Des policiers dans les rues brûlent des stands au Champ de Mars

Le mouvement en faveur d’un syndicat au sein de la police nationale d'Haïti (PNH) prend de l’ampleur. Après cette troisième marche dans la zone métropolitaine, des policiers, dont certains en uniforme, ont mis le feu aux stands érigés au Champ de Mars, ce lundi 17 février 2020. Dans des villes de province, d’autres agents ont aussi gagné les rues pour revendiquer les mêmes causes. Certains avaient menacé de boycotter le carnaval, d'autres de rester passifs si rien est fait.

Publié le 2020-02-17 | lenouvelliste.com

En revenant des locaux de la direction générale la PNH à Pétion-Ville, des policiers qui n’arboraient pas leur uniforme ont lancé des cocktails Molotov en direction des stands situés à la rue de la République, non loin du Palais national. Le feu s’est rapidement propagé dans les stands faits de bois et de plywood situés à proximité. Aucune présence de sapeur-pompier n’a été remarquée. Plusieurs stands sont réduits en cendres, ce qui va impacter l’organisation du carnaval national. Ces policiers, qui étaient dans les rues pour exiger de meilleures conditions de travail, le droit de créer un syndicat, donnaient un concert de tirs dans les parages.

Plus tôt dans la journée, banderoles et pancartes en main qui mettant en exergue leurs revendications et leur appartenance au Syndicat de police nationale d’Haïti (SPNH) - proclamé sans l’aval du haut commandement de la PNH-, des dizaines de policiers et sympathisants ont emprunté l’autoroute de Delmas en direction de la Pétion-Ville. Arrivés aux abords des locaux de la direction générale de la PNH, Ils ont écrit, avec une bombe de peinture aérosol, sur les murs et les voitures appartenant à l’institution « Viv SPNH ».

Ces policiers avaient à leur tête Yanick Joseph, présentée comme le leader du syndicat des policiers. Tout le long du parcours, ils ont essayé de justifier le bien-fondé du syndicat en se basant sur la Constitution qui, disent-ils, est supérieure aux règlements internes de la police nationale qui leur interdit le droit de syndiquer et faire passer leurs revendications de façon collective. « Nous ne pouvons plus vivre dans ces conditions misérables. Les policiers ont faim, ils ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école. Nous sommes déterminés à ériger le syndicat qui est légal au regard de la Constitution », a déclaré Yanick Joseph avec hargne dans ses propos.

Plus loin, Yanick Joseph, qui n'en démord pas sur les justifications du syndicat a fait savoir que « ce syndicat ne se mettra pas en face du haut commandement ». Le SPNH est là uniquement pour défendre les meilleures conditions de travail des policiers. Les chefs de file affirment ne pas avoir « peur des menaces, des sanctions ni des révocations ». Après avoir chanté et réclamé de meilleurs conditions de travail pour les agents ainsi qu’un traitement adéquat pour leurs familles quand ils sont victimes dans l’exercice de leurs fonctions, des tirs nourris ont été entendus dans les parages. Il est presque récurrent, après un rassemblement de policiers, qu’on assiste à un concert de tirs.

À Hinche, des policiers en colère contre l'IGPNH et le CSPN

Des dizaines de policiers ont sillonné les rues pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail. Accompagnés des membres de leurs familles, de parents et de plusieurs membres de la population, les policiers du département ont marché de la place publique Charlemagne Péralte en passant par le boulevard Jean-Jacques Dessalines la rue Bois-Verna pour arriver à la Direction départementale de l’institution via la route des Lattes. Sur tout le parcours, les policiers ont lancé des propos hostiles contre l'IGPNH et le CSPN, munis de pancartes et de maillots frappés de slogans et de revendications. Ils réclament le droit de se réunir en syndicat pour défendre leurs droits au sein de l’institution policière.

Plus loin, certains d’entre eux menacent de rester « passifs » si rien n’est fait pour répondre à leurs revendications, notamment en ce qui concerne l'augmentation salariale significative. Selon eux, la faible augmentation accordée le mois passé ne correspond pas à leurs attentes et à leurs revendications. « Dans tous les pays du monde, la loi donne plein droit aux policiers de se réunir en syndicat. En Haïti, un petit groupe à l'IGPNH s'érige contre la décision de la majorité alors que la Constitution de 1987 garantit le droit de se réunir en syndicat », ont-ils martelé.



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