Insécurité alimentaire, plusieurs départements géographiques dans la phase de crise

La situation d’insécurité alimentaire dans laquelle patauge plus d’un tiers de la population haïtienne n’est pas véritablement révolue. La fermeture de la frontière avec la République dominicaine, l’inflation persistante, les effets liés à la Covid-19 et la dépréciation continue de la monnaie locale aggravent la situation. Compte tenu du Bulletin des prix du mois de juillet du Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (Fews net), les récoltes de juillet et d’août n’apporteront qu’une amélioration minimale à la sécurité et l’accessibilité alimentaire des ménages très pauvres.

Publié le 2020-08-04 | lenouvelliste.com

Selon les précisions du Bulletin, les récoltes de juillet et d’août, bien que faibles, amélioreront temporairement la disponibilité alimentaire et ainsi stabiliseront pour une courte période les prix de certains produits locaux, notamment le haricot et le maïs. Plusieurs départements géographiques du pays sont concernés par l’insécurité alimentaire à plusieurs niveaux. L’on s’attend à une insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 de l'IPC) dans le haut Artibonite, le haut Plateau, le bas Nord-Ouest, le Nord-Est, les Nippes, certaines zones de l’Ouest, du Sud-Est, du Sud et de la Grand’Anse. Les autres régions (bas Artibonite, bas Plateau, Plaine des Cayes, etc.), où les récoltes s’annoncent plus ou moins bonnes, poursuit le bulletin, resteront en phase de stress.

Cette situation résulte du fait que les récoltes de printemps sont inférieures à la moyenne. En outre, les agriculteurs utilisent les revenus et les semences issus de ces récoltes pour lancer les campagnes agricoles d’automne et d’hiver. Les tenants de ce rapport prévoient que cette situation aura des effets négatifs sur ces deux campagnes, lesquelles représentent près de la moitié de la production agricole du pays.

À cet  effet, le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine prévoit un trimestre (juillet à septembre) où la situation n’est pas aussi alarmante comparativement au début d’année où les quatre communes du bas Nord-Ouest et Cité Soleil, entre autres, figuraient parmi dans la phase d’urgence alimentaire. Le tableau pour ce trimestre laisse croire que le  niveau d’insécurité alimentaire ne devrait pas atteindre la phase d’urgence.

Selon les prévisions, la population chevauchera entre la phase de stress (IPC phase 2) et la phase de crise (IPC phase 3). Dans certaines régions du Sud et de la Grand’Anse, la situation pourra bien s’améliorer entre octobre 2020 et janvier 2021. Pour ces zones, la carte nous indique que certaines communes se trouveront dans la phase minimale situation dans laquelle les ménages ont accès à une alimentation généralement adéquate et stable avec un risque modéré à faible de tomber graduellement lors des phases supérieures.

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