Emmanuel ‘’Toto’’ Constant reste emprisonné aux Etats-Unis

Publié le 2020-05-27 | lenouvelliste.com

Le gouvernement haïtien a annoncé mardi que, à sa demande, les Etats-Unis avaient temporairement renoncé à extrader un ancien chef paramilitaire condamné par contumace en Haïti pour des crimes commis sous la dictature, mais emprisonné à New York.

Washington a cependant renvoyé trente autres personnes, des anciens prisonniers ayant purgé leur peine et des immigrés en situation irrégulière, dans le pays de la Caraïbe malgré les craintes de propagation de l'épidémie de Covid-19.

"Toto Constant n'est pas arrivé aujourd'hui à la suite des négociations que le Premier ministre a menées avec les autorités américaines, en réussissant à convaincre les autorités migratoires de ce pays" de suspendre "temporairement" son expulsion, a affirmé à des journalistes Eddy Jackson Alexis, secrétaire d'État haïtien à la Communication, après l'arrivée de l'avion à Port-au-Prince.

L'annonce du possible retour en Haïti d'un des anciens hommes forts de la dictature militaire avait déjà ravivé la crainte auprès de la société civile.

Constant avait fait régner la terreur avec son "Fraph" (Front révolutionnaire armé pour le progrès d’Haïti), un groupe paramilitaire destiné à terroriser les partisans du président en exil Jean-Bertrand Aristide au moment du régime militaire de Raoul Cédras dans les années 90.

Il avait dû fuir son pays en 1994 au retour d'Aristide.

En 2000, il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour son rôle dans le massacre perpétré en 1994 dans un bidonville de la commune de Gonaïves.

Exilé aux Etats-Unis, il a été condamné à 12 ans de prison à New York en 2008 pour crimes financiers.

"Un citoyen jugé par contumace a droit à être rejugé: c'est la procédure et la loi" a expliqué M. Jackson Alexis, précisant que la crise sanitaire que connait Haïti ne facilitait pas la tenue d'une telle action judiciaire.

Leur température prise à leur descente d'avion, les trente personnes renvoyées mardi en Haïti ont été placées en quarantaine et vont subir un test au nouveau coronavirus, assurent les autorités sanitaires nationales.

Depuis l'apparition de l'épidémie en Haïti, les Etats-Unis ont organisé quatre vols pour expulser des ressortissants haïtiens ou d'origine haïtienne.

Plusieurs de ces passagers ont été testés positifs au nouveau coronavirus.

En dix semaines d'épidémie, les autorités haïtiennes n'ont réalisé qu'un peu plus de 3.000 tests de Covid-19 : 1.063 personnes se sont révélés contaminées par le virus parmi lesquelles 31 sont décédées, selon le dernier bilan officiel publié mardi matin.

AFP

Auteur


Réagir à cet article