Haïti et la Seconde Guerre Mondiale

Publié le 2019-09-04 | Le Nouvelliste

Introduction

Certains chapitres de l’histoire d’Haïti ne font pas beaucoup d’écho. Tel est le cas de la participation de notre pays aux deux guerres mondiales. A l’occasion des 80 ans du début de la Seconde Guerre Mondiale et des 74 ans de sa fin, il est de bon ton de revenir sur les faits inédits du rôle d’Haïti dans cette guerre.

La Seconde Guerre Mondiale s’est étendue du 1er septembre 1939 au 2 septembre 1945, et a donc duré 6 ans et un jour. Elle fut principalement enclenchée par l’expansion du nazisme en Allemagne, du fascisme en Italie et des exactions du Japon en Extrême-Orient. Ces 3 pays formaient ce qui fut appelé l’Axe, et face à eux se trouvaient les pays Alliés. En 1939 notre pays était en pleine période de l’après-occupation, et nos chefs d’état de cette période vouaient encore une obéissance aveugle aux Etats-Unis d’Amérique, devenue notre nouvelle Métropole aux dépens de la France. Donc il a fallu que les USA entrent en guerre avant que le gouvernement haïtien emboite le pas.

Quand Haïti déclara la guerre au pays de l’Axe

Le 8 décembre 1941, au lendemain de l’attaque de la base américaine du Pacifique Pearl Harbor par l’aviation japonaise, le Président haïtien Elie Lescot sollicita du Comité permanent de l’Assemblée Générale la permission de déclarer la guerre au Japon. Dans un câble adressé au président étasunien Franklin Delano Roosevelt (FDR), Lescot eut à lui affirmer que :

« Le Gouvernement et le Peuple Haïtiens, profondément indignés par la lâche agression japonaise dont ont été victimes des possessions américaines vous demandent de considérer que la République d'Haïti est totalement liée aux Etats-Unis dans une pareille conjoncture. Si pour des besoins militaires, quelques points ou lieux du territoire haïtien étaient nécessaires aux forces américaines, le Gouvernement Haïtien offre, une fois de plus, au Gouvernement des Etats-Unis tout son concours et accueillerait avec enthousiasme toute suggestion ou demande qu'il plairait à celui-ci de formuler.»[1]

Le 12 décembre 1941, Lescot fit la même demande pour cette fois-ci déclarer la guerre à l’Allemagne et à l’Italie, «Considérant que l’étroite solidarité existant entre Haïti et les Etats-Unis d’Amérique du Nord exige que la République d’Haïti pose nettement les actes nécessités par les circonstances actuelles». Bien qu’affirmant dans sa proclamation au peuple haïtien que déclarer la guerre au Japon, à l’Allemagne et à l’Italie n’étaient pas des actes symboliques, Lescot exprima clairement que c’était un geste de solidarité envers «Notre grande Amie, la République des États-Unis de l’Amérique du Nord», tout en rappelant que «La cause des États-Unis d’Amérique, - et je ne cesserai jamais de le répéter, est la nôtre et doit être celle de tout le Continent Américain.»[2] Ces passages démontrent clairement l’obédience du gouvernement de Lescot envers le gouvernement américain. Les arrêtés sur la déclaration de guerre à l’Allemagne et à l’Italie furent publiés trois jours après, soit le 15 décembre 1941[3] Le même jour un crédit extraordinaire de cent mille gourdes fut ouvert au Département de l’Intérieur à partir des fonds du trésor public.[4] Le 24 décembre 1941 sortit l’arrêté de déclaration de guerre à la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie.[5] La doctrine de Monroe n’a jamais autant imprégné la politique haïtienne, jusqu’à même s’attaquer aux Allemands et Italiens du pays.

