Quand la COPAH lance le cri d’alerte au re-routage de la politique internationale envers Haïti

Publié le 2019-07-22 | Le Nouvelliste

Par Jean Laforest Visene de Lyvia Tulce

La Conférence des pasteurs haïtiens (COPAH) vient de fronder dans sa récente correspondance à l’ambassadeur des États-Unis en poste en Haïti, Michelle J. Sison, dont copie est adressée à : Core Group, représentant des Nations-unies en Haïti, Délégation de l’Union européenne en Haïti, représentant de l’OEA en Haïti, Nonciature apostolique en Haïti, représentant de la CARCOM. Le ton exprime une amertume, un mécontentement, une interprétation du discours cliché et d’approche de l’international qui n’aide pas suffisamment à bâtir en Haïti une vraie démocratie. Oui, de la COPAH ! Pourtant, dans la littérature sociologique d’Haïti, le protestantisme nous est souvent rapporté comme une religion d’importation américaine et de ce fait, est considéré comme distant des causes proprement haïtiennes et il manquerait d’engagement fort, pour ne pas dire resterait passif, trop théologisant sur les choses sur des questions qui touchent l’intérêt supérieur de la nation. Cette réaction, la seule, jusqu’à présent, publique d’un collectif national, avec ce positionnement clair, une critique argumentée qui donne la parure d’un protestantisme bien ancré dans l’âme haïtienne, vêtu d’un d’une parure « endogénique » frappante.

Cet article vise à :

 Commenter quelques-unes des parties fortes de la correspondance en essayant de dégager les significations du contenu de la lettre ouverte de la COPAH au regard des traits caractéristiques de l’Haïtien ;

Faire des observations sur l’image projetée par un groupe d’haïtiens à l’international  tout en émettant des opinions personnelles sur certaines considérations de la correspondance ;

Faire des recommandations pour la clarification des soupçons de fautes pénales qui auraient impliquées le pouvoir de Port-au-Prince.

Bien avant toutes avancées sur la correspondance des. leaders de la COPAH qui viennent de lancer une alerte respectable, exigeant un regard à perspective macro sur l’ensemble social haïtien au lieu de celui étriqué, permettez-moi, de placer quelques préalables à mes interprétations et commentaires.

En guise de préalables aux interprétations et commentaires

Selon l’esprit de la correspondance la COPAH, il s’agit d’une réaction aux propos tenus par l’ambassadeur américain en Haïti, lesquels seraient tenus au cours de la célébration de la fête de l’indépendance des États-Unis d’Amérique cette année. J’avoue, je n’ai pas pu trouver des documents me permettant de valider les remarques, au titre d’intervention de l’Ambassadrice, afin de vérifier l’exactitude de ses propos, par rapport aux réactions et argumentaires de la COPAH. J’ai essayé, en vain, d’en trouver par le biais de mes contacts en Haïti et par le biais des réseaux sociaux. Je me réserve le droit de revenir sur mes commentaires, si je parviens à des informations contradictoires en termes de propos tenus par le destinataire de la lettre de la COPAH. Je voudrais souligner aussi que mon regard et mon appréciation est intéressé en tant que citoyen haïtien. Car, comme tout citoyen haïtien, attaché à son pays, préoccupé par les moments difficiles, subissant les effets de cette Haïti devenue un repaire de bandits et de corrompus, c’est mon droit d’être intéressé aux choses haïtiennes. D’ailleurs, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH/1948), le Pacte International relatif aux droits civils et politiques (PIrDCP), adopté le 19 décembre1966 par l’Assemblée générale des Nations unies AGNU), dont Haïti s’y est adhérée le 6 février 1991, de la Constitution haïtienne de 1987 /amendée et d’autres instruments juridiques, me confèrent ce droit en tant qu’Haïtien.

