A ïoli restaurant/26/7/10/ ambiance latine

Détente et nostalgie avec « Salsa de aqui»

Publié le 2019-08-06 | Le Nouvelliste

Roland Léonard

Les serveurs s’approchent des tables, prennent les commandes, les exécutent et les rapportent dans un va-et- vient régulier. L’affluence, sans être grande, est satisfaisante ce soir. Les dineurs bavardent, mangent, consomment d’agréables spiritueux et de savoureux cocktails, tout en jouissant de la bonne musique écoutée. On danse même par moments sur une piste grise et carrée, affectée à ce besoin. Le bar bien achalandé est au fond à l’ouest.

À l’est se tient une petite formation remarquable dès qu’on descend l’escalier : un quintette de cinq bons musiciens. Le combo existe depuis dix ans déjà. C’est sa deuxième prestation dans ces lieux. Sa spécialité, c’est l’animation dans les grands bars-restaurants à clientèle cosmopolite, ouverte à l’appréciation des musiques de tous horizons. C’est «Salsa de aqui» qui se spécialise, comme son nom l’indique, dans la musique afro-cubaine et latine en général ; avec des ouvertures sur la musique de danse haïtienne et d’ailleurs.

«Salsa de aqui»… y mas. C’est : Emmanuel Valcin (guitare électro-acoustique) ; Mackenson Joseph (claviers et piano électrique) ; Philippe Augustin (guitare-basse) ; Johnson Siméon (congas et chant) et l’excellent chanteur latin taillé pour la fonction, Jorge Tomas Milan Milanes («guiro», également).

J’apprécie la version latine, mélange de bossa-nova lente et de «son» de l’excellente chanson de Billy Joël « Just the way you are». Jorge Tomas Milan le chante avec goût.

Le groupe est bien amplifié, par une sono centrale, console à manettes avec technicien affecté ; micros et amplificateurs, haut-parleurs. Le répertoire est constitué de morceaux solides, «retro» et pleins d’évocations nostalgiques. Certains ont passé brillamment l’épreuve du temps : classiques à leur manière.

« El reloj», ce boléro plein de mélancolie et de chagrin est incontournable. L’ombre du chanteur-guitariste portoricain aveugle, José Féliciano, passe dans l’assistance. Jorge Tomas Milan nous a émus avec sa bonne voix et sa sensibilité.

On écoute peu après un excellent « son» cubano, construit sur une suite d’accords circulaire, répétitive, dans le ton mineur : « El chanchan» très connu, savoureux. Appels du chanteur et échos du chœur des musiciens, dans la tradition du genre. Il y a les bons solos et commentaires du guitariste et du claviériste.

Sans désemparer, dans le même moule, on enchaîne avec « Hasta siempre commandante», dédié à la mémoire du héros et guérillero Ernesto « Che» Guevara, tombé en Colombie, en octobre 1967. Bel hommage au «Che commandante». Les mêmes solistes se distinguent dans ce morceau.

Le chanteur latin se retire, prend une pause. De son lieu étant, le congaïste et tambourineur chante assez bien dans ses micros : « Konfyans» de Dòdòf Legros avec son « mambo» et refrain en «4 carrés»; «Laiza» ou «Benita», meringue lente des «charmeurs du Cap» qui vire au konpa avec « Map marye avè w», genre ensemble sélect de Coupé-Cloué ; avec un solo de guitare-type, assez évocateur de cette formation. Johnson Siméon se débrouille assez bien au chant.

Jorge Tomas Milan reprend du service avec l’excellent cha-cha « el bodeguero», nous rappelant les versions de l’orchestre Aragon et de Nat King Cole.

Sur demande, accompagné de l’ensemble, il chante l’excellent « son » «Moliendo Café », inoubliable et inévitable dans une soirée latine. En mineur, pittoresque.

Le chanteur et l’ensemble nous font encore la faveur de la célèbre chanson « Los aretes de la luna», boléro plein de poésie. Traduire en français: « Les boucles d’oreille de la lune». Morceau bien charpenté dont la structure évoque sensiblement un AA’BA’. Le pont B très imposant est une modulation ; art perdu, ignoré des nouvelles générations fascinées par le simplisme commercial.

Le groupe nous fait une fleur, à notre grande surprise : Nous sommes invité à chanter «Saint-Thomas» de Sonny Rollins avec les paroles françaises de Claude Nougaro. L’assistance étonnée et charmée applaudit.

On enchaîne avec «Blue bossa» de Kenny Durham, version bossa-nova lente. Morceau instrumental commenté par la guitare, le piano, la basse.

Nous jetons l’éponge par la suite et disons au revoir au bon groupe «Salsa de aqui».

Sabor ! Sabrosòn !

Roland Léonard Auteur

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