En toute intimité avec Emeline

PUBLIÉ 2020-08-10
Difficile de faire plus beau et plus simple ! Emeline Michel, diva incontestable de la musique haïtienne, est montée sur scène ce samedi 8 août 2020 pour offrir une prestation virtuelle à ses fans comme cela est devenu courant en ces temps de Covid-19. Elle nous a chanté 9 chansons, toutes traitant d’Haïti, histoire de rester fidèle au thème de ce spectacle qui se voulait une lettre d’amour à son pays.


Dans une publication sur Twitter peu après la diffusion du concert, Carel Pèdre, présentateur de l’événement, révèle que le décor est monté dans un studio à Brooklyn et que seulement deux cameramen et un directeur de photographie, menés par un réalisateur étranger, sont derrière cette production qui a su charmer les sens des internautes. Déjà, dans une entrevue donnée à Ticket dans les jours précédents le spectacle, le #1 de Chokarella avait laissé échapper qu’il n’y aurait pas de stage pour ce concert. Définitivement un format différent de tout ce qu’on a pu voir au cours de cette saison. Un concept simple, intime, qui sied bien au message qu’Emeline veut faire passer.

Le show dure tout juste une heure et une poussière de minutes qu’on attribuera sans ciller à la courte entrevue menée par Carel Pèdre au tout début. C’est donc une heure pendant laquelle Emeline s’adresse à son pays. Elle chante sa beauté, ses déboires. Elle exprime son attachement à ce bout de terre sur lequel elle ne vit plus depuis déjà bien longtemps et cet espoir qui habite tous ceux qui lui vouent un amour inconditionnel. Pour l’occasion, la chanteuse a sélectionné 9 chansons de son large répertoire. Le spectacle est lancé avec « Peyi mwen cheri » qu’Emeline chante avec Dominic James à la guitare. S’ensuivent « Fò m ale » et « Beni yo ».

Les interventions des invités au spectacle sont insérées. D’abord Dany Laferrière vêtu de bleu (pour rappeler la Caraïbe) avec au fond une image représentant la Citadelle dont il porte le nom. L’Académicien, avec toute son éloquence, revient sur ses relations avec la chanteuse et ce que celle-ci représente pour la communauté haïtienne. « Tu existes vraiment au point que tu es devenue une métaphore de ce pays. Ce pays qui nous habite tant et qui nous habite encore plus quand on n'y est pas », dit-il lentement. Et ceci sert à introduire « L'odeur de ma terre ».

« Ayiti peyi sòlèy », dont les paroles ont servi à lancer l’invitation au public, « Pè letènèl » et « Mwen pa ka lage w » sont repris. Jeanguy Saintus intervient brièvement avant l’interprétation de « Freedom Bound », morceau sur lequel Johnnoiry Saint Philippe et Mackenson Israel Blanchard exécutent quelques pas de danse. La boucle est bouclée avec l’air entraînant de « Timoun ». Et puis… et puis rien. C’est déjà fini. Déjà le visage d’Émeline s’éclipse pour laisser place au générique.

Bien sûr on en aurait voulu plus. Comme d’habitude. Mais on ne saurait se plaindre de la teneur de ce concert. C’était agréable de revoir Emeline Michel sur scène. Ce look coloré et chargé qui aurait paru « too much » sur n’importe qui d’autre ; cette voix de la musique haïtienne qu’on ne se lasse pas d’écouter ; cette présence sur scène intense, envoûtante même ; et bien sûr ces pas de danse et ces tours de rein qui au fil des ans se sont assagis…

Crédits photos : EJCreative



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