Je m’arroge de droit d’interpréter les significations de la réaction de la COPAH et aussi de formuler des commentaires sur la base de certains repères et compréhension de ce qu’on appelle « l’haïtianité .» Au bénéfice du doute que la réaction, se base sur les faits du contenu du discours tenu par l’Ambassadrice en cette occasion indiquée, mon avis général sur cette correspondance est que la réaction est correcte et compréhensible. Elle mérite d'être lue et relue, non seulement par des haïtien eux-mêmes, mais surtout par les entités partenaires internationaux d’Haïti. Car, cela pourra leur permettre de comprendre et travailler davantage sur leur image et prendre en conséquence des dispositions pour son amélioration au bénéfice de bons résultats de la coopération avec le pays. La lettre de la COPAH doit être appréciée et saluée pour ce qu’elle représente dans ces moments critiques que traverse le pays. Permettez-moi de souligner que je ne suis pas de la chrétienté (protestant ou catholique). Mais, comme nationaliste, autonomiste et défenseur des libertés, je crois que cette position de la COPAH métrite d’être applaudie sous les réserves indiquées plus hauts.

Possibles significations de quelques contenus la lettre au regard des traits caractéristiques de l’Haïtien

Cette lettre ouverte, intitulée « Lettre ouverte de la conférence des pasteurs haïtiens a l’ambassade des États-Unis », paru dans le journal Le National, en date du 9 juillet 2019, sous la plume du Pasteur Ernst Pierre Vincent,  va, brusquement, à contrario de la caricature du protestantisme, ci-dessus, qui selon moi, commençait à s’émancipé depuis l’engagement de certains leaders protestants dans la vie politique et démocratique en Haïti.  A n’en pas douter, le Fameux Pasteur Sylvio C. Claude en est l’illustre exemple. A lire la correspondance, on image les termes en entendant l’écho d’une voix, transcrivant l’émoi haïtien qui retentit haut et fort et qui crie : « Assez, assez, on en a assez ! Nou bouke, e nou vrèman bouke ! » Certainement, le comble du feuilleton Petro Caribe, démarré au début de l’année 2018, est l’indice de compréhension et donne tout son sens et des valeurs à cette position institutionnelle. Signalons qu’avant cette lettre, le pays donnait l’impression d’un  « kote » (n’importe quelle bout de terre), sans collectifs, sans discours, mais avec quelques habitants qui choisissent de mourir à genou, frustrés et énervés d’un état de fait au lieu de parler franchement entre eux et aux partenaires internationaux afin d’essayer de trouver l’alternative correcte.

Depuis le début de la récente crise socio-politique en Haïti, débouchant sur des protestations collectives majeures, en lien avec l’affaire Petro-Caribe, c’est la première fois que je trouve une position d’un collectif haïtien qui renvoie à l’âme d’Haïti. Ce pays, habité par un peuple de combattants de la liberté, jadis leader du bannissement de l’oppression, du respect des droits et de la dignité humaine, sans distinction aucune, semble n’être pas pris au sérieux par l’assistance internationale qu’il est censé reçu pour lui aider à sortir de son errements. Il est vrai que ce sont les haïtiens eux-mêmes qui en sont responsables, parce que, collectivement, ils ne prennent pas au sérieux cette assistance et ne force pas à ce qu’elle soit correcte et adaptée à des rêves et objectifs concrets. Certes, si rêves et objectifs en existeraient, bien sûr.

Le contenu de la correspondance, à mon avis, est une riposte en règle à des perceptions, reprochées, dans les coulisses et quelques rares fois en public,  à une large ensemble du système de partenariat international dans ses rapports avec le pays.. Certains estiment même que  les  contacts privilégiés de la communauté internationale aurait projeté une faux prototype  de l’Haïtien d’Haïti, et, en conséquence, qu’Haïti parait comme un pays « toutouni », en termes de disponibilité de ressources collectives capables d’agir et/ou de réagir, de positionnement et de défense de les intérêts et le relèvement de la dignité du pays. Bien que, pour moi, cette politique de la COPAH mérite d'être lue à la loupe de plusieurs regards, y compris, le livre sacré de la religion chrétienté. C’est une position progressiste pour les relations diplomatiques de l’intérieur d’Haïti.  Car, répétons-le, le texte décourage, ce que j’appelle le regard  « CUT and PASTE » sur Haïti et des pays congénères. Certes dans ce cas, les possibilités d’un tels regard devait être faibles, tenant compte des éléments relationnels et de l’expérience.  Mais, j’en profite pour dire que, d’un point de vue générale, chacun doit imprégner sa marque, et se construire sa propre opinion sur le pays au lieu de continuer une tradition de regards clichés de prédécesseurs.

