Les greffiers n’entendent pas lever la grève sans être satisfaits

Lancée depuis le mardi 28 juillet 2020 dans toutes les juridictions du pays, la grève illimitée des greffiers, réclamant le respect de l’accord de 2017, se poursuit. Le président de l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH), Martin Ainé, a fait savoir au journal qu’ils attendent les réactions des ministères de la Justice et de l’Économie pour franchir une autre étape. La grève des magistrats ayant duré quatre semaines donne force aux greffiers qui revendiquent depuis 2017 de meilleures conditions de travail.

Publié le 2020-07-31 | Le Nouvelliste

« La grève n’est pas levée. Nous avançons chaque jour et elle se renforce dans toutes les juridictions », a indiqué Martin Ainé, président de l’Association nationale des greffiers haïtiens. L’ANAGH et le Syndicat des greffiers haïtiens (SYGH) ont conjointement lancé une grève illimitée le mardi 28 juillet 2020 afin d’exiger l’application du protocole d’accord du 3 novembre 2017. Cet accord, paraphé avec le ministre de la Justice d’alors, avait prévu une revalorisation du salaire des greffiers dans l’exercice fiscal 2018-2019. Une carte de débit leur devait être accordée.

Le ministre Heidi Fortuné avait également conclu de donner à certains greffiers l’accès de s’inscrire à l’École de la magistrature. Le ministre de la Justice avait même promis de donner suite au statut des greffiers professionnels de la justice. La carte d’assurance en cas de maladie était aussi une autre revendication prise en compte dans le cadre de l’accord.

Trois ans plus tard, cet accord n’a pas été respecté. Martin Ainé dit constater une velléité des différents ministres de la Justice et de l’Économie de ne pas satisfaire leurs revendications. Le syndicat a souligné qu’ils ont observé un arrêt de travail de trois jours en juin. Mais, ajoute-t-il, le ministre de l’Économie et Me Lucmane Délille, évincé récemment, ont prétendu qu’ils ne disposaient pas d’assez de moyens de les satisfaire. « Pourtant, après quatre semaines de grève, ils ont comblé les attentes des magistrats », a souligné le syndicaliste.

Selon le greffier du tribunal de première instance de Petit-Goâve, un greffier du tribunal de paix gagne 17 mille gourdes brutes et 15 800 gourdes nettes. Idem pour un commis du parquet. Au tribunal de première instance et dans les cours d’appel, le salaire brut est de 30 000 gourdes, mais de 23 000 gourdes nettes. L’inflation et la dévalorisation de la gourde suffisent, de son avis, pour montrer qu’ils ne peuvent accepter un tel salaire. « Nous voulons gagner 75% du montant d’un juge », a soutenu le président de l’ANAGH.

« On prélève des impôts sur notre salaire mensuel. Cependant, après 11 ans de service, je n’ai jamais bénéficié d’une assistance médicale », a dénoncé Me Ainé. Comme pour exprimer leur ras-le-bol, les greffiers n’entendent pas lever la grève avant que le ministère de la Justice ne leur réponde concrètement. En outre, le fer de lance de cette grève dit en outre déplorer le silence du gouvernement face à leurs revendications.

Des juridictions affectées

Pour l’instant, la majorité des juridictions du pays sont affectées par cette grève générale. L’installation des agents exécutifs intérimaires de Jérémie a été empêchée à cause de ce mouvement, a fait remarquer Martin Ainé. Les assises criminelles de Mirebalais ont été interrompues. Seuls les tribunaux de première instance de Saint-Marc et de Port-au-Prince ont fonctionné (au ralenti) durant cette première semaine. La justice est paralysée. Cela devient une habitude depuis environ trois ans.

« La grève s’arrêtera lorsque les revendications seront satisfaites. Si le ministre de la Justice nous appelle de soir pour discuter, nous pourrons envisager une trêve. Elle ne dépend donc pas de nous. Il revient à l’État de répondre à nos besoins », a affirmé le greffier.

Ses derniers articles

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".