Faculté de linguistique appliquée: les hangars se dégradent, un bâtiment de secours toujours en construction…

Jusqu’ici, à la Faculté de linguistique appliquée (FLA), les salles de travail, les bureaux administratifs, les salles de cours sont placées dans des hangars qui se détériorent. La durée de vie de ces derniers, placés depuis 2010 dans l’espace facultaire dont le bâtiment a été écrabouillé par le passage du séisme, était prévue pour 10 ans. Déjà, dans plusieurs contours de ces abris provisoires, des fissures se multiplient. Une réalité qui, visiblement, semble inquiéter le doyen de la FLA. « Moi, je suis très inquiet par rapport aux mauvaises conditions. Nous avons vu les signaux dans les hangars. C’est pour cela que nous nous démenons pour achever la construction du bâtiment de secours… », a rassuré le doyen Dr Renaud Govain.

Publié le 2020-09-30 | Le Nouvelliste

Le processus de reconstruction d’un bâtiment de secours, enclenché depuis 2014, ne s’achève pas encore. Les étudiants sont de plus en plus impatients. « Ici, les conditions de fonctionnement sont décevantes. Les hangars s’abîment. Ils ne sont pas adaptés. Les salles de cours sont inadéquates. Parfois, le bruit des véhicules qui passent dehors nous dérange jusque dans les salles de cours. Les toilettes ne sont pas commodes. C’est notre triste réalité…», s’est exprimé un étudiant en troisième année à la FLA lors d’une rencontre sur les lieux.

 L'espace facultaire est exiguë. Il ne favorise pas une ambiance académique relativement adéquate. Pour certains étudiants, le projet de reconstruction a trop duré, quoique les dirigeants évoquent toujours le déficit de moyens. « Les dirigeants de la FLA montrent qu’ils ont de la bonne volonté. Mais cela ne suffit pas. Il faut trouver les moyens. L’État que nous avons ne donne pas les moyens. Les institutions privées n’ont pas fait montre d’intérêt pour notre université. Sinon, toutes les autres facultés victimes de la même situation auraient déjà achevé le processus de leur reconstruction normalement. C’est ainsi que je vois les choses, moi. À présent, on essaie de construire un bâtiment de secours, c’est mieux que rien… », a avancé, dans un demi-sourire, un autre camarade qui voulait faire passer son opinion.

Avec de l’aide externe, les responsables ont pu faire achever les travaux jusqu’au premier étage du « bâtiment de secours » de trois niveaux. Depuis deux ans, les dirigeants de la faculté ont décidé d’utiliser l’espace du premier niveau pour permettre aux étudiants de suivre certains cours.  Le deuxième niveau vient de s’achever, même s’il ne se dispose pas encore de mobilier, a fait savoir le doyen Renaud Govain.

Pour le troisième niveau, la faculté reçoit un financement dans le cadre d’un projet appelé « EDUC HAITI », un projet de renforcement de services éducatifs dans le Sud-Est d’Haïti et d’amélioration de la qualité de l’enseignement pour le premier cycle fondamental. Dans ce projet, la FLA devra mettre en place un programme d’apprentissage de la lecture pour les écoliers de ce niveau-là. C’est le fruit d’une coopération de l’Union européenne (UE) et l’Agence espagnole de coopération et de développement international. « Le projet coûte 4.152 000   euros, avec 3.000 000 versés par l’UE et 1.125.000 par ladite agence espagnole », a précisé le responsable.

« Il est important de souligner que nous avons seulement un bâtiment de secours qui nous permettra de fonctionner a minima. Toutes nos filières ne pourront pas fonctionner dans cet espace. L’idéal est de parvenir à construire un nouveau bâtiment (convenablement) dans l’espace de la faculté. Nous avons prévu de faire une étude pour la construction d’un nouveau bâtiment. Il nous faut du mobilier. Nous n’avons pas les moyens. L’Etat ne donne toujours rien comme moyens de financement… », a souligné le doyen.

Sur les plans administratif et académique, la faculté fonctionne tant bien que mal, selon le doyen évoquant particulièrement le souci exprimé par certains étudiants par rapport au climat d’insécurité. « À partir de 6h p.m., un groupe d’étudiants ne veut plus rester dans les salles de cours qui parfois doivent normalement terminer à 8h. Certains craignent qu’il ne leur arrive malheur en rentrant chez eux, surtout avec l’absence d’électricité… », indique le professeur.

C’est la firme « Groupe de techniciens réunis », ayant érigé le rez-de-chaussée ainsi que le premier étage du bâtiment de secours, qui continue de mener les travaux au sein de cette faculté qui entend exercer, bon gré, mal gré, son rôle dans l’enseignement supérieur. 

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