Bayyinah Bello en tournée en Amérique du Nord avec son livre “Sheroes”

PUBLIÉ 2019-11-07


Du 2 novembre au 1er décembre, l’historienne Bayyinah Bello sillonne l’Amérique du Nord pour présenter son tout dernier ouvrage « Sheroes of the Haitian Revolution ». Pour l’historienne, cet ouvrage a pour principale vocation de rappeler que  les femmes, la majorité de notre population, ont participé à tous les niveaux à la révolution sans précédent qui a accouché de notre nation.

Il faut dès l’accroche de ce papier rendre hommage à Bayyinah Belo pour la constance dans ses  convictions qui ne sont pas toujours partagées par plus d’un dans notre contexte où la pensée unique triomphe. Elle n’a pas attendu que  le mouvement #metoo ou  l’ « Aforféminisme » connaissent le « hype », la tendance pour s’intéresser à nos héroïnes. « Je m’intéresse à l’histoire depuis plus de 40 ans. Et je pense que l’idée de rendre hommage aux femmes qui ont contribué à notre révolution sans pareille remonte à 30 ans ou plus », confie-t-elle.

En 1995, elle a réalisé un calendrier en leur honneur mais l’idée d’un ouvrage ne l’a point quittée. Tout en entreprenant autres choses, elle caresse le projet jusqu’à ce qu’elle croise le chemin de Frantz Derenoncourt, un autre passionné d’histoire comme elle qui est établi aux Etats-Unis depuis longtemps. C’est une homme qui compte plusieurs ouvrages se rapportant à l’histoire à son actif. A deux ils ont conclu à proposer 10 portraits de femmes qui ont contribué à notre révolution dont Marie Claire Heureuse Félicité BonheurDessalines, Toya, l’Agabaraya (guerrière) qui a élevé l’empereur Jacques 1er,  La lieutenant Sanite Bélaire…pour ne citer que celles-là.

« Pourquoi l’anglais  se questionneront certains du fait du positionnement idéologique de l’auteure en faveur du parler Haïtien ? ». « Parce, réplique-t-elle, le livre a été commandité par Frantz Derenoncourt (le publisher) pour le public anglophone dont il fait partie. En plus l’anglais est l’une de ces langues qui nous ont été imposées, elle a donc la valeur d’un véhiculaire qui nous  permet tout de même de raconter notre histoire sans pareille à nos frères et sœurs qui l’ont reçu en héritage ». Implicitement elle n’exclut pas l’idée d’une adaptation dans notre langue mais c’est un projet auquel elle pourra se consacrer après la tournée.

La tournée initiée à Atlanta le 2 novembre se poursuivra dans d’autres villes des Etats-Unis jusqu’au début de décembre. Elle passera par Miami, Brooklyn, Boston, New Brunswick, Silver Spring, Baltimore, Montréal mais aussi  Washington D.C qui a pour surnom “Chocolate city” parce que comme Altanta elle a une forte concentration d’Afro-descendants.

Une tournée couronnée de succès jusque-là. En effet, Bayyinah confie que jusque-là ça va. Les gens viennent nombreux se procurer du livre, poser des questions. Un professeur qui enseigne notre révolution là-bas lui aurait confié n’avoir pas pensé jusque-là à l’implication des femmes à la révolution. Ce dernier envisage donc d’instituer ce volet dans son curriculum tout en utilisant Sheroes comme ouvrage de soutien au cours. Une brésilienne lui propose la traduction lusophone et probablement une tournée dans son pays immense. Quelqu’un du Vénézuela prospecte de ramener Sheroes dans la langue de Cervantès. L e seul hic pou Bayyinah au milieu de tout ça c’est l’absence de la communauté Haïtienne à ces rencontres. « Il y a d’autres Caribéens, des Africains, des Afro-Américains mais pas d’Haïtiens. C’est une preuve de plus que ce sont surtout les Haïtiens qui sous-estiment la portée de ce que nos mères et pères ont fait hors de part le monde, c’est perçu comme inégalable » déplore l’historienne.

L’auteure souhaite que toutes celles et tous ceux qui feront l’acquisition de Sheroes participe de cette dynamique à faire connaître l’implication des femmes dans notre révolution qui a été pourtant occultée dans la plupart des ouvrages. « C’est une injustice selon moi que depuis plus de 200 ans on occulte volontairement la majorité de la population dans des ouvrages. Ce ne sont pas que des hommes qui ont fait 1804. Il y a eu des femmes, des enfants, des personnes âgées. Nous devons les honorer tous », explique-t-elle.

La plus prochaine dédicace de Sheroes est prévue pour le 9 novembre à midi à la Librairie Mapou à Miami, une adresse très prisée de la communauté Haïtienne dans le midi de la Floride.



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