Haïti a la capacité de diagnostiquer le coronavirus

Publié le 2020-02-13 | lenouvelliste.com

Le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a la capacité d’effectuer le test de dépistage du nouveau coronavirus, nouvellement appelé COVID-19 par l’OMS. C’est ce qu’a révélé le directeur du Laboratoire national de santé publique (LNSP), le Dr Jacques Boncy, au cours d’une conférence- débats organisée à l’Université de la Fondation Dr Aristide (UNIFA) sur ce virus qui fait trembler le monde.

 « Si un cas se présente, le MSPP, à travers le laboratoire national, peut détecter s’il s’agit de coronavirus », a précisé le médecin biologiste. Le ministère de la Santé renforce son plan de riposte au cas où il y aurait une éventuelle introduction de l’épidémie dans le pays. L’Organisation panaméricaine de la santé/Organisation mondiale de la santé (OPS/OMS) a fait don mercredi aux autorités sanitaires de matériel et d'intrants pouvant leur permettre de confirmer le diagnostic du nouveau coronavirus (COVID-19).

« Une mission de l'équipe d'urgence sanitaire de l’OPS venue du siège de l’organisation à Washington a fourni au Laboratoire national de santé publique des réactifs pour les tests moléculaires (PCR) pour le COVID-19 comprenant des amorces, des sondes et des contrôles positifs», a fait savoir le MSPP, soulignant qu’une dizaine de technologistes médicaux du Laboratoire national de santé publique ont été formés à la conduite des tests de dépistage et de confirmation pour le nouveau coronavirus 2019.

Le Dr Jacques Boncy, qui présentait les actions entreprises par l’État haïtien en vue de prévenir l’épidémie, a fait comprendre qu’Haïti suit les recommandations de l’OMS. Comme l’exige l’OMS, le MSPP renforce le système de veille sanitaire et de surveillance épidémiologique. Toutefois, souligne-t-il, la prévention d’une épidémie nécessite une intervention multisectorielle. Tous les secteurs doivent être mobilisés : aéroports, ports, police, armée... Le MSPP met en place les protocoles de soins et les mesures de prise en charge agressive avec éventuellement réanimation. Les hôpitaux publics tout comme ceux du privé doivent se préparer en aménageant une zone d’isolement.

Faisant un survol de cette épidémie qui a touché plus de 60 000 personnes et provoqué le décès de 1 400 autres, le médecin biologiste a rassuré les étudiants en leur expliquant que la plupart des cas de COVID-19 ne sont pas graves. Seulement 2% présentent une forme sévère. 33% des patients développent des signes de grippe, 17% vont présenter des signes de détresse respiratoire, 3% une atteinte rénale. Les  patients qui ont une comorbidité sont plus faciles à succomber au virus. « Il y a un pourcentage de patients, soit 17%, qui vont développer des complications. Il y a 2% qui vont développer une forme sévère qui va se solder par un dysfonctionnement de multiorganique.  La perfusion de certains organes est compromise », a-t-il avancé.

En évoquant les recherches des scientifiques chinois, le directeur du LNSP a affirmé que la chauve-souris est à l’origine du nouveau coronavirus. Le virus se transmet par gouttelette et  donne une symptomatologie parfois banale (mal de gorge, toux, fièvre). C’est un virus à ARN enveloppé. Les virus à ARN peuvent provoquer diverses pathologies humaines telles que la maladie à virus ébola, le SRAS, la grippe, l'hépatite C, la fièvre du Nil occidental, la poliomyélite ou encore la rougeole.



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