Education/Partenariat/Relance des activités scolaires

Le MENFP et ses partenaires réfléchissent sur les perspectives de reprise des activités scolaires

Plus d’une centaine d’acteurs et de partenaires du secteur de l’éducation dont plusieurs anciens ministres de l’Éducation, spécialistes en éducation, représentants de syndicats et responsables d’organisation socio-professionnelles ont partagé leurs idées sur les stratégies et les mécanismes de relance des activités scolaires au cours d’une rencontre virtuelle tenue, ce jeudi 28 mai 2020, à l’initiative du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).

Publié le 2020-05-29 | lenouvelliste.com

Riches et instructifs, ces échanges ont permis à chaque acteur de mieux comprendre les propositions et actions envisagées par le MENFP en vue de la relance des activités scolaires d’ici la fin de l’été, si les conditions sanitaires le permettent, après avis des scientifiques sur la pandémie.

Pour le titulaire du MENFP, Pierre Josué Agénor Cadet, qui a ouvert les discussions, cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat public-privé et du dialogue social entamé avec tous les acteurs sur le plan de réponse du MENFP par rapport à la Covid-19 et les grands dossiers du secteur de l’éducation. Il répond aussi aux engagements pris par les responsables du ministère, lors de la réunion tenue le 23 avril écoulé avec les acteurs, où il était question de poursuivre la série de consultations auprès des partenaires sur les grands dossiers d’éducation.

Le ministre a salué la participation de tous les éducateurs émérites, les serviteurs de la République et les responsables d’organisations nationales et internationales qui ont contribué à enrichir les réflexions initiées au sein du ministère sur les perspectives de réouverture des classes. Aucune date n’est encore arrêtée, précise le numéro un du MENFP, qui parle de planification et d’anticipation des scénarios en vue de préparer la reprise.

Deux options clés pour la relance

A cet effet, deux options sont sur la table pour le moment. Une prévoyant la relance le 3 août 2020 avec la fin des activités scolaires le 30 septembre. Les examens d’Etat (9e AF, ENI, CEF, Bac) sont programmés entre le 5 et le 23 octobre 2020. La nouvelle année scolaire 2020-2021 serait lancée au début de novembre.

La deuxième option prévoit plutôt la reprise le 1er septembre et la fin des activités scolaires pour boucler l’année, le 30 octobre. Les examens d’Etat, dans ce cas, sont prévus entre le 3 et le 20 novembre 2020. La nouvelle année académique serait lancée au début du mois de décembre.

Ce sont les deux principales propositions, souligne le ministre Cadet, qui dit ne pas écarter d’autres options, même une possibilité pour que la nouvelle année scolaire démarre en janvier 2021. L’objectif fixé est de voir comment boucler cette année académique très perturbée afin d’avoir au minimum 120 jours de classe pour valider l’année scolaire, dit-il, car la plupart des écoles ont travaillé en moyenne environ 70 jours. Il faut donc 50 jours de plus pour compléter et boucler, tout en tenant compte du fait que les situations varient d’une région à une autre et d’une catégorie d’écoles à l’autre, ajoute le ministre.

Autres approches… avec un plan glissant sur trois ans et le passage automatique

Plutôt nuancés, les ex-ministres Charles Tardieu et Paul Antoine Bien-Aimé et des spécialistes en éducation, notamment Guy Serge Pompilus et Jean Michel Charles, qui saluent cette initiative du ministère, croient qu’il faudrait envisager d’autres possibilités permettant une approche glissante permettant de conforter les acquis des scolaires sur trois ans, le passage automatique pour certains niveaux de l’école fondamentale et du secondaire. Il faut, selon ces derniers, se focaliser sur les classes d’examens et ne pas prendre des options pouvant compromettre la prochaine année académique.

Caroline Hudicourt, directrice exécutive du Consortium des organisations du secteur privé de l’éducation (COSPE), évoque la nécessité d’une certaine flexibilité dans les approches afin de tenir compte de toutes les composantes du secteur éducatif afin de ne pas créer un peu plus de fossé entre les acteurs.

La secrétaire d’Etat à la Formation, Magguy Durcé, insiste sur la nécessité de prendre en compte dans la planification des spécificités de la formation professionnelle, notamment pour l’organisation des examens d’Etat pour ce sous-secteur.

D’autres participants, Jean Luc Tondreau de l’UNESCO et Brice Saintil de l’UNICEF, évoquent l’élaboration d’un plan global d’accompagnement pour le secteur éducatif prenant en compte les aspects sanitaire, psycho-social, les cantines scolaires, l’appui aux directions d’écoles en difficulté.

Constitution de deux équipes pour finaliser le plan de relance

Pour le ministre Cadet et son directeur de cabinet, Jackson Pléteau, ces aspects sont déjà pris en compte dans le Plan de réponse du MENFP et des actions sont en cours afin d’atténuer les impacts catastrophiques de la Covid-19 sur le secteur éducatif. Mais tout ne sera pas facile, car la crise sanitaire a engendré une grave crise économique, selon eux. Les besoins sont immenses et les ressources limitées, ajoute le ministre Cadet qui annonce plusieurs actions à venir du gouvernement en vue d’aider les écoles.

Au terme des échanges, il a été décidé de constituer, sur proposition du Coordonnateur technique du cabinet du ministre, Jacques Yvon Pierre, deux équipes de travail intersectorielles, avec la participation d’anciens ministres de l’Éducation et de plusieurs spécialistes, en vue d’approfondir les réflexions sur les différentes options envisagées et de parvenir à un consensus sur le plan de relance des activités scolaires que le ministère adopterait.

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