La persécution des Allemands et Italiens d’Haïti pour le grand plaisir d’Oncle Sam

Le décret-loi du 5 septembre 1941 publié dans le journal officiel Le Moniteur allait relancer les mêmes hostilités de la Grande Guerre contre les ressortissants allemands et italiens. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, une campagne de persécution commanditée par les Etats-Unis d’Amérique fut enclenchée dans toute l’Amérique latine et la Caraïbe. Une Liste des Nationaux Bloqués du président américain Franklin Delano Roosevelt, également connue sous le nom de FDR issued Presidential Proclamation 2497, fut promulguée le 17 juillet 1941. Elle fit l’inventaire de toutes les entreprises allemandes, italiennes et japonaises de l’Amérique Latine et la Caraïbe devant être séquestrées. Pour Haïti figuraient 19 entreprises et individus allemands et 4 entités italiennes.[6]

Un arrêté du gouvernement haïtien en date du 8 septembre 1941 allait mettre en application sur le sol haïtien cette chasse aux sorcières commanditée par l’Oncle Sam. Des ressortissants allemands et italiens du pays furent internés au Pénitencier national ou au Fort National. Par le décret-loi du 17 décembre 1941, les biens mobiliers et immobiliers des ressortissants des pays ennemis (l’Allemagne, l’Italie, le Japon, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie) furent mis sous séquestre et leurs entreprises liquidées, la fonction de séquestre-liquidateur étant assurée par la Banque Nationale de la République d’Haïti. Le décret du 15 juin 1942 permit par la suite au gouvernement de Lescot d’utiliser les valeurs générées par ces opérations pour les besoins de la défense nationale. Le 16 octobre 1942, la liste noire fut allongée, faisant passer de 19 à 52 les individus et entreprises allemandes ciblées, et de 4 à 21 les entités italiennes. La liste actualisée ne fut publiée que le 16 septembre 1943 par communiqué officiel pour cause d’omission. [7]

La série de correspondances entre M. Charles Fombrun, Ministre haïtien des Relations Extérieures, et le chargé d’affaire allemand, Dr Walter Kämpfe, réitéra cette obéissance totale du gouvernement d’Elie Lescot au gouvernement américain. En effet, dans sa dernière lettre au diplomate allemand qui contesta l’orientation pro-américaine de la diplomatie haïtienne, Fombrun cita comme confirmation ce passage du discours du Président Lescot prononcé lors de son investiture, le 15 mai 1941:

«Aux heures angoissantes que vit actuellement l’Humanité, il n’est pas possible à aucune Nation de jouer un rôle indécis. Il faut que le Monde entier sache que la République d’Haïti entend marcher dans une union parfaite avec ses vingt Républiques sœurs de ce Continent et il convient de proclamer avec la force d’une profession de foi que notre sort est profondément lié au sort des États-Unis d’Amérique. J’entends donc que notre politique internationale soit le reflet sincère et fidèle de la politique internationale de notre généreuse et puissante voisine.»[8]

Pendant que le gouvernement haïtien menait une lutte acharnée contre les Allemands et Italiens du territoire, dont la plupart étaient devenus Haïtiens par naturalisation ou parce que leur mère était haïtienne, il se permit également l’aller à la rescousse des Juifs de l’Europe. Un geste a priori noble mais teinté d’arnaques et de scandales pécuniaires.

L’accueil des Juifs d’Europe en Haïti : entre aide humanitaire et arnaque

Les premiers Juifs d’Europe arrivèrent apparemment en Haïti au cours de l’année 1938, sous le gouvernement de Sténo Vincent. Ils purent s’y installer en vertu de la loi du 3 mars 1937 sur le séjour des étrangers dans le pays. Une telle option de fuite vers Haïti allait être rendue plus accessible avec le décret-loi du 29 mai 1939 amendant l’article 1 de celui du 29 novembre 1937 sur la naturalisation. Le décret-loi du 29 mai 1939 vint ajouter à cet article 1 que les agents diplomatiques et consulaires haïtiens, après autorisation du Secrétaire d’État des Relations Extérieures qui aura lui-même obtenu la décision favorable du Conseil des Secrétaires d’État, pouvaient recevoir en dehors du pays le serment de tout étranger désireux de se naturaliser, après justification de leur intérêt pour le développement du pays.[9] Grâce à cette dernière disposition, les Juifs d’Europe purent obtenir in absentia la nationalité haïtienne, principalement à travers les consulats d’Haïti à Bruxelles, Genève, Hambourg, Londres, New York, Paris, au Havre, à La Havane, Kingston et Ciudad Trujillo (ancien nom de Santo Domingo). Le décret-loi du 31 juillet 1939 vint mettre en contexte cette demande pressante de naturalisation par les Juifs d’Europe, en définissant leur statut de réfugié, leurs droits et devoirs, et les nouvelles mesures de sécurité devant être prises en conséquence par les autorités haïtiennes.[10] Ce fut la troisième alternative des Juifs pour se rendre en Haïti. S’enchaînèrent une série de décrets-lois amendant le décret-loi du 29 mai 1939 en augmentant à chaque fois les frais de naturalisation.

