Le SOS de Rockfam pour le centre d’accueil de Delmas 3

PUBLIÉ 2020-05-29
Un élan de solidarité a conduit le groupe Rockfam Lame A vers le Centre d’accueil de Delmas 3. Le samedi 23 mai 2020, les rappeurs ont distribué des matelas, de la nourriture et des masques aux enfants et adolescents logés là-bas, complètement oubliés par l’État. Cette initiative, entre autres, s’inscrit dans le cadre du projet « Give back » initié par ces artistes en pleine pandémie de coronavirus, en vue de soutenir la population haïtienne, notamment celle de Delmas, qui, selon eux, leur a tant donné.


« Absence d’eau potable et de nourriture, lits dépourvus de matelas, saleté, odeur nauséabonde… ». La voix désolante d’Atros nous dresse le sinistre portrait de cette maison de transit pour enfants des rues qui est sous la tutelle du ministère des Affaires sociales. La Covid-19 a poussé le rappeur vers ce centre du bas de Delmas où séjournent encore quelques enfants. Malgré tout. « C’était extrêmement insalubre. Les enfants font leurs besoins à même le sol, dans la cour. Ils n’avaient ni eau potable ni nourriture. Dans le dispensaire, il n’y presque aucun médicament pour soulager les enfants en cas de malaises. Timoun yo p ap viv », a déploré ce soldat de Delmafia.

Revenu abasourdi de sa visite, Stevenson Telfort et ses confrères de Rockfam, dont Toppy X qui vit à l'extérieur du pays depuis quelques années, ont décidé de "faire un geste". Aussi minime soit-il. « On s’est mis d’accord que notre prochaine activité intentée dans le cadre du "Give back" favorise les enfants du centre d’accueil de Delmas 3. De fait, on a fait nettoyer, asperger le local et on a pu les approvisionner en eau potable. Puis, on leur a apporté des matelas, des repas chauds et d’autres rations alimentaires sèches et aussi des masques », a expliqué Atros. L'artiste précise que l’argent provient de leurs fonds personnels et aussi de la somme récoltée par Toppy X lors sa dernière performance en ligne.

Le rappeur invite d’autres instances à penser à ces enfants. Ces oubliés. « Ils méritent mieux. S’ils avaient le choix, celui-ci ne serait aucunement le leur. C’est un cri d’alarme à toutes les couches de la société. Un minimum peut faire la différence. Parce que ce centre devrait nous aider à combattre la délinquance juvénile. Mais vu l’état déplorable dans lequel évoluent ces enfants, on est en train de créer plutôt un groupe de jeunes frustrés qui, demain, deviendront incontrôlables », a-t-il poursuivi.

Outre cet élan de solidarité envers les enfants et adolescents de ce centre d’accueil inauguré en 2013 sous la présidence de Michel Joseph Martelly, des séances de distribution de masques et de chlore avaient déjà eu lieu dans les marchés et les quartiers de Delmas. Une prestation en ligne est aussi prévue pour le 7 juin prochain. Elle sera réalisée en soutien à l’hôpital Immaculée de Port-de-Paix et à l’hôpital La Paix. Port-de-Paix, lieu de naissance de la majorité des membres du groupe. Delmas, cette zone qui abrite ces soldats du rap kreyòl depuis bientôt 16 ans.

Toutes ces activités se rattachent au projet « Give back » initié depuis peu par ces hommes aux mouchoirs noirs. Le « Give back » témoigne, selon M. Telfort, d’une forme de reconnaissance envers la population de Delmas dans ces temps difficiles. « Cette population nous a tellement donné. Elle a toujours été présente, lors de la vente de nos albums, lors de nos concerts et ceci même sous la pluie. C’est donc le moment idéal d’offrir notre soutien. Nous les artistes nous vivons aux dépens de l’humanité. Il est donc dans notre intérêt de ne pas laisser mourir la population haïtienne de la Covid-19. Notre survie dépend elle-même de leur survie », a indiqué Atros.



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