Troisième jour de classe : déjà la tourmente

Publié le 2019-09-11 | lenouvelliste.com

La troisième journée de classe pour l’année scolaire 2019-2020 ne s’est pas terminée dans le calme. Elèves et parents ont connu leur premier épisode de frayeur en raison de la tension qui a régné dans la zone métropolitaine. Des élèves ont affronté leur peur en entrant chez eux. Ceux qui n’ont pas trouvé un transport en commun à cause de la rareté de carburant ont dû marcher à pied.

Sur le dos de sa maman, un garçonnet, élève du nouveau Collège Bird, transpire sa peur. Le visage de sa mère, en sueur, qui marche à fond de train, évitant les rues où la tension règne, n’est pas rassurant. Elle se montre forte, très forte mais elle tremble de peur autant que son enfant qui, à cet âge, sent que ça va mal.

Il est 14 heures 58. Des colonnes de fumée noircissent le ciel de Port-au-Prince. Des pneus enflammés sont observés partout… rue Magloire Ambroise, le long de la Grand-Rue, boulevard Harry Truman et bien d’autres encore, à quelques minutes de la séance de ratification de la politique générale du Premier ministre nommé, Fritz William Michel, attendu au Sénat.

Les élèves, des plus petits aux plus grands, ont bravé le danger pour gagner leur demeure. Au téléphone, une élève du lycée Fritz Pierre-Louis rassure un proche en lui disant qu’elle s’est réfugiée sur la place Sainte-Anne. La zone a l’apparence calme. Mais ses environs pestent l’odeur des pneus calcinés.

Une dame portant à bout de bras une élève lui explique qu’elle ne l’emmènera pas demain à l’école.  « Vu la situation d’aujourd’hui, on ne viendra pas demain. On verra pour la semaine prochaine ! ».

L’année scolaire commence déjà avec ses tourments pour les parents mais plus encore pour ceux en quête du pain de l’instruction. Ce mercredi 11 septembre, trois jours après l’ouverture officielle des classes, les élèves connaissent leur premier épisode de troubles. Ceci indique que tout calme à Port-au-Prince est épisodique.

Depuis les évènements « peyi lòk » en février dernier, la région métropolitaine est sur le qui-vive. Le train de l’insécurité n’a pas de frein. Vers les 15 heures (heure de renvoi des classes)  des tirs nourris ont été entendus à Martissant, provoquant une situation de panique. Les bandits de Grand-Ravine ont tenté de détourner un camion de marchandises.

Et s’ajoute la rareté de carburant

À l’insécurité grandissante vient d’ajouter la rareté de carburant comme problème auquel sont confrontés les élèves. « On a du mal à trouver un bus pour aller à l’école. Quand on en trouve, le chauffeur a augmenté les tarifs du transport », raconte Cassandra, une élève.

 Le journal a constaté ce mercredi que très peu de bus assurent le transport en commun dans les différents tronçons. On a même vu des élèves faire des trajets à pied. Intervenant à l’émission Rendez-vous économique animée par l’économiste Kesner Pharel et diffusée sur télé Métropole, le directeur du collège Catts Pressoir, Charles Guy Étienne, avait affirmé que la rareté de carburant a un grand impact sur le fonctionnement des écoles.



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