Au total, 129 Juifs obtinrent la nationalité haïtienne grâce au décret-loi du 29 mai 1939 et ses amendements. La nationalité d’origine de la majorité d’entre eux ne fut pas mentionnée. Ceux au passé moins trouble étaient néanmoins originaires d’Allemagne, d’Autriche, de la Russie, la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. Cependant ils étaient tous appelés Autrichiens, en témoignent les articles contemporains des quotidiens Le Nouvelliste et Le Matin sur cette immigration juive. Selon les archives de la American Joint Distribution Committee (JDC) datant de 1938, environ 150 à 300 Juifs en provenance de l’Europe de l’Est atteignirent Port-au-Prince avant que le trafic ne fût rendu impossible par l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale.[11] Face à la difficulté de réaliser des enquêtes fiables sur lesdits réfugiés en raison du contexte de guerre, le gouvernement haïtien jugea bon, par un nouveau décret-loi en date du 15 janvier 1940, de rapporter le décret-loi du 29 mai 1939, et d’élever la taxe de naturalisation[12]. Des mesures plus drastiques furent également prises.

Loin d’être une œuvre humanitaire désintéressée, la migration de ces Juifs plus ou moins fortunés était perçue par le gouvernement haïtien comme un moyen d’aider à combler les déficits du Trésor public haïtien.[13] En effet, le préambule du décret-loi du 30 octobre 1940 réitéra que de telles dispositions furent prises dans le but d’«assurer plus efficacement la sécurité publique et d’augmenter les revenus du fisc».[14] Un compte spécial dénommé « Dons des naturalisés » fut créé à cet effet à la Banque Centrale (BNRH), et l’unique rapport sur ce compte fut publié le 30 juin 1940. A ces 585.194,05 gourdes contenues dans ce compte spécial furent ajoutés 34.500 gourdes provenant des dons volontaires de personnes naturalisées haïtiens avant le décret-loi du 29 mai 1939. 456.505,39 gourdes de la somme totale auraient été dépensées pour l’aménagement de bibliothèques, d’asiles et d’autres travaux d’utilité publique à Saint-Marc, Jacmel, aux Cayes, à Port-au-Prince, Jérémie, au Cap-Haitien et à Port-de-Paix.[15] Ce manque de transparence porte à croire que les fonds prélevés furent dépensés dans des conditions douteuses.

Entre le 1er juin 1939 et le 31 décembre 1941, l’on dénombra dans Le Moniteur 9 entreprises vraisemblablement fictives, créées dans le but de respecter le décret-loi du 22 juillet 1939 exigeant la preuve que les Juifs naturalisés étaient disposés à investir dans l’économie haïtienne, particulièrement dans le secteur agro-industriel.[16] Cette pratique permit à des Juifs plus fortunés de placer en lieu sûr leurs capitaux sous le couvert de leur nationalité haïtienne. Ceci fit vraisemblablement l’affaire d’avocats et d’hommes politiques haïtiens cités dans leur acte de constitution, jouant le rôle de prête-noms. Les amendements répétés de décrets sur la question juive de 1939 à 1941 firent augmenter de façon considérable les frais de naturalisation, suggérant que l’état haïtien transforma cette campagne d’aide humanitaire en une vaste arnaque visant à soutirer de l’argent aux Juifs de la Shoah, dont la majorité ne comptait pas vraiment s’installer en Haïti, en réalité pays de transit vers les Etats-Unis.

