Covid-19 : 513 détenus ont été libérés en un mois, rapporte le RNDDH

Publié le 2020-05-07 | lenouvelliste.com

En application de la mesure visant à désengorger les prisons du pays pour empêcher la propagation du coronavirus dans les geôles bondés de détenus, les autorités judiciaires ont libéré 513 prisonniers pour la période du 19 mars au 15 avril 2020. La plupart d'entre eux viennent dans les tribunaux de premières instances des Cayes (93), de Port-au-Prince (84), de Croix-des-Bouquets (56), du Cap-Haïtien (42), de Jérémie (37) entre autres… En effet, d’après un décompte établi par le Réseau national de défense de droits humains (RNDDH) la population carcérale totale est passée de 11 110 à 10 597.  

Le RNDDH dit avoir retracé seulement 459 d’entre eux. Parmi eux figurent des détenus qui avaient fini de purger leur peine mais qui étaient gardés en prison ; des détenus incarcérés depuis plus de sept ans pour des délits comme vol, vol de cabri, voies de fait et qui étaient encore en attente de jugement ; des détenus pour lesquels des ordonnances de non-lieu, de  mainlevée du mandat d’écrou ont été émises alors qu’ils ont été maintenus en prison ainsi que des détenus ne répondant à aucun des critères fixés par les autorités judiciaires qui ont été libérés.

Dans la juridiction de la Croix-des-Bouquets, le RNDDH affirme que trois détenus qui se trouvaient incarcérées à la prison civile ont été libérés alors qu’ils ne répondaient pas aux critères préétablis. Ils étaient écroués cette année même pour tentative d’assassinat, vol de véhicule, détention illégale d’arme à feu entre autres. Quatre détenus qui ont passé plusieurs années en situation de détention préventive, ont été libérés pour des motifs humanitaires. 28 personnes ont été libérées à la faveur des audiences correctionnelles spéciales réalisées dans l’enceinte même de la prison civile de la Croix-des-Bouquets.

12 détenus, dans cette même juridiction, ont pu être libérés, suite à des demandes en habeas corpus dont l’ancien député, Jean Fenel Thanis, produites auprès du doyen près le tribunal de première instance de ce ressort. Ils ont passé des années en prison sans que les magistrats instructeurs n'aient rendu leurs décisions à leur sujet. Neuf autres étaient incarcérés pour vol, vol de cabris, vol de bœuf et voies de fait. Seulement 11 condamné pour des faits comme assassinat ou association malfaiteurs ont été libérés.

Dans la juridiction de Port-au-Prince, 113 détenus ont été libérés. Il s’agit de 84 détenus qui étaient incarcérés à la prison civile de Port-au-Prince, 13 qui se trouvaient à la prison civile de Cabaret et 13 mineurs qui étaient au CERMICOL. Dans la juridiction des Cayes, les détenus libérés étaient impliqués dans la perpétration de vols et de voies de faits. Trois d’entre eux ont bénéficié d’une demande en habeas corpus, sept avaient déjà purgé leur peine mais étaient encore gardés en prison. 70 ont bénéficié de la décision du parquet et 13 ont bénéficié d’une demande en mainlevée du mandat d’écrou.

Incapacité à respecter les mesures barrières dans les prisons

Dans le contexte du Covid-19, un plan de contingence a été adopté par la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP) de même que de nombreuses autres mesures. Malgré l’adoption de ce plan et la mise en application de certaines mesures barrières en vue d’empêcher l’entrée du Covid-19 en prison, les agents pénitenciers ne disposent pas de moyens pour se protéger du virus. Dans plusieurs prisons du pays, un poste de lavage obligatoire des mains est installé. Dans d’autres ils ne disposent pas de seaux avec robinets intégrés, pas de chlore, pas de gel de nettoyage, écrit le RNDDH.



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