Ruth Jean-Marie offre Haïti à Nike

PUBLIÉ 2019-11-06


Dans le cadre du programme « Nike By You x Cultivator », la compagnie Nike a lancé un concours sur le territoire américain en vue de retrouver des designers ayant une histoire à raconter. 37 designers-invités ont été retenus. Ce qui a donné 37 baskets Nike personnalisées en vente seulement pour une durée de 10 jours, parmi lesquelles la fameuse « Uprising ». Œuvre de la Haïtiano-américaine Ruth Jean-Marie, cette paire de baskets aux couleurs rouge, bleu, noir, or et vert a été inspirée de la révolution haïtienne lancée en août 1791. Ticket s’est entretenu avec la créatrice dont le produit s’est retrouvé en rupture de stock seulement 4 jours après avoir été mis en vente.

Présente-toi brièvement au public.

Mon nom est Ruth Jean-Marie. Je suis une femme Haïtienne née à Brooklyn et Haïti est au centre de tout ce que je fais. J’ai eu la chance de visiter le pays tôt dans mon enfance. Une grande partie de mon assiduité au cours de mes études de troisième cycle a été motivée par mon désir d’aider à résoudre les problèmes de développement en Haïti. C’est dans ce but que j’ai obtenu une maîtrise en affaires internationales de l’Université de New York. Je suis aussi une créatrice de manière générale. J’écris, je planifie des événements, je fais des retouches, je donne des consultations sur les questions de développement international et la mode… Je fais tellement de choses !

Parle-nous ce qui t’a incitée à participer à ce concours lancé par Nike ?

Pour être tout à fait honnête, je ne comptais pas y participer. J’ai vu l’affiche, je me suis dit que je n’allais pas être retenue, mais j’ai décidé de faire un essai quand même. Et j’ai gagné ! J’ai parlé de l’impact de la présence haïtienne à Brooklyn, comment notre culture s’allie aux autres cultures qui existent dans le quartier pour colorer ce dernier. Il y a des panneaux de rue qui portent notre nom. Nous avons certainement un impact sur le monde similaire à celui de la révolution haïtienne. Ce qui me motive en général, ce sont les réalisations de mes ancêtres. Une révolution comme celle-là n’a jamais été vue auparavant et cela me permet de savoir ce qui est possible. Alors, quand la question de la gratitude a été soulevée, c’était tout trouvé pour moi !

Pourquoi avoir choisi de mettre l’histoire d’Haïti en valeur parmi toutes les autres idées que tu aurais pu avoir ?

Comme je l’ai dit tantôt, Haïti est le centre de ma vie. Ainsi, à chaque fois que je me retrouve face à une opportunité quelconque ou que je suis traversée par une pensée créative, la première question que je me pose est comment arriver à y faire entrer Haïti. Je recherche comment le pays peut en bénéficier. Toutes les autres options que j’aurais pu avoir importent peu.

Avec quelles émotions tu as accueilli la nouvelle de ta sélection ?

En fait, il y a des photos de moi en train de lire le mail. Rires. J’ai été impressionnée. Il m’était difficile de croire que j’ai été choisie parmi des milliers de candidats. J’étais tellement excitée et heureuse !

Maintenant que la compagnie a commercialisé ton modèle, comment te sens-tu ?

Je me sens super bien ! Nous avons écoulé tout le stock en 4 jours et le sentiment est incomparable. J’ai l’impression d’être au bon endroit au bon moment, avec les bonnes opportunités et aussi les bonnes idées. Tout est tellement bien !

As-tu d’autres projets en tête ?

J’en ai beaucoup. Je lance une série sur le développement en Haïti. Je pense que le moment est venu de poursuivre la conversation, en particulier avec les manifestations qui se déroulent en Haïti en ce moment. J’ai également un projet de photographie que j’ai lancé l’année dernière dans lequel je commémore les récits d’Haïtiens. Je vais donc continuer à travailler sur cela et développer « The August Project », mon organisation qui vise la population de Léogâne afin qu’elle soit la plus efficiente possible.



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