Rapport WEF sur la compétitivité

Haïti parmi les économies les moins compétitives du globe

Le Forum économique mondial a publié, le mercredi 9 octobre 2019, son traditionnel Indice mondial de la compétitivité. Ce rendez-vous mondial annuel est très attendu du secteur des affaires et de l’investissement notamment. Sans surprise, sur l’ensemble des économies de la région Amérique latine et Caraïbes notées dans ce classement, Haïti arrive bon dernier et reste scotché au 138e rang mondial tandis que sa plus proche voisine, la République dominicaine, ne cesse d’améliorer son score de compétitivité, au point d’être classée numéro un dans la sous-région Amérique centrale en matière d’infrastructures de transport.

Publié le 2019-10-14 | lenouvelliste.com

Une fois de plus, Haïti n’a guère progressé en matière de compétitivité. Selon le dernier rapport «Global Competitiveness Report 2019» publié par le Forum économique mondial (WEF), le score du pays a régressé de 0,1 point, passant à 36.3 sur 100. Sur 141 pays, contre 140 dans l’édition 2018, Haïti occupe la 138e place dans le classement, devançant d’une courte tête la République démocratique du Congo (139e), le Yémen (140e) et le Tchad (141e).

Globalement, l'indice répertorie le paysage de la compétitivité de 141 économies à travers 103 indicateurs organisés en 12 piliers. Chaque indicateur, en utilisant une échelle de 0 à 100, montre à quel point une économie est proche de l’état idéal ou de la «frontière» de la compétitivité. Les piliers, qui couvrent des éléments socio-économiques généraux, sont les suivants: institutions, infrastructures, adoption des TIC, stabilité macroéconomique, santé, compétences, marché des produits, marché du travail, système financier, taille du marché, dynamisme des entreprises et capacité d’innovation.

En passant au peigne fin les performances de l’économie haïtienne, le rapport fait ressortir qu’Haïti éprouve bien des difficultés sur l’indicateur de la stabilité macro-économique (131e, avec un score de 60). Une position héritée notamment à cause de la mauvaise notation du sous-indicateur relatif à l’inflation (133e), un rang que le pays partage, toutefois, avec 88 autres pays. Haïti a fait également l'objet d'une piètre performance en ce qui concerne les institutions, pointant à la 139e place, avec un score de 31. La faute notamment à la sécurité (125e), la performance du secteur public (130e), les droits de propriété (140e), l’orientation future du gouvernement (141e) et la gouvernance d’entreprise (141e). Le pays fait aussi pâle figure en ce qui a trait au capital social (110e).

Haïti se défend très mal dans le développement du marché financier avec un 132e rang mondial très peu flatteur, à cause notamment de sa faible profondeur (137e), mais aussi de sa fluctuante stabilité (105e). De par sa taille de marché, Haïti est 131e mondial, tenant compte de l’importance de son PIB (131e) et des importations de biens et services rapportées au PIB (36e).

 Pour ce qui est des infrastructures, le pays est complètement à la ramasse (141e), une position due à l'état lamentable de l’infrastructure de transport (135e). Au moment où l’infrastructure des services ne lui vaut que la 141e place, tirée vers le bas notamment par la qualité de l’approvisionnement en électricité (124e), l’exposition à de l’eau potable insalubre (128e) et l’accès à l’électricité (131e). La fiabilité de l’approvisionnement en eau n’est pas mieux notée non plus par le WEF (141e).

Haïti arrive en 137e position pour l’efficacité du marché des biens, avec notamment une dernière place pour la compétition domestique (141e) et un aller-mieux dans l’ouverture commerciale (120e). Le dynamisme des affaires demeure catastrophique (141e), du fait des exigences administratives (141e) et de la culture entrepreneuriale (141e).

Sur la capacité d’innovation (139e), Haïti est totalement hors course dans le sous-indicateur Recherche et Développement (137e) et la commercialisation (131e). Par contre, le pays se défend sur les indicateurs relatifs à la santé (123e), à l’adoption des TIC (127e) et aux compétences (123e). Mais Haïti replonge dans l’efficacité du marché du travail où il est classé 129e. Ce marché reste caractérisé par une faible flexibilité (114e) et le manque de méritocratie et d’incitation (126e).

Ces piètres performances d’Haïti contrastent nettement avec celles des autres pays de la sous-région où par exemple, comme c’était déjà le cas l’année dernière, il y a environ 20 points d’écart entre le score de compétitivité globale de la République dominicaine (58,3) et Haïti (36,3).

La République dominicaine se classe au premier rang en termes d'infrastructures de transport par rapport aux pays de l'Amérique centrale en grimpant de 12 positions par rapport à l'année précédente, en étant 37e sur 141 pays dans le monde.

Globalement (considérant les 12 piliers évalués), la République voisine gagne encore 4 places à ce classement, passant de la 82e place à la 78e tandis que l’année dernière par rapport à 2017, elle a connu une ascension de 22 places (de la position 104 à la position 82). Haïti par contre marque le pas sur place avec ce 138e rang occupé depuis l'année dernière alors qu’en 2017, le pays n’était qu’à la 128e place.

Avec un score de 84,8, Singapour est l’économie la plus compétitive au monde en 2019, détrônant les États-Unis qui passent à la deuxième place. En Amérique latine et dans les Caraïbes, le Chili (33ème) est l’économie la plus compétitive du fait d’un contexte macroéconomique stable (1ère, avec 32 autres économies) et de l’ouverture de son marché (68 sur 100, 10ème) tandis que le Venezuela (133e) et Haïti (138e) ferment la marche.



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