Port-au-Prince et ses environs toujours sur le qui-vive…

Publié le 2019-09-24 | lenouvelliste.com

Ce mardi, les activités tentaient de reprendre dans divers endroits de la zone métropolitaine même si la grande majorité des écoles, les banques, l’administration publique ont gardé leurs portes fermées. L’aéroport international Toussaint Louverture est fermé pour 24 heures à cause d’un incendie. Certains marchés publics (Salomon, Nirvana, Fort-Sainclair, Ravine Pintade) ont fonctionné au ralenti. Mais la capitale haïtienne reste sur le qui-vive et la prudence est toujours de rigueur.

En fin d’après-midi, le lundi 23 septembre, des inconnus ont profité de la panique pour arnaquer et rançonner ouvertement  des passants sur la route de Delmas, dans les environs de Pétion-Ville, sur le boulevard La Saline. Téléphones cellulaires, argent, bijoux ont particulièrement attiré les lascars. Sous la menace des pillards, le commerce formel a gardé un profil très bas en maintenant ses rideaux baissés. Les commerçants ont sans doute à l’esprit les cas de pillage qui ont débuté à Pétion-Ville et des actes de vandalisme commis dans diverses artères de cette commune. Les entrepreneurs qui ont pignon sur rue sont particulièrement visés.  

Le mardi 24 septembre 2019, ceux et celles qui ont osé s’aventurer dans les rues couraient de grands risques. Quand ce n’est pas le crépitement des armes qui les surprend, les passants se font attaquer par des malfrats déguisés en manifestants. Des bandits ont profité du grand désordre pour se faire passer pour des militants et des manifestants afin de casser, voler, piller, incendier impunément les biens d’autrui.

Une bonne partie des stations-services demeurent fermées, interrompant ainsi la distribution de l’essence entamée en milieu de la semaine dernière après environ un mois de rareté. La situation sécuritaire y est certainement pour quelque chose. Des pierres et des immondices de plus en plus nauséabonds jonchent les rues de Delmas, de Port-au-Prince. La circulation paraît fluide à cause du peu de véhicules qui osent braver jets de pierres et barricades enflammées.

Les actes de rançonnement contre les passants dans certaines zones et même des automobilistes dans d’autres quartiers continuent de suivre leur cours sans que les malfrats ne soient inquiétés. Dans la plupart des cas les policiers cantonnés dans des points fixes comme à Delmas 33, 49 ou 69, à Lalue, au Champ de Mars abandonnent leurs lieux habituels, peut-être pour échapper à la fureur des manifestants qui n’épargnent presque personne.



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