 Commentaires électifs de la lettre 

Le premier élément qui a attiré mon attention dans la correspondance est la partie suit ( permettez-moi de d’attirer l’attention en mettant des bribes en majuscules) : « Nous déplorons amèrement que vos déclarations tenues le 3 juillet dernier en votre résidence, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance nationale des États-Unis, AIENT CHAUDEMENT ÉTÉ APPLAUDIES par QUELQUES REPRÉSENTANTS DE LA CLASSE POLITIQUE, DU SECTEUR PRIVÉ ET DE LA SOCIETÉ CIVILE HAÏTIENNE, présents à̀ cette cérémonie ». Ici, se pose le problème de la complicité de certains haïtiens qui font semblants d’être d’accords mais au fond ne le sont pas, cependant, ils n’ont pas le courage de manifester leur désaccord. D’autre part, l’adverbe « quelque » utilisé dans la partie pose aussi un problème de validité de la représentativité du jugement de l’appréciation de la réaction aux propos tenus. Ce qui signifierait que ceux qui ont applaudi, sont des haïtiens certes, mais, on ne peut pas être si sûr, que le peuple haïtien les aurait applaudi.  Car ceux qui y étaient, ne peuvent pas être perçu comme une représentation du peuple haïtien.

 Puis la correspondance s’enchaine pour dire : « En plus d’INSULTER L’INTELLIGENCE DU VAILLANT PEUPLE HAÏTIEN, vous croyant dans un pays conquis, vous vous êtes permis de vous exprimer COMME SI VOUS INTIMIEZ L’ORDRE À DES SOUMIS ». Cette phrase peut être lu : « même si ceux qui y était présent, donne l’impression que vous êtes dans un pays conquis, avec des soumis inconditionnels, c’est une fausse impression. Nous sommes plutôt des partenaires qui méritent de se respecter l’un l’autre. Pa pale avè n nenpòt ki jan ». Au vrai haïtien, il faut toujours lui manifester du respect du respect. Jadis, vous donnez de l’argent aux mendiants dans les rues d’Haïti, hormis quelques-uns les dérangés -  les drogués, vous ne le faites pas avec respect, ils refusaient carrément de recevoir votre aumône. Le passé glorieux d’Haïti a créé chez l’Haïtien de souche lointaine une fierté de lui- même, qu’il exige qu’on lui traite avec respect et dignité.

A part, les quelques « abolotcho / konze », communément considérés comme des hommes non intègres, cherchant de l’argent et des faveurs par tous les moyens et en toutes occasions, Haïti n’est pas habitée par des hommes aux caractères génétiques de soumis serviteurs, pareil comme s’ils étaient préposés dans la cours de son maitre, comme au temps de l’esclavage, pour recevoir des ordres et servir son maitre. L’Haïtien généralement, est un type à l’esprit libre et se considérant comme maitre de lui-même au même titre que tout autre être.  D’ailleurs, n’est-ce pas la déclaration Universelle des droits de l’Homme, s’inspirant des valeurs de libertés et d’égalité parmi les hommes dans les velléités de l’indépendance haïtienne qui affirme que : « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits ? »

La COPAH se montre très interprétative et préoccupé à un sort qui peut être réservé à Haïti en raison de son instabilité.  Cette extrait : « à l’esprit de turbulence qui prévaut dans le pays et qui menace son indépendance.» indiqué dans la lettre  transcrit le sens poussé de l’interprétation du discours chez certains Haïtiens et déconstruit l’idée de l’Haïtien Bouki face à l’autre Malice. Pour ceux qui ne le savent pas dans la mythologie haïtienne, Bouki, que nous disons souvent « Bouki bouda boule » est un type au caractère ordinaire, qui ne comprend rien, qui ne voit rien et qui ne comprend rien, en conséquence, n’interprète rien. Il est au sens figuratif le plus vilain des idiots. Tandis que Malice est un type qui est doté d’une intelligence extraordinaire, qui ne laisse passer rien comme inaperçu, extrêmement imaginatif et rationnel. Au sens figuratif, il est le génie. Ainsi, on comprend quand la COPA réagit pour demander : « Vos propos constituent un acte d’intimidation inadmissible et une atteinte à notre souveraineté́ et à notre dignité́ de peuple libre. Êtes-vous en train de préparer l’opinion publique à quelque chose qui serait déjà̀ décidé́ en haut lieu de l’administration américaine contre Haïti? Seriez-vous prêt à nous occuper une nouvelle fois si le dialogue que vous voulez nous imposer n’aurait pas lieu comme vous le souhaitez en fonction de vos intérêts propres? »

