Pasteur Jean Héder Petit-Frère critique le non engagement citoyen des protestants en Haïti

Publié le 2019-11-01 | lenouvelliste.com

« Beaucoup de nos frères  et sœurs ont manqué à leurs obligations », a declaré Jean Héder Petit-Frère vendredi sur Magik 9. Contrairement aux idées généralement admises par de nombreux protestants, le révérend fait remarquer que foi et engagement citoyen ne sont pas incompatibles.  Bien au contraire.  « Dieu est très intéressé à la ville, à la politique à l’Etat, a-t-il dit en citant le passage biblique Jérémie 29 le verset pour expliquer la nécessité pour les chrétiens de s’impliquer dans les affaires  de la cité. «  Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l’Eternel en sa faveur, parce que votre bonheur en dépend », précise le passage biblique. Pour Jean Héder Petit-Frère, il est clair que les chrétiens ont une responsabilité par rapport au pays. Ceux qui affirment ou croient le contraire et leurs seules actions se résument à prier pour le pays ont tout simplement mal interprété les paroles de la Bible, selon Jean Héder Petit-Frère.  

Le pasteur  a naturellement evoqué l’histoire pour expliquer le comportement des protestants qui  généralement veulent rester en dehors de la politique. «  En 1807 quand les premiers missionnaires sont arrivés en Haïti, le président Pétion qui les a reçus au palais national les avait fait injonction de ne pas s’immiscer dans la politique. Ils avaient accepté. Ces séquelles persistent », pense le pasteur.  

Concernant le président  Jovenel Moise dont une bonne partie de la population exige le départ, Jean Héder Petit-Frère a fait une analogie avec un père de famille. « En tant que père de famille, a-t-il avancé, ce qui arrive sous votre toit peut ne pas être de votre faute, mais ce sera toujours votre responsabilité ». L e président de la République ne fait pas assez preuve de leadership, selon Jean Héder Petit-Frère, en tenant compte de la mission du chef de l’Etat, de sa mission et de son devoir de protéger. La solution idéale ne se trouve ni dans le départ du chef de l’Etat ni dans son maintien. Mais entre deux maux, il faut considérer le moindre mal », recommande le révérend. Il signale que dans un système démocratique le peuple qui avait choisi un dirigeant sur la base de ses promesses peut lui demander  de corriger certaines choses ou de tirer les conséquences de son inconséquence.   

Il a par ailleurs critiqué les acteurs de l’opposition qui, dit-il, ne sont pas unis entre eux et qui ne mesurent pas les capacités de résistance de l’Etat. Il invite le chef de l’Etat ainsi que les membres de l’opposition à évaluer la situation. « On ne peut pas indéfiniment tirer sur la corde », selon Jean Héder Petit-Frère.

Alors que des responsables de l’église catholique  ont organisé une marche le 22 octobre dernier dans la capitale pour exiger que les choses changent en Haïti, la fédération protestante d’Haïti avait annoncé deux week-ends de prière pour implorer le pardon de Dieu en faveur du pays



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