INSÉCURITÉ - CITE SOLEIL

Dépourvus d'équipements, des policiers ont abandonné Cité-Soleil à son sort

Depuis le mois de mai 2020, plusieurs quartiers de Cité-Soleil sont l’objet d’attaques des gangs armés qui sèment le deuil et la désolation sur leur passage. Au milieu des tueries provoquées par cette guerre de territoire, les policiers affectés au commissariat de Cité-Soleil ont abandonné leur poste à deux reprises. Le 9 août dernier, les bandits ont même pris d'assaut le poste de police.

Publié le 2020-08-18 | lenouvelliste.com

Depuis le début des hostilités, devant la puissance de feu des bandits, à deux reprises les agents de la force de l'ordre ont dû prendre la fuite pour sauver leur peau, laissant un commissariat vide et la population en pâture aux loups. Le Réseau national de défense de droits humains (RNDDH), dans son dernier rappel sur les violences à Cité-Soleil, a précisé que la présence des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) est de moins en moins remarquée dans la commune de Cité-Soleil. 

« Après l'assassinat du policier Wismick Aristil le 1er juin dernier, les locaux accueillant le commissariat de Cité-Soleil ont été abandonnés. Les policiers avaient déjà abandonné leur poste lors des premières attaques perpétrées du 23 au 27 mai 2020 par le G-9, à Cité-Soleil », a rapporté le RNDDH citant au passage la DDO qui estime qu’aucun motif ne peut justifier une telle décision.

Toutefois, la Direction centrale de la police administrative (DCPA) a confié au RNDDH que « les policiers affectés au commissariat de Cité-Soleil ont dû abandonner leur poste en raison d’un manque crucial de moyens pour se colleter aux bandits qui y opèrent. Ils ne disposent ni de gilets pare-balles, ni de casques, ni de véhicules blindés, ni d’armes ni de munitions en quantité suffisante. »

Pour combler le vide créé par l’abandon du commissariat par les agents de la PNH, un point fixe avec un véhicule blindé affecté au service de l’Unité départementale pour le maintien de l’ordre (UDMO) a été placé devant les bâtiments dudit commissariat. Cependant, cette absence d'agents de police, ajoute le RNDDH, facilite l’intensification des attaques armées à l’encontre de la cité par les membres du G-9. « En dépit de la mise en œuvre d’un plan de sécurisation de Cité-Soleil, le 9 août 2020, a rapporté le RNDDH, le commissariat de cette commune a été pris d’assaut par des bandits lourdement armés. » La PNH en a repris le contrôle quelques instants après.  

Par ailleurs, l'organisation des droits humains a fait savoir que la PNH ne dispose pas de matériel adéquat et suffisant pour se mesurer aux bandits lourdement armés. Des 15 véhicules blindés acquis en 2019 pour faciliter les interventions policières dans les quartiers placés sous le contrôle des bandits armés, neuf sont déjà en panne. De plus, sans véhicules pour effectuer des patrouilles, sans armes et munitions suffisantes : les policiers affectés aux commissariat, sous-commissariats et antennes de police de Cité-Soleil sont totalement livrés à eux-mêmes. 

Le RNDDH dénonce entre autres l'incapacité du haut commandement de la PNH et conseil supérieur de la PNH à élaborer un plan efficace pour éradiquer les gangs et venir en aide à la population. Entre-temps, il ne passe pas une journée sans que soient enregistrés des assassinats, des viols, des incendies et des ambuscades dans cette commune de Cité-Soleil, prise en otage par les gangs armés.

Dans ce rapport, il est recommandé notamment de fournir les moyens adéquats et suffisants à l’institution policière, de prendre des sanctions à l’encontre des policiers qui entretiennent des relations avec le G-9 ou tous autres gangs armés. Il faut organiser des patrouilles dans tous les quartiers de Cité-Soleil, particulièrement à Belekou, Nan Boston et Nan Brooklyn dans le but de dissuader les fauteurs de troubles.



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