La correspondance exprime l’idée, qu’à contrario de ces quelque abolotcho, cette minorité de classe flibustière de l’économique et du politique, qu’il y a, dans ce pays, ceux qui voient la nécessité, de refonder les bases de la gouvernance du pays sur des bases éthiques, déontologiques et de la moralisation de la vie publique. Car, lit-on : “ dialogue avec un président …  éclaboussé́ par plusieurs scandales de corruption, …. indexé dans un rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) dans son rapport d’audit sur la dilapidation des fonds Petrocaribe. Votre RÔLE en tant que diplomate, madame l’ambassadrice, n’est pas de chercher à̀ imposer le DIALOGUE entre un président accusé de corruption par une institution publique de son pays et ses concitoyens qui réclament sa démission. ….,  vous n’avez absolument aucun rôle à jouer dans une affaire mettant en cause la moralité́ du président.”. En fait, selon plus d’uns, en témoignent le discours dans les manifestations des petro challengers et des articles publiés dans les revues et quotidiens en Haïti, dialogué et trouver un compromis pour cohabiter avec Mr Moise au pouvoir, malgré les dénonciations, dont il est fait l’objet, aurait le sens de donner une prime à la corruption et à l’impunité́. C’aurait comme accepté d’abandonner toute possibilité d’un jugement des faits qui semblent être avérés. Car, en dépit du manque d’arguments juridiques, corroborant l’obligation de la démission obligatoire de Mr Moise, il est évident que les gens ont la conviction que Mr Moise ne prendra jamais, lui-même, les dispositions pour que le procès ait lieu et que le fait de rester au pouvoir est une menace pour la suite du dossier. Cette perception est compréhensible puisque, si Mr Moise arrive à arranger une passation du pouvoir à l’un de ses fidèles le risque que le procès soit abandonné est certain. D’autre, part, on se demande si la communauté internationale aurait si c’était Mr Leslie François Sant-Roc Manigat ou Mr Jean Bertrand Aristide qui était au pouvoir ? Aurait-ont la clémence de soulever, le principe de présomption d’innocence en matière judiciaire pour s’opposer à leur évincement ? Si tel n’est pas le cas, il s’avère qu’on est en présence d’une politique internationale de deux poids deux mesures.

La COPA illustre sa position contre le dialogue avec le pouvoir en place par le cas typique de l’ancien gouverneur de l’Illinois, Mr Rod Blagojevich, condamné à 14 ans de prison pour des faits similaires, certes scellés par un verdict judicaire. On a reproché avoir Mr Blagojevich d’avoir tenté́ de céder au plus offrant le siège de sénateur laissé vacant par Barack Obama, lorsque celui-ci a remporté́ les présidentielles de 2008. Je signale qu’en dépit de l’intervention du Révérend Jessy Jackson, sollicitant la clémence du Président Donald Trump, Mr Rod Blagojevich reste en Prison. Mr Trump a même ironisé la demande en commentant que le concerné a été condamné pour avoir été stupide. Il est vrai que les faits reprochés à Mr Moise et ceux de Blagojevich sont commis à deux moment différents par rapport à la fonction, dont l’un a été reconnu coupable par des faits reprochés par une juridiction de justice compétente, tandis que l’autre n’est que simplement dénoncé par des rapport d’entités haïtiennes compétentes, celui du Senat de la République d’Haïti et celui de la Cour Supérieure des Compte et du Contentieux administratif (CSCCA). Bien qu’il reste évident que des velléités et ambitions politiques sont mélangées aux revendications populaires et que la rapport de CSCCA pose un problème d’un point de vue de compétence juridictionnelle, il est incontestable que telles accusations embarrassent le Président à s’acquitter de ses responsabilité, moins qu’il ne se soucie pas de sa défense pu il sait qu’il sait qu’aucun procès n’aura lieu et qu’il représenterait une menace pour un bon dénouement du dossier.

