Le black-out bat son plein aux Gonaïves

Publié le 2020-07-20 | lenouvelliste.com

La cité de l’Indépendance, depuis environ un mois, est plongée dans le noir. Le vieillissement des groupes de la centrale Simon Bolivar, selon les responsables, est à l’origine de ce rationnement. Sur les huit moteurs, seulement quatre en état défectueux fonctionnaient au gré du hasard. Présentement, un seul est utilisé pour électrifier l’usine et quelques foyers avoisinants. Entre-temps, les bandits multiplient leurs forfaits.  

Du centre-ville aux cinq sections communales, nombreux sont les abonnés qui dénoncent le mauvais service de l’Électricité d’Haïti (EDH) et la surfacturation des bordereaux en dépit du rationnement électrique. Certaines zones dont Praville, Poteau, Pontamarin et Bassin semblent être rayées du réseau... Le soir, les rues jonchées de fatras sont impraticables. N’étaient les phares des voitures, la situation serait pire. Ce black-out profite largement aux chevaliers de nuit. Le vol à la tire et le cambriolage sont très fréquents ces dernières semaines. Dans plusieurs quartiers, la nuit, des rafales retentissent. Des riverains rapportent que ces coups de feu constituent une stratégie de se protéger des malfrats.

La puissance demeure, les extensions se multiplient

La centrale thermique Simon Bolivar est un don du peuple vénézuélien. Elle a été construite en 2008 avec une capacité de production de 13.6 mégawatts et desservait uniquement la commune des Gonaïves. Au fil du temps, à la demande des autorités politiques, des extensions y ont été effectuées. De nos jours, la centrale alimente le haut Artibonite et Marchand-Dessalines, bas Artibonite. Les charges ont augmenté sans aucun aménagement dans la centrale. « Les groupes sont devenus obsolètes. De plus, la maintenance n’est pas régulière », s’est désolé Dérosin Dieudonné, directeur régional de l’ED’H. Les moteurs avaient une garantie de dix ans.

La centrale est déficitaire  

Le directeur a critiqué les clients qui auraient refusé de payer régulièrement leurs bordereaux. « Ils ont mis l'accent sur les faiblesses de l’institution pour justifier leur comportement », a-t-il avancé. La rentrée mensuelle de la centrale, a fait savoir M. Dieudonné, avoisine les 5.2 millions de gourdes. Or, chaque mois, a-t-il précisé, l’ED’H achète 14 millions de gourdes de carburant pour faire fonctionner l’usine. Pour l’achat d’huile, environ 20 400 dollars américains s’ajoutent à cette enveloppe. Le responsable exhorte les clients à s’acquitter de leurs dettes en vue de garantir la bonne marche de la centrale qui est devenue quasi dysfonctionnelle.      

Mobilisation de la société civile

À deux reprises, des organisations de la société civile ont organisé un sit-in devant la centrale Simon Bolivar pour attirer l’attention des autorités sur les effets néfastes du black-out. Aucune suite favorable n’a été accordée à leurs démarches pacifiques. « Nous allons maintenir la pression jusqu’à ce que l’usine recommence à fonctionner comme auparavant », a soutenu le pasteur Emmanuel Alexandre, l’un des leaders du mouvement. Avec ses camarades de lutte, le leader religieux menace d’organiser une importante manifestation contre le blackout.



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