Jah Nissi Haïti, le reggae comme ultime rédemption

PUBLIÉ 2020-09-17


Après un passage à vide dans le konpa, Jah Nissi entre dans une grande lumière avec les titres reggae qu’il publie depuis 2017. Son dernier en date "Only Jah knows" cartonne dans plusieurs pays du berceau de l’humanité via le réseau de Hit Radio. RFI s'est intéressée aussi au morceau. L’histoire d’une renaissance avec le reggae.
Jah Nissi, de son vrai nom Ernst Toussaint, n’exagère pas en disant vouloir suivre la voie d’Alpha Blondy, de Buju Banton et de Bob Marley… En effet, il faut le détester pour refuser de reconnaître la profondeur de sa voix  qui colle si bien au reggae. L’artiste, pour faire dekabès, dans "Only Jah knows", utilise la langue de Shakespeare (langue officielle du reggae), un son qui berce, le soul qu’il faut pour réussir le morceau, et il faut dire que la recette marche à merveille ! Pour cause, le Burkina Faso, le Togo et bien d’autres pays d’Afrique acquiescent le morceau via le réseau de Hit Radio. RFI, s'intéresant au titre en anglais, a consacré l'édition du 24 août de Koze Kilti à l'artiste. C’est à peu près la même formule qu’il applique dans "Let them talk" et "Nous sommes tous fatigués". Une potentielle carrière mondiale est bien là pour quelqu’un qui a connu la poisse en chantant du konpa.
Le chanteur, qui vit à Toronto, n’avait pas connu une telle mise en lumière jusque-là. Quand il était bambin en Haïti, il a pris goût à la musique quand son père vivant au Venezuela faisait parvenir à sa couvée des instruments de musique. C’est la basse qui intéressait le petit garçon qui croyait par ailleurs avoir une chance dans le football.
En 1993, longtemps avant sa découverte du reggae, Jah Nissi compose un texte sur le retour du Christ. “Ça a fait un carton dans mon cercle intime, mais ce n’est jamais allé sur un disque", confie-t-il. Le temps passe, la famille rejoint le père dans la patrie de Chavez. Loin de son pays, Ernst pas encore Jah monte un groupe konpa qui a eu à son actif l’album "Union". Mais les divergences des membres sur la direction artistique du groupe vont contribuer à sa perte rapidement. “Je voulais que notre konpa s’imprègne d’un peu de jazz latin qui est le summum en Amérique latine ; je voulais marcher sur les pas de Tabou Combo. Eux, voulaient d’un konpa pur. A force de ne pas pouvoir s’entendre, chacun est donc allé sur son chemin", raconte l'artiste.
Quand il redevient solitaire, Jah tombe sur un ami qui reconnaît en lui un chanteur de reggae. Il ne se fait point prier pour se lancer dans cette tendance. Depuis 2017, il enchaîne donc avec ces titres qui le propulsent là où le konpa ne pouvait pas. Sur les conseils de cet ami, il adopte Jah Nissi Haïti qui signifie dans son vocabulaire “L’étendard de Dieu pour Haïti”. L'artiste refuse d’être étiqueté “rasta”, même si sa musique est empreinte de spiritualité, comme c’est le cas pour les grands maitres du reggae.
Pas d’album pour tout de suite, car avec le streaming Jah Nissi pense qu’il est préférable d’avoir juste quelques titres disponibles au lieu de composer des albums qu’on n'écoutera et qu’on n'achètera pas parce qu’ils sont trop longs.
En attendant d’être récupéré par un label majeur comme il en appelle de tous ses voeux, Jah Nissi Haïti continue de mener son business de location saisonnière pour s’occuper de sa famille.
Le prochain rendez-vous avec l’artiste c’est à Toronto pour un festival francophone dans la mégapole so british en ce début d’octobre... si entre-temps le corona ne revient pas semer la terreur au pays de l’érable. Le chanteur nous encourage entre-temps à nous abonner à ses comptes Instagram et famille pour nous renseigner sur son actualité de plus en plus riche en sensations.



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