Revenons au concept qui pose problème selon la correspondance de la COPAH, celui du dialogue qui serait utilisé par l’Ambassadrice. A notre avis, il y a au moins quatre interprétations. Premièrement, c’est une utilisation volontaire, car l’équipe au pouvoir arrange les intérêts des États-Unis en Haïti. On doit les protéger quitte à utiliser n’importe quel jargons dans nos communication publique, d’ailleurs qui ne seront pas soumise à aucune critique. Soit que l’Ambassadrice ait commise lapsus, ou n’a suffisamment éclaircit ses sous- entendu de don dialogue. Car, même en situation extrême il faut laisser ouvert les canaux de communications pour protéger les intérêts supérieur du pays. Dans cette logique de lapsus sur le concept de dialogue, cela pouvait signifier, qu’il faut communiquer au niveau interne pour que le vide institutionnel ne survienne pas dans l’éventualité du départ de Mr Moise au pouvoir. Troisièmement, la perception est que ceux qui risquent d’accaparer le pouvoir ne sont pas si propre que Mr Moise. Et au nom de la théorie américaine du coût et du risque de ce changement il serait mieux de garder le statuquo. Enfin, la position américaine est que les dénonciations ne sont pas suffisamment probants pour remettre en cause la légitimité et la légalité du pouvoir et que le fond des protestations collectives serait plutôt, une résultante des mécontentements politiques au parfum électoraliste, en conséquence, la solution  plutôt politique en passant par une résolution pacifique de la crise.

Selon son profil professionnel et universitaire l’Ambassadrice sait pertinemment le sens du concept sens dialogue et dans que contexte de conflit et à quel niveau on l’utilise. Je signale que l’Ambassadrice a fait des études en Sciences politiques à Wellesley aux USA et aussi à London School Economics (LSE) en Angleterre, et qu’il a représenté la diplomatie de son pays au plus niveau dans des pays et à des périodes de crises similaires à Haïti. D’autre part, pour nous, utiliser le terme DIALOGUE dans le contexte des protestation collectives de l’heure, sous fonds de malversation dans l’utilisation des fonds petro Caribe, est de toute évidence inapproprié. Généralement, un diplomate pèse ses mots et les mesure au message qu’il voudrait livrer ou à l’effet attendu. Dans ce cas, la correspondance a fait bien  référer aux fonctions des missions diplomatiques selon la convention de selon la convention de Vienne sur les relations diplomatiques (1961- Entrée en vigueur le 24 avril 1964 ).

La COPAH attire l’attention sur l’universalité du regard qu’on doit avoir sur des faits de corruption et de ses effets de disjonctions dans nos sociétés modernes. Car, lit-non dans la correspondance : « Nous tenons aussi énormément aux valeurs morales et éthiques que vous défendez aux États-Unis et qui font de vous un grand peuple, un grand pays. La lutte contre la corruption et toute autre forme de criminalité́ est un mouvement mondial dont Haïti ne saurait en être l’exception. Et en tant que citoyens et en tant qu’hommes de Dieu, nous nous souscrivons à la lutte contre la corruption. La corruption ne constitue pas seulement un crime, elle encourage la criminalité́, accélère la pauvreté́, creuse les fosses, accentue les inégalités sociales, augmente la souffrance des peuples et freine le développement.

