Le phénomène Aya Nakamura

PUBLIÉ 2020-09-17


C’est la deuxième artiste française à avoir impacté La Hollande depuis "La vie en rose" d’Edith Piaf. Son tube "Djadja" a fait danser Rihanna sur Instagram, a été réadapté pour les besoins du mouvement "Gilets jaunes" en France et a servi chez nous, grâce à Jean Jean Roosevelt, à motiver sur les mesures à prendre contre le corona. Aya Nakamura, 25 ans, est un phénomène sans précédent qui marque le monde musical depuis bientôt trois ans. C’est l’une des personnalités de moins de 30 ans à suivre selon le New York Times. Ticket Magazine vous invite donc ci-après à remonter ce courant qui continue à ce jour de tout emporter sur son passage.

Même si elle descend d’une lignée de griots maliens, rien ne semblait prédestiner Aya Dianoko, l’aînée d’une fratrie de cinq enfants, à un succès de ouf dans la musique. La demoiselle, en débarquant en France très imprécise sur le métier à faire, a pensé à la mode. Elle qui admire des artistes comme Corneille aura trouvé dans la chanson le terreau idéal pour faire passer ses idées de jeune fille qu'elle peine à exprimer en mots. Elle joint le nom Nakamura à son prénom en hommage au personnage Nakamura de la série dont elle une fan assidue.
Entre 2014 et 2017, elle essaie de se faire connaître grâce aux réseaux. Le succès est mitigé jusqu’à ce qu’apparaisse "Comportement". C’est déjà la consécration. L’album "Journal intime" est disque d’or en France ; une bonne note qui lui donne droit de participer à la nuit du Mali à Bercy.

En avril 2018, le titre "Djadja", lancé comme n’importe quel single, devient rapidement un tube planétaire. La demoiselle apprend que sa chanson est la deuxième en Hollande pour un texte dans la langue de Molière depuis Edith Piaf avec son titre “La vie en Rose”. Les gilets jaunes l'utilisent pour s’attaquer à Macron. Le mouvement #metoo en fait usage dans certaines manifestations. Rihanna danse sur le tube dans un clip sur Instagram, Neymar aussi. Même sur les supposées concurrentes de Aya le titre a de l’effet. Et pour cause, la Belge Angèle, qui est une montante de la chanson française, en fait un cover, sans compter Clara Luciani qui peut bien avoir un bon nombre de fans en commun avec la Malienne. Amel Bent en fait une chanson de Noël en remplaçant Djadja par Santa. Haïti n’est pas en reste, puisque Jean Jean Roosevelt utilise le son pour nous motiver à nous protéger contre le coronavirus. En 2020, le Colombien Maluma, très admiré par les jeunes femmes, partagera le morceau avec Aya dans un remix. L’album "Nakamura" comportant "Djadja" sortira en novembre 2018 et sera certifié disque de Platine dans l’Hexagone. C’est aussi dû en partie à d’autres morceaux réussis dont "La dot" ou "Copines".
La belle avec une taille de palmier royal estime que sa chanson passe d’un produit de niche à de la pop planétaire parce que ça parle à tout le monde. Il y a sur Instagram et sur Snapchat des reprises de "Djadja" sur violoncelle façon chant lyrique autant qu'en boîtes ou dans le métro. “C’est de l’afro avec beaucoup d’argot, très vivant et qui parle de choses qui sont réelles”, énumère la star comme ingrédients. Parlant d’argot, elle s’étonne par plus d’une fois quand dans les télés françaises on lui demande d’expliquer des mots qui sont d’usage courant dans le parler des enfants de ses mêmes interlocuteurs ! "Djadja", par exemple, signifie "menteur", tandis que "Pookie", titre d’un de ses tubes récents, veut dire "intrus". Le gros de son public est constitué de filles et de femmes entre 14 et 30 ans  qui se reconnaissent dans ses histoires avec les mecs. Il y aussi la communauté LGBTQ. La chanteuse a été l’une des rares célébrités noires à afficher leur soutien à Bilal Hassani, le représentant de la France aux éditions de 2019 de l’Eurovision. Il avait fait l’objet d’attaques homophobes pour son look très original.

Le succès lui fait confirmer ce qu’elle pensait de la place des Noirs en France.
 “J’ai grandi sans un véritable modèle noir en France. Voilà pourquoi je me réjouis à chaque fois que je vois une gamine de la même couleur que moi chanter une de mes chansons”, dit-elle. Son triomphe ne lui épargne pas les maltraitances en ligne. On lui reproche ses faux cheveux souvent longs, un abus de maquillage. “C’est parce qu’ici en France on n’est pas habitué à voir une femme noire assumer sa féminité qu’ils agissent ainsi. Je ne suis pas surprise, je confirme plutôt quelque chose auquel je pensais autrefois”, confie la belle qui adore manger et particulièrement les plats typiques de l’Afrique dont le foufou banane.

Mère protectrice
Aya Nakamura garde sa fille Aïcha née avant sa gloire loin de la célébrité. “Je ne veux pas, dit-elle, qu’elle devienne la fille de la vedette, mais une fille comme les autres.” Quand son enfant la questionne sur ses passages à la télé, Aya essaie de lui faire comprendre qu’il s’agit d’un entretien de travail.

"Jolies nanas", le dernier succès en date.
Elle en a fait l’annonce sur Instagram le 17 juillet et c’est déjà un single de Platine en France, dominant les charts comme "Djadja" et "Copines".

À quand une tournée d’Aya en Haïti ?
Si on a pu emmener Dadju et Yemi Alade, n’est-il pas légitime de se demander à quand le tour de la voix de "Djadja" ? Pour le prochain Black and White en décembre ?... Pour conjurer cette année qui a été si sombre.



Réagir à cet article