De la passion pour demain

Publié le 2020-07-28 | Le Nouvelliste

Qu’il s’agisse d’un détail ou d’un fait important, ceux qui ont voix dans les médias traditionnels, ceux qui s’expriment sur les réseaux sociaux, qu’ils soient suivis ou à peine existants, interpellent, donnent conseils ou menacent un « Nous » qui infantilise et dédouane tout le monde.

Les averses du début de la semaine ont provoqué des inondations dont les images spectaculaires ont circulé sur les réseaux sociaux assortis de commentaires pointant un certain « Nous », inconnu au bataillon, qui n’a ni sexe, ni responsabilité connue, ni obligation, à se ressaisir afin d’éviter que notre pays disparaisse.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans ces réflexions émises tout haut ou tout bas, avec sincérité, bonne foi, désespoir, face à ces images surréalistes et au constat que des années d’égosillements nous ont laissés aphones et toujours dans l’impossibilité de désigner un vainqueur au terme de plus de deux siècles de combats.

La préservation de soi est, sans conteste, une forme d’autodéfense contre la brutalité de la réalité. Il est bon, salutaire même, de prendre de la distance par rapport à ceux qui ont provoqué et profité de la déroute de notre pays. Mais, quand il manque des « parts de dons » de manière concrète, dans le panier collectif, pour changer le paradigme, cela se voit et se sent.

Il faut continuer à le faire savoir, quand on n’a jamais été protagoniste actif de la pagaille, revendiquer même son statut de victime, sans oublier cependant que le problème avec les discours victimaires, même quand ils sont justifiés, c’est qu’ils finissent par saouler. Les individus récriminent tellement qu’ils finissent par oublier ou ne même pas penser qu’il faut « faire masse » pour emprunter le titre d’un des poèmes de Georges Castera.

Le Constitution de 1987,  dans son fameux article 291, qui a d’ailleurs fait son succès à l’époque, dans ses mesures transitoires,  disposait que durant les 10 années qui suivront sa publication toute personne notoirement connue pour avoir été un artisan de la dictature, comptables des deniers publics durant les années de la dictature sur laquelle plane une présomption d’enrichissement illicite ou dénoncée par la clameur publique pour avoir pratiqué la torture sur les prisonniers politiques à l’occasion des arrestations et des enquêtes ou d'avoir commis des assassinats politiques ne pourra briguer aucune fonction publique. 10 ans paraissaient une période très longue alors pouvant suffire à changer les pratiques, moderniser les administrations et inclure la majorité dans les décisions politiques, notamment les élections, essentielles dans la pratique de la démocratie.

Les 10 ans se sont écoulés très vite, avec des turpitudes, des remises en question, des désistements ; nos institutions se sont effondrées une à une, elle ne se sont pas adaptées à la croissance démographique, on s’est menti et trompés sur tous les sujets et on a fini par perdre la mémoire à mesure des mésalliances, des mariages de raison, des catastrophes grandes et petites.

Les problèmes environnementaux évoqués plus haut, qui seront notre préoccupation majeure dans les années à venir, en disent long sur nos pratiques de vie et à quel point le territoire et ses habitants sont menacés.

Il faut plus que de la bonne volonté, plus qu’être spectateur intègre, pour être citoyen d’un pays, surtout pauvre, où il n’existe aucune politique publique. Se projeter malgré tout, imaginer la vie dans 10 ans, 50 ans après sa mort, se débrouiller pour construire quelque chose pour demain dans ses choix, ses dires, ses manières de vivre, d’occuper l’espace.

Les eaux qui emportent les dernières terres arables, partent aussi avec les constatations qui ne sont pas suivies d’actions. Avant les prochaines catastrophes, il faudra peut-être la formation d’associations, l’émergence d’écologistes passionnés qui se donneront corps et âme à notre communauté qui, malgré les temps difficiles, doit trouver les idées qui peuvent favoriser le développement durable.

Emmelie Prophète Auteur

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