La nationalité face aux événements sportifs et culturels

Je suis Samuel E. DUCLOSEL. Je viens partager avec vous mon point de vue sur un sujet d’une importance capitale, la nationalité. Ce sujet nous interpelle tous car comme le dit TiCorn dans sa chanson Drapo pa’ m, « Yon moun bezwen on peyi, yon kote k rele lakay ». Loin de prétendre traiter le sujet de façon exhaustive, dans les lignes qui vont suivre, il s'agira pour moi de réagir aux controverses que provoquent les questions de nationalité et de multiple nationalité. Pour ce faire je vais utiliser à titre d'exemple des circonstances où des personnalités du monde de la culture ou du sport (étrangères ou haïtiennes) ont été confrontées à cette problématique.

Publié le 2020-05-26 | Le Nouvelliste

Beaucoup de gens sont réticents à accepter ce qui est duel, à ce qui est multiple.  Mais pourquoi ? Parce qu’ils sont hostiles à la diversité ? Par volonté d’uniformisation ?  Par peur de ce qui est différent ? Je n'ai pas la réponse, je l'attends encore. Un des moyens par lesquels cette réticence s'exprime c'est le refus de la double ou multiple nationalité.  Celles-ci étant bien évidemment les conséquences de la migration et du métissage (au sens large du terme). C'est une thématique qui nous concerne tous en tant qu’humains car pour une raison ou une autre, on peut se voir obligé de vivre dans un pays étranger.  Ou bien notre naissance dans un pays étranger peut être le résultat de l'immigration de nos parents.  L'immigration ayant fait partie de l'histoire du monde depuis la nuit des temps.

 Okay, vous allez me dire que les double et multiple nationalité ne sont pas reconnues dans tous les pays et ceux-ci ont le droit de dire à qui ils donnent leur nationalité ou pas. Bon ouais… il y va de leur souveraineté. Je suis d'accord mais perso, je ne vois pas pourquoi on devrait refuser à une personne le droit de ressentir qu’elle appartient à plusieurs coins de terre, à plusieurs pays.  C'est ce que les double et multiple nationalité traduisent, la nationalité pouvant elle-même être définie comme un sentiment d'appartenance à un pays ou un peuple, à une culture. . . Mais il est coutume de remplacer le mot nationalité par citoyenneté, qui désigne un lien juridique rattachant une personne à un État. D'aucuns affirment les utilisent de manière interchangeable (srce. Manuel de droit constitutionnel, Mirlande Manigat). Toutefois quelqu'un peut tout à fait avoir un sentiment d'appartenance envers un pays sans être juridiquement attaché à l'État de ce dernier.  Il serait donc souhaitable de ne pas utiliser citoyenneté et nationalité de façon interchangeable ou du moins de se souvenir de la nuance existant entre les deux. 

Alors la double nationalité peut tout aussi bien désigner un sentiment d'appartenance qu'une personne ressent envers deux pays que son rattachement à deux États. Deux autres cas de figure peuvent se présenter :

a)  la personne peut détenir la citoyenneté d'un État (de l'État d'un pays) et avoir un sentiment d'appartenance envers un ou des autres pays.

b)  La personne à la nationalité d'un État mais s'identifie à un autre pays ou une autre nation.

Dans ces cas on a tendance à parler de double nationalité aussi. 

Mais nous savons aussi que les pays eux-mêmes, voudront être reconnus par les autres et être représentés. Ladite représentation, loin de ne se faire que par le bais de missions diplomatiques s'opère également par le truchement d’activités culturelles et sportives entre autres. Cette représentation est souvent faite par les nationaux et citoyens du pays.

Pour les activités sportives, c’est la lex sportiva qui détermine qui peut représenter un pays ou pas. La lex sportiva étant un droit transnational que se donne le mouvement du sport (srce : theses.fr, thèse de doctorat de Franck Latty). La nationalité sportive est dépendante de la fédération sportive et n’a pas grand-chose à voir avec la citoyenneté tel qu’on l'entend habituellement (ref : cairn.info, Christophe Daadouch, quand le sport jongle avec les nationalités).

La citoyenneté que nous avons définie avant, est conférée par l'État d'un pays sur la base du jus soli ou du jus sanguinis. Certains pays appliquent les deux.

Le jus sanguinis octroie à la personne la citoyenneté par la filiation. C'est-à-dire qu’elle reçoit la nationalité de ses parents ou de l’un d'entre eux.

Le jus soli pour sa part, attribue la citoyenneté de son pays de naissance.  L'individu est donc rattaché juridiquement au pays où il naît.

La nationalité sportive est déterminée par la fédération sportive et la citoyenneté par les États souverains c'est normal qu'il n'y ait pas forcément coïncidence entre les deux.  D'ailleurs dans le football par exemple, il n'est pas inhabituel de voir un joueur représenter un pays dont il n'a pas la citoyenneté.

En Haïti, l’opinion publique a tendance à croire que la nationalité sportive se confond avec la citoyenneté. Elle est aussi réticente à accepter la double citoyenneté bien qu’elle soit admise par les modifications constitutionnelles de 2011.  On entend souvent les gens déplorer le fait que les sportifs qui représentent Haïti soient nés à l'étranger et détiennent d'autres nationalités. Mais en l’année 2019, la naissance étrangère de plusieurs joueurs de notre sélection nationale de football n'a guère soulevé de controverse donc on progresse vers une acceptation.

Dans une prochaine publication, nous vous parlerons de la nationalité considérée dans certains évènements culturels et nous nous proposerons de faire un parallèle avec la façon dont elle est considérée dans le sport. 

Samuel E. Duclosel Auteur

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