Haïti n’est pas un pays à part. Si au nom des valeurs morales et éthiques, il ne serait pas accepté aux USA, en France, en Grande Bretagne, Au Canada et ailleurs de dialoguer et de faire des compromis autour d’une affaire de malversation de fonds publiques, indépendamment de la situation politiques des acteurs concernés et du moment que les actes aient été posés, pourquoi le devrait-il en Haïti ? La récente affaire en France, scandalisant par voie de la Presse le ministre Français de l’Écologie, François de Rugis, est très illustratifs de l’intolérance dans le monde occidental actuel des écarts du politique à l’éthique et à la déontologie. Je souligne que François De Rugis, est seulement dénoncé par une organe de presse, dénommé Mediapart, d’avoir abusé de l’agent du contribuable dans les somptueuses réceptions, dans les travaux d’aménagement de sa résidence de fonction, puis il aurait dérogé, au prescrit du déontologue sur la manière d’utiliser les frais de fonction alloués au députés. Par rapport, au cas d’Haïti, on peut dire que c’est un montant misérable, mais Mr De Rugis a été contraint de démissionner illico presto. Pourquoi Haïti ne devrait pas elle-même pas aller sur le ton mondial et suspendre de d’envoyer des signaux à l’extérieur qu’elle est un État voyou, sans soumission aux valeurs morales et éthiques.

La COPAH enfonce le clou en interrogeant le silence de l’ambassadrice sur d’autres sujets, comme le massacre de La Saline, de Tokyo, de Cité Soleil et de Carrefour-Feuilles, dont l’opposition accuse, à tort ou à raison, le pouvoir d’être responsable, tandis qu’elle insiste sur le dialogue Mr Moise  au Pouvoir. Un dialogue qui selon l’interprétation générale qui serait un piège pour aboutir à un compromis du maintien, la séparation du butin politique et l’enterrement du dossier Petro Caribe. Peut-être, le silence de l’Ambassadrice sur les autres dossiers dont fait référence la COPAH, est, certes, constaté, mais il serait, d’une part, contreproductif de l’aborder publique dans les velléités de maintien de l’équipe au pouvoir ; surtout quand on sait que ce dossier incommode davantage le protégé des États-Unis ; d’autre part, il pouvait être embarrassant pour la diplomatie américaine qu’il soit abordé publiquement,. Certes, sait que l’hypothèse 2 est peu probable mais, il reste que selon la convention de Vienne sur les relations diplomatique, en son article 3, missions Diplomatiques, dans un État accréditaire ont pour fonction, en plus de protéger dans l’État accréditaire les intérêts de l’État accréditant et de ses ressortissants, de faire rapport à leur pays accréditant sur le pays accréditaire. Normalement, ces rapports ne sont pas publiques et il n’est pas fait obligation de partager ces rapports avec le pays accréditaire, d’autant plus de les rendre publique. De plus, les autres fonctions ne s’accouplent pas avec des dénonciations, à moins qu’est un choix d’affrontement directs aux regards des intérêts en jeu. En principe le pays accréditaire devrait avoir le dessus dans une telle situation. Surtout selon l’article 9.1 : “ L’ÉTAT ACCRÉDITAIRE PEUT, à tout moment et sans avoir à̀ motiver sa décision, INFORMER L’ÉTAT ACCRÉDITANT QUE LE CHEF OU TOUT AUTRE MEMBRE DU PERSONNEL DIPLOMATIQUE DE LA MISSION EST PERSONA NON GRATA ou que tout autre membre du personnel de la mission n’est pas acceptable. L’État accréditant rappellera alors la personne en cause ou mettra fin à̀ ses fonctions auprès de la mission, selon le cas, … “. Certes, il est fou d’imaginer que dans la posture actuelle du pouvoir qu’il puisse aller dans le sens de représailles diplomatiques, surtout face à cette forte administration américaine, son meilleur allié. Mais tout reste possible. Mais, il est compréhensible le sens du discours de la COPAH qui aille dans la direction d’une opposition à la tradition, que certains appellent la fonction  « d’Ambassadeur – Gouverneur anbachal ».  Car, dénonce la COPAH que l’Ambassadrice exercerait des pressions pour obtenir la ratification d’un Premier ministre et le lancement d’un hypothétique processus électoral avec un CEP qui n’inspire pas confiance. Ce qui d’après la COPAH est  contraire à l’esprit de la convention de Vienne.

