Covid-19: près de 100 000 Haïtiens sont revenus de la République dominicaine ces six derniers mois

Publié le 2020-07-17 | lenouvelliste.com

Pour les six premiers mois de l’année 2020, alors que la pandémie de coronavirus frappe de plein fouet la République dominicaine qui compte aujourd'hui plus de 50 000 cas, les autorités ont rapatrié 20 629 Haïtiens. Pour la même période à cause notamment des pertes d'emplois, 78 195 sont retournés spontanément en Haïti.

Ces chiffres (98 824 migrants) sur les rapatriements et retours spontanés à la frontière haïtiano-dominicaine dans des points officiels et non officiels ont été collectés par le Groupe d'appui aux rapatriés et réfugiés (GARR). Selon ces mêmes données, les migrants haïtiens vivaient dans des régions très touchées par la pandémie de coronavirus en terre voisine comme Santo Domingo ou Santiago. Ils se sont rendus dans les quatre coins du pays.

 Au cours du mois de juin, le GARR dit avoir observé une très grande augmentation du nombre des cas de retournés spontanés par rapport au mois de mars : 28 581 retournés en juin contre 1 660 en mars. Au cours de ce premier semestre, la commune de Ouanaminthe (Nord-Est) où il existe un point de passage officiel, vient en tête de liste avec un total de 39 422 retournés, dont 24 152 hommes, 13 686 femmes, 880 garçons et 704 filles. 

Ensuite vient Belladère, commune frontalière du département du Centre avec 18 984 retournés, dont 13 914 hommes, 4 122 femmes, 533 garçons et 415 filles. Pour les communes de Thomassique (Centre) et de Ganthier (Ouest), 9 823 et 4 655 retournés spontanés ont respectivement emprunté ces points frontaliers pour entrer en Haïti. Pour Ferrier (Nord-Est), il y a eu 3 700 retournés et pour Cornillon (Ouest), 1 611.

« Marqués par la pandémie de coronavirus, les six premiers mois ont été très mouvementés au niveau de la frontière entre Haïti et la République dominicaine. Les raisons expliquant ces vagues de retours spontanés sont multiples. Citons : la vitesse de propagation du virus en République dominicaine et les mesures de confinement mises en place par les autorités de ce pays. Sans emploi ni autre activité rémunératrice, ces ressortissantes et ressortissants haïtiens ont été contraints de retourner en Haïti », a écrit le GARR. 

Par ailleurs, l'organisation de défense des droits des migrants rapporte que ces derniers rapatriés ou retournés spontanément ont «témoigné avoir été victimes de violation de leurs droits.» «Violences de toutes sortes : menace, vol, escroquerie, dépossession de leurs effets sont parmi les cas rapportés. Certains ont déclaré avoir été contraints de verser de l’argent pour pouvoir traverser la frontière par des sentiers détournés ou dans les bois. Ils ont été aussi contraints de payer le transport plus cher », a indiqué le GARR. 



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