Fedler Brutus, le maître des lumières des lives

PUBLIÉ 2020-08-06
Autrefois optionnels, les lives sont devenus durant le confinement l’unique option pour les artistes et groupes de rester au-devant de la scène. Les lives, c’est le jeu des artistes mais aussi de plusieurs ressources humaines mises en branle pour leur réalisation. Ticket vous propose tout au cours du mois d’août, tandis que les activités reprennent, de découvrir les artisans dans l’ombre qui ont concocté ces rendez-vous en ligne qui nous ont aidés à traverser l’ombre au cours des mois passés.


Fedler Brutus de Next Lighting a pour travail de procurer des effets spéciaux, de l’éclairage aux shows et de donner un cachet de night-club à des espaces qui ne l’ont pas à la base. En un mot, l’on ne saurait pas passer à côté d’une telle expertise dans le mouvement des lives inspiré par le confinement. « La toute première fois, c’était avec Ekip qui a fait sa grande première dans ce contexte-là. On a pensé au Villate parce qu’il dispose d’un des espaces les mieux appropriés dans le pays. Et il est devenu le place-to-be », confie le professionnel. Et à partir de là, Next Lighting est sollicité pour tous les grand shows qui allaient suivre. Rutshelle, Kreyòl La, Darline Desca, Djakout #1…

Fedler partage l’idée que les lives améliorent l’image du HMI. « Même les groupes qui avant ne soignaient pas leur image, ne participaient pas à des activités d’envergure comme les festivals ont relevé le niveau de leur show. On peut se permettre de jouer avec un T-shirt dans un club mais pas en ligne. On ne va pas s'attirer des moqueries pour rien. Vous avez vu que tout le monde a fait en sorte d’être bien mis, d’avoir un vrai show », affirme-t-il. Pour lui, Haïti peut être casé parmi les top 5 pays à avoir proposé des lives de qualité.

Sa recette pour un bon live : un bon marketing ; la valeur intrinsèque du groupe ou de l’artiste ; la capacité de garder les gens en haleine. Pour Fedler, les 30 premières minutes sont les plus importantes. La plus grande satisfaction dans la réalisation des lives, c’est de travailler avec des gens avec un sens aigu de professionnalisme. « J’aime quand la personne sait ce qu’elle veut. Il y a le résultat qu’on voit ; il y aussi toute la préparation avant qui compte », opine-t-il.

La plus grande déception ce sont les imprévus qui ne dépendent pas de soi mais des autres, selon lui. « Ça tue la motivation ! Tu prépares tout de ton côté et à la dernière minute quelqu’un te dit qu’il n’a pas eu le temps d’acheter l’essence, que l’Internet n’est pas OK... » Toujours dans cette même lignée, les plus grandes difficultés qu’on peut rencontrer dans la réalisation d’un live, c’est la panne d’internet mais aussi d’électricité. Ces situations engendrent beaucoup de stress, estime le patron de Next Lighting. Le show de Rutshelle, par exemple, a exigé beaucoup de préparation et pourtant l’internet s’est arrêté juste avant le début du  live ; la génératrice a lâché aussi pendant les 90 minutes de problèmes d’internet ! C’est pourtant le meilleur souvenir de l’éclairagiste dans la réalisation des lives. « Je me rappelle qu’au constat que tout n’allait pas, Rutshelle a gardé un sourire. Elle nous a dit que c’est la volonté de Dieu. On a compris que ce n’était la faute à personne », témoigne-t-il. Il a en mémoire que le live d’Izolan n’a pas fait l’objet de tant de préparations et pourtant il n’a eu aucun problème. Son pire souvenir de cette expérience de live, c’est à chaque fois qu’il tombe sur des partenaires qui ne font pas leur travail. « Lè sa ou oblije fè travay pa yo a ; sa raz anpil », regrette-t-il.

Le lives, de l'avis de Fedler Brutus, doivent continuer au-delà du confinement, car ils résolvent bien des problèmes liés au HMI. « La diaspora, l’une des plus grandes consommatrices des productions du HMI, a été autrefois mise à l’écart des activités locales. Les lives leur permettront de suivre en streaming des festivals d’envergure, même après le coronavirus. Ils pourront payer 5 dollars, par exemple. Cela permettra aux groupes de gagner de l’argent par ce biais-là », dit-il.

Entre-temps, Monsieur Next Lighting nous invite à continuer à regarder les lives pour supporter la musique haïtienne qui en tire un grand avantage. 



Réagir à cet article