Elie Lescot, successeur de Sténio Vincent à la présidence d’Haïti, ne voyait pas d’un bon œil la naturalisation in absentia de 1939 et œuvra durant son mandat pour éliminer ses effets passés. Il exprima clairement sa position sur la migration juive dans un communiqué en date du 29 octobre 1940 à son Secrétaire d’Etat de l’Intérieur. Par un décret-loi en date du 3 juillet 1941, son gouvernement établit qu’un étranger ne pouvait prétendre à la naturalisation qu’après dix ans de résidence. Lescot ordonna que toute demande de naturalisation fût mise en sursis, ce qui fut assuré par un avis de la Secrétairerie d’État de la Justice en date du 30 octobre 1941.[17] Le décret du 4 février 1942 exigea aux étrangers naturalisés Haïtiens, mineurs et majeurs, de rentrer au pays dans les six mois suivant sa publication, sinon ils seraient déchus de leur qualité d’Haïtien, avec effet rétroactif.[18] Le décret du 5 août 1942 vint consolider le précédent en déclarant déchu tout étranger n’ayant pas pu prouver son apport substantiel au développement du pays.[19] La liste des Juifs déchus de la nationalité haïtienne et de ceux qui l’ont gardée fut publiée le 3 décembre 1942 dans un communiqué du Département de la Justice. Sur les 134 Juifs qui obtinrent la nationalité haïtienne, seulement 13 purent la conserver.[20] Cependant rien ne fut mentionné sur la restitution des biens de ces Juifs dénaturalisés.

Les hommes de guerre nés sur le sol haïtien

Il y eut des natifs d’Haïti dans les deux camps des grands protagonistes de cette Seconde Guerre mondiale:

Côté allemand, le cas d'Eduard Voigt, petit-fils de Carl Gosche Voigt qui fut consul d’Allemagne en Haïti, est le seul documenté. Né en Haïti le 19 février 1900, Eduard Voigt quitta Haïti à neuf mois d’âge. Il fut pilote de l’armée nazie et mourut le 19 mai 1940 dans un combat aérien à Meaux, en France. Un télégramme de la Croix Rouge allemande précisa qu’il mourut à la suite d’une plaie par balle au thorax.[21] Côté italien, citons Leone Riccardi, né en Haïti le 13 décembre 1916 et qui s’enrôla dans l’armée italienne durant cette guerre. Selon les archives du ministère italien de la défense, Riccardi mourut en Russie le 26 mars 1943.[22]

Sept Haïtiens ou Franco-haïtiens sont morts pour la France durant cette guerre selon les archives françaises : Robert Marie Michel de la Myre Mory, Louis Frédéric Henry Heyne, Nicolas Lebrun, Charles Luc Albert Miot, Alexandre Phillipe Pasquis, Georges Henri Numa Revest et Claude Reginald Kieffer.[23] Ce dernier, né à Port-au-Prince le 7 septembre 1923, fut exécuté sommairement par des soldats allemands le 25 août 1944 à Villeneuve Saint-Denis, en France. Son père Philippe Kieffer, né à Port-au-Prince le 24 octobre 1899 de parents français originaire d’Alsace, fut parmi les héros de guerre pour avoir créé les premiers commandos de la marine française qui participèrent au débarquement de Normandie aux côtés des Alliés le 6 juin 1944. [24] Philippe Kieffer mourut en France le 20 novembre 1962.