Observations et considérations

Cette correspondance exprime le courage de quelque rares hommes et femmes du pays qui luttent toujours pour la clarté de la politique internationale envers Haïti et appel le respect de la dignité d’Haïti : « manam libète ». J’apprécie le sens du sérieux, la franchise du discours d'hommes debout de l’Haïti et le sens patriotique du contenu de la correspondance. Il est réputé que la plupart des politiciens haïtiens ont de dire aux partenaires extérieurs ce qu’ils pensent réellement de leur mode d’interaction avec le pays par peur de perdre des avantages mesquins. L’histoire du pays est plein d’exemples à ce sujet, qui montrent comment des hommes et des femmes chancellent et changent de langage à tout bout de champ. Cette correspondance est un acte épique, parlant franchement et émettant l’écho de des vaillants combattants de l’indépendance de leur tombe pour dire l’histoire de la république d’Haïti ne doit pas lui trahir et que ce pays patrimoine vivant de l’humanité pour sa contribution à l’histoire universelle de la liberté des hommes, devenue chère dans le monde contemporain, est une raison pour qu’elle mérite un soutient sans fosse coté à son redressement.

 Je me permets aussi de faire quelques remarque sur la correspondance :

Je n'exclurais l'option de dialoguer, au sens de communication, afin de persuader l'interlocuteur d'en face du fait accompli et d'en tirer les conséquences.

Je n’utiliserai pas le terme raciste, mais plutôt de comportement discriminatoire ou stigmatisation. Car, si les faits reprochés sont avéré, certainement, il ne peut pas être le cas au Rwanda, en Afrique du Sud, en Ouganda, pour ne citer que ces pays-là. En conséquence, ce sont les haïtiens eux-mêmes qui sont responsables de tels écart.  D’autant plus, tous les peuples de la terre savent déjà que les thèses de la supériorité d’une race par rapport à une autre est vide de sens et sans fondement scientifique. Sauf que, là où ils sont permis de tels agissements peuvent constituer d’une volonté de dissimulation de stratégie.

Je n’aurais pas dit, non plus, utiliser les références aux relations des USA avec l’Iran, le Venezuela, la Syrie, Cuba pour conforter la position du refus de dialoguer avec le pouvoir. Car, si tel n’était pas le vœu, cette comparaison peut être interprétée comme une qualification, de fait.  A notre avis, la posture des États est ancrée dans théorie géopolitique et stratégique qui ne sont pas immédiatement perceptible.

Il est temps que des collectifs s'élèvent pour parler sans fourberies et défendre les vrais intérêts du pays face aux interlocuteurs qui eux-mêmes ont leurs intérêts le pays. D’ailleurs, les incommodités du pays sont énoncés dans les résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies comme une menace pour la sécurité internationale aux interlocuteurs, ce qui justifie la présence de ce missions dans le pays. C’est aux de prendre la position qui arrange les intérêts de leur pays, à côté du droit des autres de prendre des positions qui arrangent l’intérêt de l’international qui devait aller dans le sens de l’ intérêt d’Haïti. Ce texte exprime l l’idée qu’Haïti a laissé derrière elle, longtemps, le « complexe de guacanagarix », lequel qui mérite une autre texte pour l’explique. Sans vouloir être discriminant, je voudrais, souligner que l’Haïtien authentique est comme tout être humain debout qui dit ce qu’il pense, qui n’accepte pas de faire semblant au point de laisser piétiner sa dignité d’être humain, ses valeurs pour des mesquineries. 

Haïti d’antan, grande contributrice et supportrice des valeurs de liberté et des droits humains dans le monde, principale instigatrice de la libération de l'Amérique latine des Joux de l'esclavage, défenseuse des pays faibles devant les grands à travers les grandes institutions internationales, mérite un partenariat plus clairvoyant, respectueux de ses intérêts et en règle avec les principes des relations internationales et de la coopération internationale . Les interactions de l’extérieur avec le pays doivent faire preuve d’une reconnaissance du droit à l’autodétermination garanti par le Droit International (DI). Toute politique contraire à cet esprit et qui donne l’apparence d’une politique deux poids deux mesures ne feraient que retarder les chances d’un réel redressement du pays.

