Festi Teyat Kreyòl al pou 2

PUBLIÉ 2020-10-19
Du 28 octobre au 1er novembre 2020, la deuxième édition de Festi Teyat Kreyòl établira ses quartiers exclusivement en ligne sous le thème « Yon nouvo souf pou teyat kreyòl la ». L’activité a pour invité d’honneur l’illustre Frankétienne et porte-parole Yardly Kavanagh, une figure remarquable de la presse dans tout le Canada. Pour Nerlande Gaëtan Civil, la directrice du festival, le théâtre ou la culture en général ne doit pas être emporté par le coronavirus.


C’est dans le souci de garder vivante la culture créole dans un Montréal ultra cosmopolite que la Compagnie de théâtre créole a initié un festival à la gloire de cet art. « On voulait proposer d’autres richesses de notre culture que le konpa. En plus on voulait rendre hommage à notre grand héritage en matière du théâtre », explique Nerlande Gaëtan Civil, directrice du festival. L'événement, qui a ouvert ses portes à l’artiste antillais Ralph Thamar, ne se limite pas à la diaspora haïtienne du Québec. « C’est à la base la promotion de notre culture mais l’on s’ouvre au monde aussi », ajoute-t-elle.

Le succès a été tel selon la miss Vidéomax 2004 que des personnalités dont Yardly Kavagnah, figure remarquable de la presse dans tout le Canada, a accepté de prêter son image à l’initiative cette année en y officiant en tant que porte-parole. C’est de bonne guerre pour le festival qui ne veut pas être qu’un truc du Québec.

Cette deuxième édition est bien entendu abordée avec perplexité puisqu’au dernières nouvelles, Montréal l’hôte du festival, est en train de se reconfiner. « On aurait pu annuler, mais on a la conviction que l’art en général ne doit pas mourir de cette maladie qui a malheureusement emporté tant de gens que nous aimons », raconte Nerlande qui s’adapte par tous les moyens à cette virtualité qui devient la mode. C’est d’ailleurs dans cet esprit de résilience que le thème a été trouvé « Yon nouvo sous pou teyat kreyòl la ».

La Compagnie de Théâtre Créole, depuis sa fondation en 1999, s’est abstenue au culte des morts qui est répandu dans notre culture. Notre interlocutrice, qui l’a rejointe en 2012 à titre personnel, ne s’aligne pas sur cette tendance à attendre que les gens meurent pour faire leur éloge. Elle fait remarquer que son institution a par exemple rendu hommage à Georges Castera de son vivant. « Certes, on l’a honoré aussi à sa mort, mais on est fier de lui avoir fait savoir combien il comptait pour nous, combien il a enrichi notre culture », note-t-elle.

C’est dans ce même d’idée que cette année le choix est porté sur Frankétienne comme invité d’honneur. « Nous voulons non seulement rendre hommage à ses œuvres qui sont de valeur, mais aussi faire savoir aux jeunes qu’il ne s’agit pas uniquement d’un écrivain et d’un peintre mais qu’il est un homme important dans la création théâtrale », fait remarquer Nerlande.

La deuxième édition s’ouvre avec une causerie le 28 octobre qui est en effet la Journée internationale de la langue créole. Interviendront à 11 h 30 Rassoul Labuchin et Manno Eugène. Jean Emmanuel Pierre assurera le rôle de modérateur. Le jour suivant est pratiquement une journée open mic. Tous les acteurs de théâtre, de conte et consorts sont conviés à participer depuis chez eux au « M ap di Lakay mwen/ Je dis à la maison ».


Le 30, l’immense Youyou adapte "Bobomasouri" de Frankétienne. La jeune artiste de Montréal Winnie Jay se produira dans un conte sur Anacaona. Djénane Saint-Juste, une autre miss Vidéomax, nous fera découvrir une prestation dansante sous le vocable « La Sirèn la balèn ». Le 31, "Antigone" sera interprétée par la compagnie organisatrice du festival. Et la boucle sera bouclée par l’artiste invité Frankétienne qui sera sur scène avec Ricardo Lefèvre pour une prestation de son œuvre "Pèlen Tèt". Durant tout le festival, on pourra admirer sur la page du festival les peintures de Sandra Pasous, Betina Antoine, Tima et Jev Production. 

Nerlande Gaëtan Civil en appelle à la mobilisation des amateurs de théâtre pour la réussite de cette édition qui se fait uniquement en ligne. « Votre visionnement, dit-elle, compte beaucoup pour nous. Nous attendons aussi vos critiques constructives pour nous améliorer. » Ceux qui veulent faire des dons peuvent s’adresser à la compagnie pour découvrir les moyens adéquats et sûrs pour cela. D’ici là, la directrice de Festi Teyat Kreyòl nous donne rendez-vous pour une deuxième édition qui s’annonce tout aussi merveilleuse que celle d’avant. 



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