N’oublions pas les cinq Haïtiens qui furent cantonnés dans la base aérienne de Tuskegee, en Alabama : Ludovic Audant, Philippe Célestin, Raymond Cassagnol, Nicolas Pélissier, Alix Pasquet et Eberle Guilbaud. Ils furent envoyés par le gouvernement haïtien en 1943 dans la base navale de Tuskegee pour intégrer après leur formation le corps d’aviation de la garde d’Haïti, créé par le décret du 16 octobre 1942.[25]

Les retombées diplomatiques pour Haïti et la fin de la déclaration de guerre

Sur le plan diplomatique, cette obédience du gouvernement de Lescot porta ses fruits quand Haïti obtint finalement son premier ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Haïti. Un avis en date de 23 mars 1943 annonça l’élévation des légations américaines de la région au statut d’ambassades. John Campbell White, nommé le 29 novembre 1940, et installé en Haïti depuis le 14 mars 1941, fut promu au grade d’Ambassadeur et Ministre Plénipotentiaire. Il remit ses lettres de créance à ce titre le 14 avril 1943. Le gouvernement haïtien rendit la pareille en élevant son représentant à Washington, M. André Liautaud, au même rang que son homologue américain. Liautaud remit ses lettres de créances en tant qu’ambassadeur le 4 mai 1943.[26]

Le 8 septembre 1943, la capitulation de l’Italie, signée depuis le 3 septembre par le maréchal Pietro Badoglio, nouveau chef du gouvernement italien, fut célébrée au Champ-de-Mars par le défilé d’une impressionnante retraite aux flambeaux animé par deux corps musicaux. Les Italiens internés au fort National durant la période de guerre furent remis en liberté.[27] Par un communiqué du Sous-Secrétariat d’Etat à la Présidence daté du 31 mars 1944, les noms et entreprises d’Italiens de la liste noire du 16 octobre 1942 en furent rayés.[28] Cependant les décrets du 25 février et du 28 mars 1944 déclarèrent biens de l’Etat haïtien tous les biens meubles et immeubles mis sous séquestre en vertu du décret-loi du 18 décembre 1941.[29] Dans un communiqué datant du 26 octobre 1944 et publié dans le Moniteur du 2 novembre 1944, le gouvernement haïtien fit part de sa décision de renouer les relations diplomatiques avec l’Italie.[30] Elles furent finalement rétablies le 12 août 1947.[31]

Le 7 mai 1945, à l’annonce de la reddition inconditionnelle de l’Allemagne nazie, Port-au-Prince tout entière exulta de joie. En signe de solidarité aux Alliés (Les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie), la journée du 12 mai 1945 fut déclarée fériée par un arrêté datant du 9 mai.[32] Lescot envoya à Churchill, à Roosevelt, au Général de Gaulle et à Staline une correspondance réitérant la joie du peuple et gouvernement haïtien suite à la capitulation de l’Allemagne nazie.[33]Des manifestations comme un Te Deum, une tournée présidentielle et des bals dans les grands cercles de Port-au-Prince marquèrent la fin de cette guerre.[34] Suite à la signature de la capitulation du Japon le 2 septembre 1945, des câblogrammes furent échangés entre Elie Lescot et Harry Truman, puis entre Gérard Lescot, secrétaire d’Etat des Relations Extérieures et James F. Byrnes, Secrétaire d’Etat américain.[35]

Ainsi prit fin la Seconde Guerre Mondiale pour la République d’Haïti. Une guerre dont la participation symbolique a coûté cher au pays. Dans un article paru dans le Nouvelliste en 1947, les ministres Gaston Margron et Georges Honorat du président Dumarsais Estimé, convoqués par la chambre des députés, eurent à informer que les efforts de guerre ont couté 20 millions de dollars à l’Etat haïtien. 1.5 millions de dollars ont pu être générés à partir de la liquidation des biens allemands séquestrés. Un huis-clos fut demandé lors de cette séance pour donner les explications plus précises à la commission chargée d’enquêter sur les actes du gouvernement de Lescot durant la Seconde Guerre Mondiale.

Conclusion

Au-delà de tous ces faits historiques présentés prouvant le rôle d’Haïti dans la Seconde Guerre Mondiale, l’on peut déduire que huit décennies après, la politique haïtienne n’a nullement changé. Tout comme lors de la première guerre mondiale, le gouvernement haïtien s’est inconditionnellement aligné du côté des Etats-Unis d’Amérique lors de la seconde. Que le pays soit sous occupation ou non, il y a eu de tout temps, surtout depuis 1915, cette obédience aveugle des Etats-Unis d’Amérique. Notons également cette utilisation abusive du pouvoir par nos dirigeants pour s’enrichir aux dépens de la misère des autres, Haïtiens ou étrangers, et des états d’urgence, tout en mettant en avant leur fausse bonne foi. 

