari. « Avec une équipe de 12 personnes, (Savinia Exantus, Marvens Amazan, Staphania Taïna Dorval, Jonathan Dave Clément, Ghislaine Baudin Serrano, Marichka Milord, Casimir Enrick, Michel-Ange Bélizaire, Orlando Barreau, Eder Philippe, Jean-Bernard Rémy et moi), on a effectivement fait le tour d’Haïti en 30 jours. Ce qui a inclus 4 acteurs, 4 staffs techniques et le reste dans la logistique. On est parti de Port-au-Prince le 9 septembre pour y revenir le 9 octobre dernier. C’était un vrai défi, surtout avec l’insécurité qui constituait un vrai point d’interrogation. Mais on y est vraiment parvenu », a raconté Samuel. Le photographe, qui présente « Boyo » tel une continuité de « Faces of Haiti », espère que son tout premier film documentaire servira de « matériel didactique aux écoles et aux universités de façon à pousser les recherches sur la découverte d’Haïti, et permettra aux gens de la diaspora de mieux connaître leur pays ».



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