Sport et économie

Déjà près de 100 millions en salaires non gagnés

Publié le 2020-04-24 | Le Nouvelliste

Près de 100 millions de gourdes de salaire non gagnés, plus de 7 mois d’activités anéanties, de longues périodes de mise en conditionnements physiques et de préparation en vue de la compétition gachés et plus de 500 personnes contraintes au chômage technique. Rien qu’en première division les conséquences de la période du «peyi lòk » en fin de 2019 et du confinement lié au coronavirus sont énormes.

Combien d’argent les joueurs de football haïtiens ainsi que les staffs techniques des clubs de D1 ne perçoivent plus à cause de deux suspensions consécutives du championnat national de D1 ? Une pitance, diraient beaucoup de ceux qui regardent seulement le mauvais côté du championnat haïtien de football dit professionnel. Parce que tout simplement, beaucoup ignorent que si un consommateur n’est pas une entreprise, sa consommation devrait tenir compte de ce qu’il entre de manière à ce que la balance salaire – consommation soit positive. Et que chaque fois qu’il consomme sans rien entrer, il ne fait que consommer ce qu’on pourrait considérer comme son cash flow*.

En effet, pour les limités qui priorisent le bondieubonisme en tout, qui regardent évoluer les choses sans chercher à connaitre leur fonctionnement et qui s’amusent à supposer et à conclure en s’appuyant sur des suppositions sottes et incohérentes, l’arrêt de la compétition tant en D1 que dans les divisions plus inférieures permettent surtout aux joueurs de se passer d’un salaire de misère pour un spectacle plus que moyen. Mais voilà, dans la vie économique tout va plus loin que de simple supposition. Elles s’expriment en balance positive, en actif et passif, en cash flows mais surtout en différence où la situation à l’arrivée devrait être toujours différente qu’à celle au départ. Pour ce faire, la mobilité économique c’est-à-dire l’argent qui est en perpétuel mouvement sans jamais rester immobile et en un seul endroit et sa situation de prédilection pour progresser. Avec cette mobilité économique l’argent bouge, passe de main en main à travers les activités de vente et d’achat de services qui permettent aux uns et aux autres de le toucher. De temps à autre, les uns et les autres se sentent les propriétaires et tirent une certaine fierté avant de le filer à un autre. Pendant ce temps, l’Etat profite de chaque mouvement et exige des impôts au gré de cette mobilité de l’argent que les spécialistes appellent mobilité économique. Autant dire qu’autant que quelqu’un perçoive quelque chose à un niveau où à un autre, il devient acteur de l’économie, il perçoit un peu de sa dignité de son bien-être du respect de ses proches en se procurant un pouvoir d’achat aussi peu qu’il soit.

Autant dire que le fait pour que le sport soit contraint à cette immobilité dans le monde c’est une catastrophe et en Haïti c’est énorme. Rien qu’en D1 haïtienne, l’arrêt de la compétition tant lors de la série d’ouverture 2020 que la série de clôture 2019 représente plus de 100 millions de gourdes de salaire ou de manque à gagner pour près de 500 employés contraints à un chômage forcés. Avant, on se plaignait du fait qu’il ne représentait un chômage déguisé, un championnat professionnel au rabais pour donner un nom prestigieux au petit chien au point de le tuer (ce qui est d’ailleurs en partie vrai), une activité mené pour masquer sa misère. Dans un challenge lancé en mars par exemple, Samuel Mardochée Pompée entendait conscientiser ses collègues pour qu’ils se comportent en professionnels et réclament un salaire proportionnel à leur statut au lieu des 15 mille gourdes qu’il dit percevoir de certains dirigeants qui se croient bienfaiteurs en honorant leur engagement. On comprenait, mais à l’analyse, l’indisponibilité de ce salaire de misère nuit.

En effet, le « peyi lòk » et à présent le confinement lié au corronavirus enlève le masque du salaire de misère et de chomage déguisé des footballeurs pour en faire les masques qui déguisent les visages qui luttent contre le coronavirus. Si beaucoup de clubs cherchent les moyens pour s’acquitter de leur engagement salarial envers leurs joueurs pour le mois de mars,  c’est incertain pour le mois d’avril. D’un côté, on peut se plaindre avec Samuel Mardochée pour que les joueurs aient un salaire les mettant à l’abri pour plus d’un mois, mais de l’autre on doit surtout se plaindre sur le fait que des millions de gourdes ne sont plus « brassés dans l’économie haïtienne et quand il n’y a pas brassage d’argent c’est tout un cycle qui souffre.

Moins de 2 mois après que les factory ont été contraints de stopper leur activité, l’État haïtien mesure l’impact de leur inactivité parce que les échanges avec l’étranger lui permette de mesurer l’impact en monnaie d’échange sonnante et trébuchante. Seulement on n’est pas foutu de mesurer l’impact de l’arrêt du football comme d’ailleurs l’impact de l’arrêt de toutes les entreprises haïtiennes qui comptent des salariés et qui doivent s’acquitter soit de leurs engagements économiques envers eux soit en les contraignant de prendre une mise en disponibilité sans solde lié aux 8 derniers mois de bamboche révolutionnaire ou de coronavirus parce que tout simplement dirigeants et opposants, trop limités en matières d’économies, ne mesurent que toute activité économique contrainte à l'arrêt entraîne une perte et cette perte à un coût qui entraine conséquences désastreuses sur l’économie. Demain ne s’annonce pas rose.

*Le cash-flow disponible est le flux de trésorerie disponible, c'est-à-dire le liquide, l'espèce qui représente la capacité d'autofinancement d'une entreprise obtenue dans l'année et qui n'est destinée ni à acheter de nouveaux actifs ni à payer des dettes. https://www.journaldunet.fr/business/dictionnaire-comptable-et-fiscal/1198515-cash-definition-traduction-et-synonymes/

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