Mickael Marabou : Haïtienne de cœur et de sang

PUBLIÉ 2020-09-29
Mickael Marabou ne veut absolument pas se départir de la culture haïtienne. Sa culture de sang. Son récent clip « Mama », un featuring réalisé de concert avec l’artiste congolais BM, témoigne du grand désir de la polyvalente chanteuse de rester connectée à ses racines africaines tout en mettant le cap sur le marché de l’afrobeat.


Comme une lionne, Mickael Makabou, de grands yeux en amande, porte fièrement sa crinière. Ce style adopté régulièrement par l’artiste coïncide avec ce discours qu’elle nous sert au bout du fil, dans un créole paré d’un accent à couper au couteau. « Se kreyòl mwen ye nèt ale. Je suis une Haïtienne. Une marabout. Le sang des ancêtres coule dans mes veines », lâche-t-elle tout de go. C’est que ni sa naissance au pays de l’Oncle Sam ni le fait qu’elle a vécu toute sa vie en terre américaine ne l’empêchent pas d’embrasser la culture de ses parents haïtiens. Sa mère capoise et son père léogânais ont tout fait pour qu’elle s'en rappelle. « Mes parents m’ont toujours parlé de mes origines. Ils m’ont appris que je devais partout valoriser la culture créole. Oui, je suis née aux États-Unis, mais mon esprit a toujours été connecté à Haïti », confie Mickael Marabou.

Brandir son ascendance et sa culture, se trouver une place dans le cœur des Haïtiens et Haïtiennes, Mickael ne jure alors que par cela. A côté de son apparence, elle utilise aussi la musique afin de parvenir à ses fins. « Pour moi, la musique représente un canal qui me permet de transmettre un message, d’apporter ma touche dans la communauté haïtienne. C’est également un moyen de m’affirmer en tant qu’artiste et du coup pousser les jeunes Haïtiens à être fiers de leur culture et combattre l’acculturation », explique la productrice de télé-réalité qui, en 2013, s’est pour de bon lancée dans cette tâche, grâce à « Bel », un groupe musical formé par la rappeuse et ses deux compagnes China Black et Mélanie. Ce trio, avant la dissolution de la bande, accouchera du titre « Haitian boy », sacrant officiellement l’entrée définitive de la « marabou » dans l’univers musical haïtien.

Entre rap, afrobeat, zouk, rabòday, entre autres, la styliste ayant sapé « des personnalités américaines dont Rihanna et Alicia Keys » est à cheval sur toutes les tendances. Toutefois, le rap demeure son genre musical favori. « Je porte le rap dans mon cœur. Il me permet de mieux m’exprimer. Mais, étant une catégorie assez limitée, je me penche donc aussi vers les autres courants musicaux », indique la guitariste, mettant sa polyvalence sur le dos de ses talents de musicienne. Du haut de sa jeune carrière d’artiste, Mickael a donc travaillé avec des artistes haïtiens et étrangers, notamment ceux de l’Afrique. Citons : Wanito sur le morceau « Viens avec moi » ; le Nigérian Skales en compagnie de Young D et des Tripplets Ghetto Kids sur « Fever » ; et le Congolais BM sur « Mama ». Sans oublier « Bèl fanm » ainsi que « Diaspora » qu’elle a réalisé en solo.

Mickael Marabou a réalisé la majorité de ses collaborations avec des artistes africains. Un choix calculé. « Pour moi, c’est important d’avoir une voix de la musique créole qui circule à travers le monde. Mon travail aux côtés de ces artistes figure dans cette optique : intégrer le marché africain tout en faisant valoir la culture haïtienne », affirme celle ayant produit des téléréalités pour BET, MBC, VH1, entre autres. L’Haïtienne de cœur et de sang dit s’atteler corps et âme, à représenter valablement son pays d’origine. La culture créole, le véritable tremplin de Mickael Marabou.



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