Le Festival Dous Makòs sauve la Notre-Dame à Petit-Goâve

Le Festival Dous Makòs a drainé des centaines de festivaliers dans les rues de Petit-Goâve ce dimanche 16 août 2020. Avec un line up rempli, ce rendez-vous annuel a sauvé la célébration de la fête de la Notre-Dame de l’Assomption. La ville a dansé jusqu’au petit matin.

Publié le 2020-08-17 | lenouvelliste.com

Les Petit-Goâviens n’y croyaient presque plus. Le bal du 15 août ayant été annulé le jour-même, ils avaient perdu tout espoir de voir le Festival Dous Makòs se tenir le lendemain. Mais non, très tôt dans la matinée du dimanche 16 août, la construction du stand qui accueillerait les artistes et groupes musicaux avait commencé.

8 h p.m., tout est prêt pour cette nouvelle édition de la fête. Les alentours du site bondés de gens, on a vite compris que la Covid-19 ne fait plus partie des inquiétudes des fêtards. Personne ne porte de masque et la distanciation physique n’est pas respectée. Comme au bon vieux temps, ils sont là pour chanter, danser, "se mélanger" et même plus, comme si le coronavirus n’avait jamais existé.

C’est le nouveau maire de la ville, Junior Bonheur, qui donne le coup d’envoi du festival "Dous Makòs". Le chanteur du groupe Buzz prend à cœur cet événement qui est bel et bien entré dans les traditions de la cité. Le groupe Bèl Konpa ouvre la célébration avec le titre « Sainte Cécile ». Après une brève prestation, il cède la place à Maestro qui ne s’éternise pas non plus. Enkwayab, la nouvelle formation musicale ayant pour figure de proue Théophile Jadotte, se produit également. C’est sa première fois devant un public depuis sa création !

Buzz, la bande à Junior Bonheur, enfant chéri de la cité, est celui qui a passé le plus de temps sur scène. La jeune formation musicale compas a fait mentir l'adage qui dit que nul n'est prophète en son pays. Buzz est bel et bien prophète à Petit-Goâve : près de deux heures de prestation pour un public qui ne semblait pas se lasser. La rebelle Rutshelle Guillaume est tout aussi bien accueillie. Elle délivre ses tubes « Rete la », « Spesyal », « Doudou an mwen », accompagnée par un public en extase. Rockfam Lame A te deplwaye ! La chanteuse Darline Desca était aussi invitée à la fête. Entre les longues séries de sarcasmes des MC BET et K-Mike, les distributions de cadeaux, le festival s’est prolongé jusqu’à l’aube. La bande à T-Jo Zenny monte sur le podium vers les 4 h du matin, et bien entendu, la foule, infatigable, était encore sur place. Cependant, c'est à Nu Dore qu'est revenu la charge de la clôture.

Mass Konpa, qui devait également se produire à cette édition, a malheureusement été empêché par un accident sur la voie publique qui a failli coûter la vie à deux de ses musiciens alors qu’ils étaient en route pour Petit-Goâve.

Cette année encore, le festival Dous Makòs a réussi son pari. Déjà, les organisateurs promettent, le Carnaval Dous Makòs pour l’année à venir. 

Rappelons que si tout s'est bien passé le dimanche 16 août, le jour précédent, Petit-Goâve, fade, sans attractions, n’avait rien d’une ville en fête. Comme le veut la tradition, toute une série de festivités était prévue pour célébrer la « Notre-Dame » à Petit-Goâve. Parmi elles, le grand bal mettant à l’affiche Kreyòl La et Rutshelle Guillaume dans la nuit du 15 août. Mais apparemment, la Vierge n’était pas passée dans les parages cette année. 

Déjà que le maire avait annoncé au journal que les activités débuteraient la veille du 15, je m’imaginais donc un week-end plein de bonheur. J’étais tout aussi excitée pour le bal ; cela faisait bien longtemps que je n’avais pas dansé un djaz. L'ambiance me manquait. Mais à ma grande déception, pas de bal au Lambi club comme convenu. La faute "au système de son" qui n'a pas pu arriver a destination, a-t-on appris. Petit-Goâve dans la nuit du 15 août n’avait rien qui ressemblait de près ou de loin à une ville en fête.

Les rues étaient presque désertes, vers 9 h p.m. en ce grand samedi 15 août ! lI y avait juste quelques marchands ambulants et quelques habitants traînant çà et là. La ville était plongée dans le noir total. Un petit tour sur la place qui devrait accueillir le festival le lendemain renforce l'impression d'une ville triste. Même pas un stand ou un poteau en vue. Monsieur le maire, quant à lui, jusqu'à l'heure où j'écrivais cet article, par téléphone ou physiquement, était aussi introuvable que la Notre-Dame dans la ville.

Heureusement que tout a été mis en place rapidement dans la matinée du 16. Ainsi le Festival Dous Makòs a pu sauver la Notre-Dame à Petit-Goâve. 



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