Dérives dans les médias : « Je sens que la corporation n’est pas assez solide pour stopper ces dérives », soutient Marie-Raphaëlle Pierre

A longueur de journée, on relève de nombreux cas de dérive dans le fonctionnement des médias dans le pays. Certains journalistes se livrent à toutes sortes de pratiques irrégulières qui déshonorent la noblesse du métier. Une situation qui est loin de plaire à d’autres journalistes dans le secteur. C’est le cas de Marie-Raphaëlle Pierre, directrice de l’information à Radio Ibo, qui était invitée lundi soir sur le plateau de l’émission «Haiti, sa k ap kwit sur la chaîne 20.  La journaliste dit sentir, malheureusement, que la corporation n’est pas assez solide pour stopper ces dérives.

Publié le 2019-09-20 | Le Nouvelliste

« Je n’ai pas dit qu’on va en finir d’un coup, mais elles (les dérives) sont réelles. Nous les vivons au quotidien », déplore la responsable de rédaction de Radio Ibo, Marie-Raphaëlle Pierre, consciente du danger que représentent un ensemble de dérives constatées dans la pratique du journalisme dans le pays.

Le moins qu’on puisse dire, c'est que le constat est plutôt déconcertant dans le secteur. Certains qui se font appeler journalistes monnayent leurs services dans les médias. Il y en a ceux qui sont appelés des « Machann mikwo ». D’autres se livrent à des pratiques de mendicité également dans l’exercice du métier. « C’est dommage, mais il faut le dire. C’est notre réalité », reconnaît Marie-Raphaëlle Pierre.

Marie Raphaëlle Pierre rappelle toutefois l’évidence selon laquelle des journalistes professionnels qui respectent les règles du métier souffrent beaucoup de ces cas de dérive. « A chaque fois que ces choses arrivent, cela nous affecte au niveau de la corporation », affirme la journaliste qui estime que les patrons et les associations de journalistes doivent poser le problème. Mais déjà, elle estime qu’il faut aborder la question dès la formation des journalistes (sans aucune pratique du métier). Quand la personne qui a passé plusieurs mois de formation est embauchée dans un média et trouve un micro comme analyste politique par exemple, sans aucune pratique préalable du métier, cela peut générer certains problèmes, croit la journaliste.

 Aux petits maux du secteur s’ajoute la question du salaire (souvent qualifiée de misérable ). A ce niveau, Marie Raphaëlle Pierre dit apprendre que certains  médias recrutent des étudiants des écoles de journalistes pour faire un stage au bout d’une période et les renvoient sans solde. Tout cela contribue, pour elle, aux dérives dans le secteur. Certes le problème du salaire est posé, mais cela ne donne pas carte blanche aux journalistes d’aller se compromettre jusqu’à ne pas pouvoir faire leur travail convenablement, a nuancé madame Pierre.  

Plus loin, Marie-Raphaëlle Pierre  souligne le manque de vigilance de l’État n’ayant pas de contrôle sur toutes les écoles de formation de journalistes qui pullulent sur le territoire. Elle en profite pour saluer, parallèlement, les efforts consentis par certaines institutions de formation de journalistes, notamment au niveau de la licence.

Et après leur formation, beaucoup de journalistes ne prennent pas le temps de maîtriser l’éthique professionnelle du métier ainsi que de cultiver un ensemble d’autres valeurs. C’est aussi là que se situe le problème, de l’avis de la journaliste.

A la question de savoir s’il faut une autorégulation du secteur ou une loi qui place des balises, la journaliste de Radio Ibo se veut prudente. « Il y a longtemps que nous parlons de l’autorégulation, mais nous n’y sommes pas encore arrivés. Nous avons beaucoup d’efforts à faire », estime celle qui, par ailleurs, ne croit pas qu’une loi va venir gérer le secteur. « Il y a beaucoup de lois dans le pays qui ne sont jamais appliquées. Est-ce une loi qui va changer notre manière de faire au niveau de la presse? », s’interroge-t-elle, évoquant néanmoins ce dilemme. Toutefois, là où elle n’en démord pas, c’est sur la question d’une loi sur l’accès à l’information que Marie Raphaëlle Pierre  croit importante pour le fonctionnement de la presse haïtienne.

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