Dans le célèbre film intitulé“Titanic”, le réalisateur américain James Cameroon nous montre que l’une des raisons du naufrage du plus grand paquebot de l’époque est que les deux vigies placées au haut du tour s’étaient laissées distraire. Une légère distraction qui a coûté très cher aux passagers du Titanic!
Une vigie est un matelot placé en observation dans la mâture ou à la proue d’un navire ou un employé des postes d’observation des conducteurs de train. Le rôle de vigie est crucial pour la bonne arrivée d’un bâteau ou d’un train.
Le citoyen dans la Grèce antique
Depuis la nuit des temps, la notion de citoyen a grande influencé la littérature, notamment la philosophie politique. À ce stage, il s’agissait d’une conception traditionnelle voire réductrice de celle-ci, car le citoyen est celui qui participait à la chose publique or une grande partie de la cité y était exclue de la démarche, particulièrement les femmes et les étrangers. Donc, oui il y avait de la participation, par contre très limitée.
Le citoyen avant et après la Révolution Française
Sous l’Ancien Régime, l’organisation économique, politique et sociale ne permettait pas la participation de l’ensemble des citoyens dans la gestion publique. Pour qu’une personne participe à la vie politique, son statut social ou encore ses appartenances religieuse, familial et autres jouaient un role important. Par ailleurs, même après la Révolution, le regard sur cette notion n’avait pas beaucoup évolué, car le suffrage était quelque chose de très limitée.
Le suffrage universel, une garantie pour la démocratie?
La démocratie telle que nous la connaissons aujourd’hui exige bien évidemment la participation de tous, on parle de la démocratisation. La démocratie moderne dite moderne ou représentative constitue une avancée très importante dans l’organisation de notre société. Par contre, elle est vraiment foncièrement, surtout dans la perspective Rousseauiste, par des auteurs dits anarchistes comme Noam CHOMSKY. De plus, cette démocratie est aussi critiquée le fait que le citoyen se sent valorisé seulement dans les moments électoraux, il ne joue vraiment son réel rôle de veilleur permanent.
La démocratie participative, un dernier recours?
L’une des grandes questions qui soulève actuellement dans la recherche ou dans la vie politique : quelle place le place citoyen peut-il jouer dans la fabrication des politiques publiques? La démocratie participative nous semble apporter des perspectives intéressantes dans la mesure où le citoyen est considéré comme une véritable partie prenante, il est affecté par les objectifs de
l’organisation en question (Freeman, 1984). Ce n’est pas la participation pour la participation.
Loïc BLONDIAUX considère le citoyen à un certain niveau comme un Expert où il parle de “Citoyen-Savoir”. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls pouvant penser les politiques publiques, les citoyens ont aussi leur mot à placer, car ils connaissent mieux la réalité de leur territoire. C’est pourquoi en matière de la territorialisation de l’action publique, on s’accroche maintenant plus à l’approche dite “ Bottom Up” veut dire du bas vers le haut où les citoyens identifient ses besoins et les faire monter à un échelon supérieur, mais toujours dans une logique de co-contruction des services publics. D’où l’importance de la notion de subsidiarité.
In fine, dans l’ère postmoderne et dans les démocraties représentatives où nous vivons, nous ne pouvons pas nous permettre de confier la res publica uniquement aux autorités étatiques, à l’opposition encore moins à la communauté internationale. Le citoyen ou la citoyenne joue un role avant-gardiste. C’est une vigie de l’ordre social, politique et économique.
Selon Jean-Jacques Rousseau, le citoyen est un être éminemment politique qui exprime non pas son intérêt individuel, mais l’intérêt général. C’aurait été un péché mortel de ne se borner qu’à une vision juridiciste du concept citoyen. Le citoyen étant à la fois un animal social (dans le sens d’Isabelle Filliozat) et un animal politique (dans le sens d’Aristote) a son mot à dire dans les affaires de la cité. Quand la barque nationale est menace par des tempêtes de diverses sortes (politique, économique, social et autres), quand les tissus sociaux sont déchirés, quand la crise deviant le dénominateur commun de la société, le seul messie qui existe est le citoyen ou la citoyenne. La plus grande crise que peut confronter une nation est une crise de citoyenneté.
Frantz Mackenzie LAINÉ,
Etudiant finissant en Travail social à la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’État d’Haïti.
Amos FRANÇOIS,
Consultant en Management public et Science Politique at Amos François Consulting
E mail :francojesuite@gmail.com