Le dualisme entre la foi et la raison: réflexions d’un chevalier de l’Ordre de Malte et professeur de médecine (2)

Publié le 2019-12-23 | Le Nouvelliste

« Si l’expérience est l’alpha et l’oméga de tout notre savoir touchant à la réalité, quel est donc le rôle de la raison dans la science ? Je tiens pour vrai que la pensée pure est capable d’appréhender la réalité.»

            Nous poursuivons les réflexions sur le dualisme entre la foi et la raison en y injectant ce deuxième article, toujours dans le cadre de ce périple virtuel au sanctuaire de Lourdes comme le délégué du TRI AMECAN ASSOCIATION OF THE ORDER OF MALTA au Conseil médical international de Lourdes (CMIL). Le cahier des charges du CMIL est d’évaluer les guérisons rapportées par les pèlerins du sanctuaire de Lourdes sur demande du comité exécutif du conseil dont l’évêque du sanctuaire, le médecin chef du Bureau des Constatations Médicales et le président du CMIL.

Encourant le risque de redondance, nous rappelons que le CMIL est constitué essentiellement de médecins européens à prédominance: française (6), italienne (5) et anglaise (3). On y compte aussi deux médecins de l’Espagne, deux de la Belgique, un de la Suisse, etc. Votre serviteur et auteur de cet article y représente les trois (3) Amériques (Nord, Centre, Sud) et la Caraïbe en tant que chevalier de l’Ordre militaire souverain de Jérusalem et de Malte (SMOM), investi qu’il est dans le chapitre américain (SMOM,  American Association USA) depuis 15 ans. Force est de rappeler que la mission de l’Ordre de Malte est d’aider les malades et les pauvres. L’Ordre ou SMOM  (Sovereign Military Order of Jerusalem and of Malta) entreprend régulièrement chaque année un pèlerinage à Lourdes où nous y conduisons 200 malades sous le patronage du chapitre américain (SMOM American Association USA).

Nous vous avions promis dans le premier article de statuer sur trois exemples de guérison en relation avec Lourdes. Cette fois, nous présentons un deuxième exemple qui relate la guérison de Bernadette Moriau. Nous diffusons le nom parce que nous sommes autorisé et, en plus, ce cas a été accepté avec notre participation dans les délibérations le 18 novembre 2016. Il a été largement diffusé à Rome, en France, en Angleterre, en Espagne, en Belgique, dans toute l’Europe.  Le journal le Monde en avait fait une grande diffusion, de même RFI  de la France et BBC de Londres.

La guérison de Bernadette Moriau (70e miracle à Lourdes)

            Née en France (Nantes), Bernadette Moriau entra au couvent à l’âge de 19 ans. Elle y reçoit, en même temps, une éducation d’infirmière et le diplôme d’infirmière en 1965. Elle vint à souffrir un (1) an plus tard, de lumbago, des douleurs lombaires assez atroces, nécessitant des modifications de son emploi vers des travaux légers de type secrétarial. Elle fut contrainte de laisser l’infirmerie de Nantes où elle vivait pour un milieu plus clément ou moins exigeant à Bresles (Oise) en 2007. Elle y travaillait comme réceptionniste. Elle a eu des interventions chirurgicales pour soulager son mal de dos. Sa situation médicale continue de s’empirer au point où elle portait un corset allant du cou jusqu’au dessous des lombes.

            Elle avait une paralysie flasque du membre inférieur gauche, nécessitant une attelle (support pour la jambe gauche). Son tableau clinique vint à être celui de Cauda equina syndrome (syndrome de la queue de cheval) qui nécessita 300 mg de morphine 2 fois par jour pour atténuer les douleurs. La maladie affecta sa possibilité d’uriner par perte de la tonicité de la vessie; elle devait se catéthériser (placer un tube dans sa vessie) pour évacuer les urines. Son tableau s’accompagne aussi de constipation chronique sous forme de bouchon fécal (fecaloma). Ce qui me rappelle personnellement mon temps d’internat à Boston City Hospital  en 1970 où j’avais un patient de ce genre. Au moins une fois par semaine, je devais moi-même, manuellement, le libérer des scybales fécales (fécalomes) via le toucher rectal.

