Trump à un pas d’en finir avec le TPS, 58 mille Haïtiens risquent l’expulsion des USA

Le président américain Donald Trump est en passe de réaliser l’une de ses promesses de campagne de 2016 à savoir mettre fin au programme de statut de protection temporaire (TPS, en anglais) pour les immigrants d'El Salvador, Nicaragua, Soudan et Haïti. Pour la première fois, depuis sa longue bataille entamée 2017 pour mettre fin à ce programme de protection des immigrants, l'administration du républicain candidat à sa succession vient de bénéficier lundi 14 septembre 2020 du soutien d’une cour d'appel américaine.

Publié le 2020-09-14 | Le Nouvelliste

En faisant sauter le verrou sur la volonté de Trump de mettre fin au TPS, la décision 2-1 de la cour d'appel du 9e circuit des États-Unis, basée en Californie, permet donc au président Donald Trump de supprimer progressivement les protections pour des centaines de milliers de familles qui vivent et travaillent légalement aux États-Unis.

Cette décision expose quelque 300 000 Salvadoriens, 5 000 Nicaraguayens, 1 000 Soudanais et 58 000 Haïtiens, jusqu'ici protégés pour la plupart depuis des décennies par le TPS, au risque d'expulsion, s’ils ne parviennent pas à trouver un autre moyen de rester légalement aux États-Unis après la date d’expiration de leur statut de protection.

En principe, l'administration Trump pourrait expulser du territoire américain les ressortissants du Soudan, du Nicaragua et d'Haïti dès mars 2021 et d'El Salvador d'ici novembre 2021.

Pour Marleine Bastien, directrice exécutive de FANM (Family Action Network Movement), qui s’est confiée lundi après-midi à la rédaction, il s’agit d’une « triste décision ».  Même son de cloche du côté de Farah Larrieux, détentrice du TPS et militant actuellement au sein de plusieurs associations de migrants en Floride pour l’obtention d’un statut permanent et légal, qui dit « accueillir la nouvelle avec déception ».

En effet, trois juges du tribunal basé à Pasadena, en Californie, rapporte l’agence EFE, ont exclu que derrière la décision de l'administration Trump de mettre fin à ces protections, il y avait une discrimination raciale, l'un des arguments de la partie plaignante, et ont assuré que les plaignants « n'avaient même pas présenté d'arguments sérieux au sujet de leur réclamation ».

 « Nous autres récipiendaires de TPS, membres des organisations de défense des droits des immigrants et des droits de l’homme nous nous avons toujours pris position pour dénoncer cet abus consistant à déporter ces gens dans leurs pays d’origine confrontés à des problèmes économiques, politiques et sociaux », a fait savoir Farah Larrieux dans un entretien accordé à Le Nouvelliste.

« C’est la panique totale », a poursuivi Farah Larrieux estimant que les raisons valables pour lesquelles les récipiendaires de TPS ne pouvaient pas être renvoyés chez eux en 2017, avec la pandémie, elles sont encore plus graves, plus pressantes et plus urgentes.

A en croire EFE, les étrangers protégés par le TPS et les organisations qui défendent les droits des immigrés devraient contester cette décision. NBCNEWS, pour sa part, estime que l'affaire est susceptible de faire l'objet d'un appel devant la Cour suprême des États-Unis.

Afin de contrer la décision de justice rendue par la Cour d’appel, Marleine Bastien a tracé pour le journal deux stratégies consistant dans un premier temps à interpeller les sénateurs de la Floride Rick Scott et Marco Rubio pour une décision immédiate de faire passer au Sénat une loi similaire à la loi HR6 votée le 6 juin 2019 par la Chambre des Représentants qui accorde la résidence permanente à tous les récipiendaires de TPS et de DACA afin d’éviter dit-elle qu’ils ne soient déportés.

« Nous allons mettre la pression sur les deux sénateurs républicains floridiens Rick Scott et Marco Rubio qui vont aux élections aussi et pour qui le vote de la communauté haïtiano-américaine est tout aussi important », a renchéri Farah Larrieux soulignant que les récipiendaires de TPS, incapables de voter eux-mêmes certes, disposent néanmoins de beaucoup de proches qui peuvent voter.

Par ailleurs, Larrieux a signalé que cette décision de justice survenue dans un contexte électoral houleux va placer le problème TPS au cœur des débats.  

La campagne de Biden a qualifié les décisions du TPS de «motivées politiquement» et a déclaré que le candidat Joe Biden, s’il était élu, protégerait les récipiendaires d’un retour dans des pays dangereux.

Aussi le second volet de la stratégie définie par Marleine Bastien prévoit-il d’intensifier ses efforts de sensibilisation du plus de monde possible à se rendre aux urnes le 3 novembre prochain.   

Entretemps, prévient la directrice exécutive de FANM, nos avocats au niveau national se réunissent pour déterminer quelle stratégie adoptée pour les prochaines étapes.  

L’activiste fait la promesse de continuer à se battre pour que le Sénat passe à son tour la loi HR6. « Le Sénat américain est en mesure de protéger ces gens-là », a soutenu Bastien balayant d’un revers de main l’argument d’un Sénat sous le contrôle de la majorité républicaine dévouée au président Trump. « Ceci n’empêche pas cela », a-t-elle tranché arguant qu’il s’agit ici de vies humaines et de contribution vitale à l’économie américaine. « Il y va de l’intérêt des républicains au Sénat de faire passer ladite loi. »

L'administration Trump a fait valoir que la plupart des pays participant au programme se sont remis des catastrophes ou des conflits connexes, tandis que le statut a été renouvelé pendant des années au-delà de ses besoins.

Depuis sa campagne en 2016, Trump avait fait part de sa volonté de mettre fin au TPS, a rappelé Marleine Bastien.

« Au lieu d’être notre champion, comme il l’a clamé à Little Haiti lors de campagne électorale en 2016, il fait partie de ceux-là qui nous dénigrent allant jusqu’à nous qualifier de tous les mauvais noms », a déclaré Marleine Bastien, amère, qui dit considéré la visite de Trump à Little Haiti en 2016 comme un chèque sans provision.

« À la suite de la décision sur l'injonction actuelle dans l'affaire Ramos contre Nielsen, les titulaires du statut de protection temporaire (TPS), leurs familles et leurs communautés tiendront une conférence de presse virtuelle [mardi 15 septembre 2020] pour condamner la décision négative », annoncé une note de presse signée FANM publiée en réaction à la décision de la Cour d’appel. Rien qu'à Miami, précise la note, on estime que 23 000 bénéficiaires du TPS seront concernés par cette décision, dont beaucoup sont aux États-Unis depuis plus de 20 ans.

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