Gonaïves : le carnaval boycotté, les barricades reprennent leur place

PUBLIÉ 2020-02-28


La quatrième édition du Carnaval de l’indépendance n’a pas eu lieu cette année. Les activités prévues pour les trois jours gras ont été également annulées sous la menace d'opposants armés. Ces activistes ont incendié l’unique stand qui a été construit en la circonstance  et dressé plusieurs barricades au centre-ville. Comme au moment du « peyi lòk », ils entendent resserrer l’étau autour du chef de l’État, Jovenel Moïse.

Le premier jour gras a été teinté de violences. Munis de leurs armes, les opposants au président ont gagné les rues pour exprimer leurs frustrations et manifesté leur solidarité aux policiers protestataires. « Twòp polisye tonbe, pa gen chita lakay », « Fòk Jovenel ale » ont-ils scandé en chœur. Ils ont fustigé énergiquement le comportement de Jovenel Moïse qui se serait montré « insensible » à la souffrance de la population. En cette période d’instabilité où l’insécurité bat son plein, les militants estiment que le carnaval n’a pas lieu d'être. « Jovenel Moïse est un incapable. Il n’est pas à même d’identifier les priorités de la nation », ont-ils dénoncé.

Sur leur parcours, les militants ont mis le feu à un stand érigé devant l’hôtel de ville. Le sinistre a été rapidement maîtrisé par le service d’incendie. À Descahos, une zone sensible, il y avait eu des échauffourées. Des gens identifiés comme proches du pouvoir ont lancé des pierres contre les manifestants. Ces derniers ont répliqué avec leurs armes. Aucun blessé n’a été recensé. Après avoir parcouru les principales artères, au centre-ville, précisément à la grand-rue, rues Anténor Firmin et Egalité, ils ont replacé les poteaux métalliques sur la chaussée. La mairie avait enlevé ces barricades pour garantir le bon déroulement du défilé carnavalesque.

Les opposants extrémistes des Gonaïves invitent le président à octroyer une chance à la masse défavorisée. Ils déclarent relancer la mobilisation jusqu’à nouvel ordre. Leur plan de bataille n’est pas dévoilé. Néanmoins, ils appellent la population à se réveiller pour libérer le pays du pouvoir Tèt Kale. Presque tous les soirs, des rafales d’armes sont entendues dans plusieurs coins de la ville. Cette situation n’a pourtant pas d’incidences sur les activités quotidiennes. Sans ambages, jusqu’à la tombée de la nuit, les citoyens vaquent à leurs occupations.



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