            C’est sur ces entrefaites que le médecin de famille lui conseilla, en février 2008, d’aller en pèlerinage à Lourdes. Elle y alla en juillet 2008 sur chaise roulante et tout l’appareil orthopédique décrit plus haut (corset, attelle, etc.). Elle fut conduite dans la grotte du sanctuaire de Lourdes. Elle participa à la messe dite : Sacrament of the sick ou bénédiction des malades avec adoration du Saint-Sacrement. Elle a été conduite aux piscines de Lourdes où elle a eu le bain rituel précédé par la prière à la Vierge et évocation de son fils Jésus-Christ. Elle s’en retourna à sa résidence et s’est sentie guérie. Elle s’enleva brusquement le support ou attelle à la jambe gauche qui était paralysée ; se débarrassa du corset ; se libéra de la chaise roulante et ne prend plus de médicament depuis. Elle est désormais sur ses deux jambes vaquant à toutes sortes d’occupations.

Ce cas nous a été présenté au CMIL le 18 novembre 2016. Il y a eu, au moins, plus de 200 consultations différentes par les entités médicales internationales européennes: France, Italie, Angleterre, Espagne, Suisse, Belgique, etc. Ces consultations furent sous forme d’examen clinique, revue des données paracliniques (examens de laboratoire), les copies certifiées des dossiers d’hôpitaux et de clinique, revue des clichés radiologiques et electromyographiques - nerve conduction studies, attestations des médecins qui l’avaient opérée et le témoignage de son médecin de famille : le Dr Christophe Fumery à Bresles (France).

            J’affirme pour ma part, sans vouloir être un exemplaire de l’apôtre Saint Thomas, qui voulait voir les traces de clous dans les paumes du Christ, j’arrivai par hasard à la visite au Bureau de CMIL au sanctuaire de Lourdes, en même temps que Bernadette, le mois dernier. L’élévateur était en panne ; elle et moi, nous eûmes à gravir vingt-six (26) marches d’escalier pour arriver à l’étage supérieur du bureau des constatations médicales. J’en profitai pour me faire photographier avec Bernadette, comme par la photo en attache. En background sont le président du CMIL et l’évêque des sanctuaires, délégué spécial du pape.

            Je témoigne cette fois, de ma conversation avec Bernadette Moriau en relation avec les critères de Lambertini comme la documentation de l’application des règles observées par le CMIL, pour démontrer que c’est une guérison inexplicable. Ces critères ont été largement discutés dans le premier article de cette série de trois.

            En référence au cas qui a été discuté dans le 1er article, l’argumentaire portait sur la présence des lésions pathologiques, à savoir la persistance des lésions du diabète sur la rétine de la patiente, en dépit d’une vision parfaite 20/20.

            Dans ce second cas, nous assistons à la régression totale des signes pathognomoniques et au fonctionnement normal ou récupération totale sans argumentation.

            Bernadette Moriau serait comparable au paralytique de l’Évangile: lève-toi et marche. Le cas de sœur Moriau a été dûment enregistré le 18 novembre 2016 dans les archives du sanctuaire et le bureau des constatations médicales comme une guérison inexplicable et inexpliquée par nous-mêmes, les vingt médecins du CMIL.

            La notification de guérison a été faite par l’évêque du sanctuaire de Lourdes. Ce dernier l’achemina à l’évêque ou ordinaire du lieu ou de la communauté où vit Bernadette. Après délibération et intervention du Vatican, la guérison inexplicable de Bernadette Moriau a été reconnue comme une guérison miraculeuse annoncée par monseigneur Benoit-Gonnin, le 11 février 2018. Elle représente la 70e guérison miraculeuse de Lourdes depuis les 158 années de la première apparition de l’Immaculée Conception attestée par Bernadette, à Lourdes.

            Pour ce deuxième cas de notre série d’articles, je me contenterai de dire que, eu égard aux constatations médicales, la vérification et le vécu, je peux certifier à tous les sceptiques:

Veni, vidi, vici; oui! J’y étais, j’ai vu, j’ai vécu, j’ai palpé la vérité plus que par la pensée.

            Le vécu dans ce cas est que la guérison de Bernadette ne peut être imputée ni à la médecine, ni aux médecins, ni aux médicaments, ni aux interventions chirurgicales. C’est la pensée véridique.

En conclusion, j’admets, comme l’a dit Albert Einstein, in limine litis, que la pensée pure peut appréhender la réalité. L’union étroite entre la science et la pensée pure est utile aux deux, l’une élève et soutient l’autre.

Roger Jean-Charles, MD, CM Professeur de médecine, UEH Auteur

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