Konpa Danse Challenge : bientôt la grande finale

Lancée en juillet 2019, la toute première édition du concours KDC (Konpa Danse Challenge) s’approche vers sa fin prévue pour le mois d’octobre 2020. A cette heure de bilan, participants, organisateurs, membres du jury, réalisateurs des shows sont unanimes : ni corona, ni crises socio-politiques ne peuvent arrêter ce projet à la gloire du konpa dirèk.

Publié le 2020-09-22 | lenouvelliste.com

L’expression « À l’impossible nul n’est tenu » ne semble pas exister dans la culture de la tribu que constituent les organisateurs, les participants mais aussi les membres du jury et les réalisateurs martiniquais du Konpa Danse Challenge. Et oui, le concours qui devait durer 6 mois se retrouve à l’approche d’octobre à son 16e. La compétition a reçu son baptême avec les crises du mois de juillet et sera marquée toute sa durée par des crises, qu’elles soient nationales ou globales.

Les rencontres in situ avec les participants en région se sont faites tandis que le pays connaissait une panique liée à l’insécurité. Les premiers tournages se sont tenus juste la veille du lancement du premier lòk, ce qui a obligé le Martiniquais Joslyn Vautor et son équipe Dream Master à séjourner une semaine de plus en Haïti.

Kinoche Alexis, candidate du Nord, infirmière vivant à Port-au-Prince, s’est réfugiée dans sa ville sous les sollicitations pressantes de sa famille, laissant derrière elle son compagnon de danse Adam Sereme. « Ne pouvant pas répéter avec lui, je me disais que je ne serais pas au top quand on reprendrait, si jamais on reprendrait », confie-t-elle. Mais tout cela ne peut éteindre sa détermination avec son partenaire de participer à ce chantier permettant au konpa, selon leurs mots, de poser au sol sa deuxième jambe qui est la danse.

La date butoir de la finale au mois de décembre s’est retrouvée reportée sine die parce que même au niveau local on ne pouvait avoir d’éliminatoires. Durant le relatif éclairci qu’il y a eu en janvier, les premières émissions ont pu être terminées, et leur diffusion a démarré le 7 février. Chaque épisode a connu du succès en matière de nombre de views. Mais la Covid va forcer l’équipe à l’arrêt en avril.

Cliford et Gaëlle, durant le confinement, partagent gratuitement des cours en ligne à l’intention tant des participants au concours qu’au grand public. Les frères et sœurs Jorancie et Alexandre Duroc Mayas, des milléniaux issus de la Grand'Anse, en ont profité grandement. D'une même voix, ils avancent après avoir affuté leur chorégraphie.

Aglaé Pressoir, partenaire de danse et épouse de Gaël Pressoir, candidate de l’Ouest, confie avoir demandé à tous ses proches et parents de ne pas lui parler du virus. « J’étais considérablement affectée mentalement. Alors je disais stop aux broadcasts via WhatsApp ou à tous ceux qui m’identifiaient dans les publications ayant rapport avec la maladie », témoigne-t-elle.

Pour reprendre avec le concours, une répétition a été organisée ce samedi 19 septembre en préparation aux deux finales. Et là encore, les difficultés étaient encore au rendez-vous. L’équipe de la Martinique s’est vu interdire de rentrer en Haïti pour cause de Covid-19. Elle a dû transiter par Paris et la République dominicaine pour finalement arriver à Port-au-Prince. Ces efforts de nos frères des DOM renforce la conviction de Cinthia Thébaud, boss de l’école de danse CKT et membre du jury. « S’ils y mettent tout leur cœur en tant que Martiniquais, pourquoi pas moi qui suis Haïtienne ? Ils ont une façon magique de montrer notre konpa », confie celle qui apprécie le fait que le KDC lui permette de constater l’universalisme du konpa.

Pour Gaëlle Jasmin, initiatrice du projet, « quand le vin est tiré, il faut le boire ». Autant qu’elle exulte quand elle constate que le concours a la dimension nationale qu’elle lui souhaitait au départ, elle confie être interpellée par la détermination tant des participants mais aussi de toutes les parties prenantes. « C’est un bilan positif totalement. Certes il y a eu les déboires, mais rien n’a su arrêter cette machine qui pousse la danse konpa au pinacle », dit-elle. Au passage, son mari et elle sont pour quelque chose dans l’installation du bachata de nos voisins en France. On peut donc faire confiance à leur démarche pour le konpa.

Clifford, son partenaire de danse et dans la vie, lui, voit déjà très loin au-delà de la grande finale prévue pour fin octobre. Il voit déjà le concours à sa 10e édition avec des filiales en Europe, en Amérique Latine et aux États-Unis, mais avec la finale des finales à Port-au-Prince, la capitale du rythme de Nemours Jean-Baptiste.



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