Banj vandalisé, quinze startups dépouillées, des dizaines d’entrepreneurs mis à genoux

PUBLIÉ 2019-09-30


Depuis un certain temps, un peu partout dans le pays, des entreprises grandes ou petites accumulent les pertes. Lors des émeutes, elles sont vandalisées, pillées ou réduites en cendres ; souvent leurs produits sont dérobés sur le chemin de livraison. Le vendredi 27 septembre 2019, BANJ 2.0 a reçu son coup fatal. Si lors des événements précédents il n’y avait eu que de légers dommages comme des vitres cassées, cette fois-ci les assaillants ont frappé fort. « Ils ont tout saccagé. Ils ont tout emporté sur leur passage. Il ne reste plus rien sinon que le bâtiment, lui-même assez endommagé », relate le CEO de l’espace de travail partagé Marc Alain Boucicault ce dimanche après-midi, soit deux jours après la vandalisation de son entreprise jeune de deux ans.

Calme en apparence, Marc Alain affirme être remis de ce dernier choc, même s’il n’a pas pu constater les dégâts par lui-même. Prisonnier chez lui depuis quelques semaines suite à une fracture à la jambe, le convalescent qui doit rester à la maison sur ordre de son médecin a suivi en direct de sa chambre les premiers moments du pillage de Banj ! « Je les ai vus entrer et l’une de leurs premières actions a été de détruire toutes les caméras de l’espace », témoigne-t-il.

Selon ce qu’on lui a rapporté, ils étaient sur le point de mettre le feu aux bâtiments. « Sans l'intervention de la PNH, il ne resterait que les cendres de la maison du Pragmatisme. Heureusement, les forces de l’ordre sont arrivées à temps », a confié l’ancien président du groupe Echo. Banj est un espace de travail partagé et toutes les entreprises membres qui ont un bureau fermé dans l’espace sont tout aussi perdantes. Unity Studio, HaitiBrand, GBI, Cash Mobile, Tamy Services, Americares, Seven Pixels, Smart Fanm, Biojenix et d’autres startup logés à Banj ont perdu tous leurs matériels et sont désormais au pied du mur. La radio Banj FM, inaugurée il y a moins d’un mois, a été réduite à néant, le studio logé au deuxième étage du bâtiment sud n’a pas été épargné.

Loin d’être aimé de tous, le jeune entrepreneur reconnaît avoir le support d’un grand nombre de personnes. Cet incident m’a permis d’identifier beaucoup de gens qui appréciaient mon travail et qui sont prêts à m’aider à me relever », affirme-t-il, reconnaissant. Parmi elles, Christine NTim Soufrant. En effet l’instigatrice de Haïti Tech Summit a lancé la campagne #BringBanjBack sur Go Fund Me 24 heures après afin d’aider Banj et ses startups à se relever. Même si malheureusement des arnaqueurs ont tenté de faire leur beurre avec une autre collecte de fonds similaire. « L’authentique est celui lancé par Christine Souffrant via le lien https://bit.ly/2nzQppi », a précisé Marc Alain dans une publication sur Facebook afin que les internautes ne se fassent pas avoir.

Logé à delmas 66 depuis avril 2018, Banj a été lancé quelques mois auparavant au complexe Tropical à Pétion-Ville, soit en août 2017, par Marc-Alain Boucicault qui avait laissé son emploi à la BID pour matérialiser son rêve. Attirant bien des regards sur l’autoroute de Delmas, Banj 2.0 était le nouvel espace prisé des jeunes entrepreneurs et le lieu de rendez-vous des jeunes avec l’innovation. Toujours aussi motivé malgré ce gros coup, l’ancien Fullbrighter assure que Banj se relèvera bientôt. « Je n’abandonnerai pas de sitôt. Avant la fin de l’année 2019, Banj rouvrira ses portes », a promis le CEO qui explique également que des mesures de sécurité seront prises pour éviter des pertes à l’avenir.



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