Électricité : les barges turcs arrivent bientôt

Mercredi 14 octobre 2020, le directeur général de l’Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie (ANARSE), Dr Evenson Calixte, était sur le plateau de l’émission « Haïti, sa k ap kwit ? », animée par le journaliste Robenson Geffrard (Télé 20), pour dresser un état des lieux du secteur de l’énergie en Haïti et répondre à la question « où en est le président avec sa promesse d’électrifier le pays 24 heures sur 24 ? ».

Publié le 2020-10-14 | Le Nouvelliste

Selon le Dr Calixte, garantir le courant 24 heures sur 24 passe par l’une des trois composantes de la réforme du secteur électrique, à savoir renforcer et augmenter la capacité de production du pays. « C’est dans ce cadre-là que le gouvernement a travaillé main dans la main avec l'ED’H pour lui permettre d’avoir une capacité additionnelle qui arrivera de deux façons : une barge ou centrale flottante d’une capacité de 79 MW dans le terminal Varreux et une autre de 36 MW au Cap-Haïtien », a fait savoir le responsable de l’ANARSE avant de révéler quelques éléments du contrat qui va permettre, selon lui, de faire une transition vers la disponibilité recherchée dans les prochains 24 mois.

Le contrat stipule clairement que 90 jours après notification du producteur – ce qui n’est pas encore le cas –la compagnie turque est dans l’obligation contractuelle de garantir la disponibilité de cette puissance pour l’Etat haïtien. En effet, les deux barges ou centrales flottantes en provenance de la Turquie, de capacité de 79 MW et de 36 MW respectivement, moyennant un contrat d’une année, vont vendre le kilowattheure à un coût – actuellement en discussion – estimé à 11,65 centimes.

Il s’agit d’une stratégie, une sorte de transition, en attendant les réparations de la centrale de Varreux et la mise en service de la centrale de 120 MW à Carrefour.  Concernant ces deux infrastructures, l’expert en énergie a souligné qu’un appel d’offres a déjà été lancé – et 4 firmes ont été sollicitées – pour refaire la centrale de Varreux qui sera d’une capacité de 180 MW et ensuite, la CSCCA a validé la première phase du contrat de construction de la centrale de Carrefour – le contrat General Electric – qui va fonctionner au moyen de deux turbines de 30 MW alimentées avec deux types de fuel, diesel et gaz naturel, dont le gaz naturel liquéfié ou propane.

« Les premiers calculs montrent que le propane mettra le coût de production en dessous des 20 centimes. Dans un premier temps, on procédera à l’installation de deux turbines à gaz de 60 MW. Une première dans le pays », s’est réjoui le directeur général, précisant que la deuxième phase de construction consistera en la mise en place d’une centrale à cycle combiné. Encore une première en Haïti, a insisté le Dr Calixte, indiquant qu’une turbine fonctionnera à gaz alors que l’autre marchera à vapeur. La chaleur dégagée par les trois autres turbines va être canalisée dans la turbine à vapeur. « C’est ce qu’on appelle cycle combiné », a expliqué le DG Calixte sur un ton doctoral. 

En tout, la centrale qui sera construite par General Electric à Carrefour accuse un coût total de 55 millions de dollars, soit moins d’un million de dollars par MW, s’est frotté les mains le conseiller en énergie de la présidence. « Mais le contrat n’est pas encore entré en vigueur », a-t-il annoncé, évoquant la mise en place de plusieurs instruments financiers de part et d’autre actuellement. « D’ici deux semaines au maximum », c’est le délai communiqué au public par le Dr Calixte pour que tous les éléments du contrat soient bouclés permettant ainsi l’arrivée dans les eaux nationales des deux barges turques.

Par ailleurs, le Dr Calixte a laissé entendre que les différents chantiers de l’exécutif concourent d’une manière générale à poser les bases pour amener le courant 24 sur 24 dans tous les foyers sur le territoire national.  A entendre le professeur d’université, le réseau électrique en phase de réparation actuellement  doit être conçu pour fonctionner aussi 24 sur 24. Techniquement, dit-il, il est possible de garantir une disponibilité 24 sur 24 qui va au-delà d’un mandat présidentiel.

« Quand je fais la somme de toute la puissance en termes de capacité de production pour alimenter tout le territoire, il existe 370 MW de puissance installée répartis entre opérateurs indépendants et ED’H », a déclaré péremptoirement le Dr Calixte précisant que de ce total seuls 130 MW sont disponibles en réalité pour tout le territoire.

« La situation est grave », a martelé le DG Evenson Calixte, également conseiller spécial du président en énergie, qui en appelle à la réflexion de tous pour voir comment apporter une solution nationale à ce problème national. 

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