Dr Joseph BERNARD jr

Courriel : joeben2ht@yahoo.com

Pour lecture complémentaire :

Bernard, Joseph jr, "Histoire de la colonie allemande d'Haïti". Port-au-Prince : Imprimerie Henri Deschamps, 1ere Edition 2009, 2e Edition 2011

Bernard, Joseph jr, "Histoire de la colonie italienne d'Haïti". Port-au-Prince : Editions Henri Deschamps, 2012

Bernard, Joseph jr, "Histoire juive d'Haïti". Port-au-Prince : Editions Henri Deschamps, 2012

[1] Bulletin des lois et actes, 15 mai 1941- 15 septembre 1942, p. 323-325.

[2]  Ibid., p. 335.

[3] Le Moniteur. Année 1941, édition du 15 décembre, p. 849 ; Bulletin des lois et actes, 15 mai 1941- 15 septembre 1942, p. 333-334.

[4] Bulletin des lois et actes, 15 mai 1941- 15 septembre 1942, p. 336-337.

[5] Ibid, p. 350-352.

[6] The Proclaimed List of Certain Blocked Nationals, p. 37-38.

[7] Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1943-15 septembre 1944, p. 10-12.

[8] Bulletin des lois et actes, 15 mai 1941 – 15 septembre 1942, p. 4, 102.

[9] Le Moniteur, année 1939, p. 355 – 356.

[10] Le Moniteur, année 1939, édition du 3 août, p. 505-506.

[11] Rebecca Anna STOIL, A look into Haiti’s tiny Jewish community. Jerusalem Post: https://www.jpost.com/Features/In-Thespotlight/A-look-into-Haitis-tiny-Jewish-community

[12] Le Moniteur, année 1940, édition du 22 janvier, p. 50-51.

[13] Georges CORVINGTON, Port-au-Prince au cours des ans. La ville contemporaine. 1934-1950, p.39.

[14] Le Moniteur, année 1940, p. 581 – 583.

[15]  Ibid., p. 420 – 421.

[16] Le Moniteur, année 1939, p. 481 – 482.

[17] Bulletin des Lois et actes, 15 mai 1941-15 septembre 1942, p. 289.

[18] Ibid, p. 439-441. 

[19] Ibid, p. 676-677.

[20] Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1942-15 septembre 1943, p. 154-155.

[21] Archives de feue Maryse von Lignau ; Gräbersuche Online : https://www.volksbund.de/graebersuche.html

[22] Banca dati dei Caduti e Dispersi della 2ª Guerra Mondiale: https://www.difesa.it/Il_Ministro/ONORCADUTI/Pagine/Amministrativo.aspx

[23]Mémoire des hommes. Base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/militaires_decedes_seconde_guerre_mondiale/resus_rech.php

[24] Le Maitron dictionnaire biographique : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article191508

[25] Tuskegee Airmen Heritage: http://taheritage.org/tuskegee-airman-history/; Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1942-15 septembre 1943, p. 58-59.

[26]  Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1942 – 15 septembre 1943, partie annexe, p. 18-24.

[27] Georges CORVINGTON, Port-au-Prince au cours des ans. La ville contemporaine. 1934-1950, tome VI, p. 54-55.

[28] Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1943-15 septembre 1944, p. 396-398

[29] Ibid, p. 458

[30]. Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1944-15 septembre 1945, p. 88.

[31] Bulletin des lois et actes, 18 août-31 décembre 1947, p. 70-72.

[32] Le Moniteur, 10 mai 1945

[33] Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1944-15 septembre 1945, p. 508-510.

[34] Georges CORVINGTON, Port-au-Prince au cours des ans. La ville contemporaine. 1934-1950, p. 67-68.

[35] Bulletin des lois et actes, 15 septembre 1944-15 septembre 1945, p. 795, 803-804

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