Laura Louis, jeune journaliste avec de grandes ambitions

PUBLIÉ 2019-11-12
Ce 8 novembre 2019, Laura Louis d’Ayibopost entre dans l’histoire comme étant la toute première femme qui remporte la catégorie « presse écrite » du concours du Jeune journaliste haïtien. Pour cette championne (à côté de deux autres gagnants) de cette 5e édition, ce succès la motive à travailler pour accomplir d’autres grandes ambitions personnelles dont celle d’être l’une des journalistes les plus brillantes de sa génération.


C'est surtout le thème de cette année qui a scotché Laura Louis. « « Femme au cœur du développement », un thème qui me parle tant. Je me suis dit que c’était la bonne occasion d’essayer », confie-t-elle. Le journalisme est sans le moindre doute une passion de longue date dans sa vie. « J’écrivais toute jeune et on m’a dit que j’avais la fibre », ajoute-t-elle. La jeune femme, qui aborde la dernière ligne droite de son cursus en travail social à la Fasch, ne s’en cache pas. Le journalisme sera toujours son champ de prédilection. Elle se garde d’ailleurs d’opposer son domaine d’études à son métier favori. Pour elle, les deux sont intimement liés du fait que les deux supposent que l’on travaille sur le terrain ; la nuance résiderait dans la méthodologie, selon elle.

Pour s’assurer le succès à la 5e édition du concours du Jeune journaliste haïtien, Laura a puisé dans le génome d’Ayibopost qu’elle a rejoint depuis un an. Elle a misé sur la carte de l’originalité : d’emblée elle s’est interdit de se diriger sur les sentiers battus. « Par rapport au thème, j’ai opté pour les femmes en milieu rural et ça m’a valu de me déplacer à Cavaillon », se rappelle-t-elle. La jeune femme affirme que parfois le gens hésitaient à répondre aux questions mais cette difficulté n’était pas pour autant insurmontable. Dieu merci, pour elle, la crise du peyi lòk ne prévalait pas encore. Laura se rappelle aussi que la date limite a été reportée, un sursis qui lui a permis de "sublimer", selon ses mots, le travail qu'elle avait déjà éprouvé tant de plaisir à accomplir. Elle a eu à jongler entre son travail à Ayibopost et la rédaction de son reportage.

Son succès la rend heureuse, lui donne foi en ses capacités à accomplir tant de grandes choses comme devenir l’une des journalistes les plus brillantes de sa génération. Elle se plaint toutefois que les femmes soient encore minoritaires dans la presse écrite. « Si je suis la première femme qui soit parvenue en première place dans cette catégorie du concours, c’est la preuve que les femmes n’ont pas encore assez mené leur percée à ce niveau. La question est de savoir pourquoi », se demande-t-elle. Elle admet tout de même que les femmes s’affirment davantage côté télé et radio ; reste que pour l’écriture on en connaît très peu avec une carrière de longue haleine.

Laura n’a pas de modèle particulier dans la vie. Elle est plutôt du genre à butiner le meilleur dans chacun pour en faire un tout. Toutefois elle vénère le caractère de son collègue Ralph Thomassaint Joseph, le rédacteur en chef de son média. « C’est un homme qui écrit bien, qui a de multiples talents. Je suis admirative de sa façon de travailler », dit-elle. La championne avance aussi que son succès au concours est dû aussi au soutien qu’elle reçoit de la part de ses employeurs.

Au sein de sa famille c’est bien entendu la fête depuis l’annonce de sa victoire. Ses parents sont si fiers que son père lui fait la promesse de lui faire parvenir de l’argent pour que l’on festoie autour d’un gâteau.

Laura Louis bénéficie comme primes d'un stage à Médiapart, d'un bon d’achat de 200 euros à La Pléïade, des livres, d'un séjour au centre Pen, d'une tablette intelligente… Son message aux plus jeunes, même si elle se refuse l’étiquette de gourou de la réussite, est d’essayer de concrétiser leurs rêves car cela ne coûte rien, surtout qu’on y gagne quelle que soit l’issue.



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