A l’instar de la réaction de la COPAH, Haïti a besoin des critiques ouvertes et en coulisse de ses collectif afin de dissiper la fausse presse et perception générées par des politiciens véreux et des mercenaire économiques, des flibustiers, qui n’ont aucune dignité que l’odeur de l’argent et le bénéfice des faveurs. Certainement, leur soif de faire de l'argent par tous les moyens, la recherche incontrôlée de privilèges, sans mérite ont souillé le rêve originale d’Haïti.

Recommandations pour la clarification des soupçons fautes pénales indexant le pouvoir en place

Je me permets de faire quelques suggestions qui ne sont pas d’ordre juridiques mais, consensuelles. Car, le dossier et le contexte politique haïtien est si délicat et tant complexe que le juridique ne pourra pas l’adresser. Ceci étant dit mes propositions ont leur valeur et leur limite. Tout au moins j’espère qu’elles pourront provoque des échanges afin de trouver une issue favorable à la crise actuelle et qui pourrait être dans l’intérêt supérieur de la nation :

A contrario, de la routine, qui veut que la société civile ne fasse que soulever les problèmes et les amène aux politiques pour les résoudre, je propose que le peuple reprenne le lead des protestations collectives autour du dossier Petro Caribe, comme il l’était au début du mouvement afin  de re-crédibiliser le mouvement.

Avec l’aide des Nations Unies et autres acteurs crédibles de la communauté internationale, le pouvoir en place, l’opposition politique et les leaders reconnus de la mouvance protestataire Petro Caribe acceptent  la constitution de deux Commissions Spéciales de Vérités et Justice (CSVJ) soit montées afin de la clarifier les soupçons sur les épineuses  questions constituant le fond de la mouvance populaire revendiquant le départ immédiat et inconditionnelle de l’actuel président du pays. Ci-dessous, se trouvent les considérations sur la constitution, les rôles et responsabilités de chacune des commissions :

La première, constituée d’experts nationaux des universités publiques et privés de la place, mis sous le contrôle du Sénat de la République d’Haïti, sera chargée d’enquêter sur les soupçons de malversations relatifs à la gestion des fonds de Petro Caribe reprochés  à quatre administrations de Mr René Garcia Préval à Mr Jovenel Moise. Cette commission aura pour tâche d’évaluer le degré de réalisation des projets financés, d’un échantillon de projet des quatre administrations concernés, y inclus obligatoirement les projets dont le nom de l’actuel président est cité. A part l’état d’avancement, la commission doit analyser les aspects monitorage et d’évaluation en comparaison à la procédure prévue. Sur la base des observations, de faits probants, le Senat peur décider de mandater la commission d’étendre ses observations sur l’ensemble des projets financés.  les aspect les rôles et les responsabilité et formulé des recommandations au Senat de la République ;

La deuxième commission, des organisations évoluant dans le domaine des droits de l’homme, sera indépendante et en conséquence n’aura pas de répondant institutionnel. Elle sera chargé de faire la lumière sur les massacres perpétrés à  La Saline, à Tokyo, à Cité Soleil, à Carrefour-Feuilles et dans d’autres zones. Que le pouvoir soit coupable ou pas, la commission s’attachera à constituer la partie civile au procès.

Si le président est toujours suspecté de malversation dans le dossier Petro-caribe ou être de connivence avec les massacres perpétrés, il acceptera de démissionner, pour se mettre à la disposition d’un tribunal spécial pour le juger. Un clause d’engagement des parties pourra lui garantir que s’il ne sera pas reconnus coupable des faits reprochés il pourra reprendre ses fonctions avec possibilité de gagner le temps perdu.

Les commissions et les institutions compétentes s’assureront de la suite du reste des affaires pendante dans ces dossiers.

En guise de conclusion

La COPAH a frondé et alerte sur la nécessité d’un changement de la politique internationale envers Haïti et tente de déconstruire l’image de plaisantins et pernicieux profiteurs qu’une frange de la société haïtienne projette à l’international. Il serait encourageant, que d’autres collectifs se fassent entendre quand cela est nécessaire. Tenant compte de la limite de mes propositions, ci-dessus, j’encourage d’autres collectifs à se prononcer sur des aspects techniques des protestations collectives actuelles comme les soubassements juridiques des postions.

Jean Laforest Visene de Lyvia Tulce

visenejl@gmail.com

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