Un accord politique pour préparer la transition

Publié le 2019-11-11 | lenouvelliste.com

A l’initiative de la Passerelle, les acteurs politiques de l’opposition plurielle se sont mis d’accord samedi, à l’hôtel Marriott, sur les modalités devant conduire à identifier les autorités de la transition. Les cinq blocs politiques ne font pas dans la dentelle en signant l’accord dimanche, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle étape dans la lutte contre le pouvoir en place. Pendant ces quarante dernières années, deux autres coalitions de partis politiques de l’opposition ont obtenu gain de cause. Il s’agit de la coalition de cinq partis politiques qui dénonçaient la dictature de Jean-Claude Duvalier en 1985 et celle de la Convergence Démocratique ( coalition de sept partis politiques) de juin 2000 à février 2004 qui contestait les élections du 21 mai 2000 et la présidentielle du 26 novembre de la même année remportée par Jean-Bertrand Aristide. Les contestations contre les anciens présidents civils et militaires qui se sont succédé pendant plusieurs décennies n’ont jamais pu rassembler une opposition unie et ordonnée.

Etant donné que la vacance présidentielle, telle que voulue par l’opposition plurielle, n’est pas encore constatée, quelle stratégie sera utilisée pour obtenir cette vacance ? Selon toute vraisemblance, l’opposition vient de créer une atmosphère de tension et de pression du 16 septembre à nos jours. Les manifestations monstres, les mots d’ordre de grève générale et le blocage des routes nationales ont créé la paralysie des activités un peu partout à travers le pays. Bref, le pays était vraiment fermé (lòk) pendant plusieurs semaines. En dépit de la gravité de la situation, Jovenel Moïse, qui bénéficie du soutien du gouvernement américain, n’a pas jugé bon de se démettre de ses fonctions. Il est assez difficile de déterminer les actions qui seront entreprises par l’opposition pour créer la vacance au niveau de la présidence. Les manifestations de rue, la grève générale, le blocage des routes nationales et l’érection des barricades seront-ils à nouveau utilisés pour obtenir gain de cause ?

 Entre-temps, les établissements scolaires, professionnels et universitaires gardent leurs portes fermées en raison de la situation délétère. Les gangs armés se trouvant à Grand-Ravine, à Cité de Dieu, décident quand bon leur semble de bloquer le passage à Martissant, au Bicentenaire et à divers autres endroits de la zone métropolitaine. Le palais de Justice reste fermé, car la force publique ne peut pas garantir la sécurité des magistrats et autres membres du personnel. Ce sombre tableau de la situation traduit les limites du gouvernement dans la gestion des affaires de l’Etat. Que peut faire l’administration Moïse pour rétablir l’autorité de l’Etat ? Pendant combien de temps le pays doit continuer à vivre dans cette atmosphère de tension de toutes sortes qui perturbent le quotidien des hommes et des femmes ?

Tenant compte de la gravité de la situation, le gouvernement américain déconseille ses ressortissants à voyager en Haïti. Il en est de même pour le Canada et  d’autres pays occidentaux. A Port-au-Prince, l’ambassade américaine publie quotidiennement un avertissement à l’intention du personnel de l’ambassade et des Américains résidant en Haïti afin d’éviter les zones de turbulences. Quel autre fait doit survenir pour boucler la boucle de la gouvernance exécrable du pays ?

lbonneau@lenouvelliste.com  



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