Aucun Etat ne peut survivre en vase clos. Le fonctionnement du monde international fait que tout Etat a toujours besoin de maintenir des contacts avec le monde extérieur. En entretenant des relations avec les autres, certains Etats cherchent, dans une vision réaliste dans les relations internationales, à maximiser ce qu’ils considèrent comme intérêt national. Pour ce faire, ils mettent en place un ensemble de moyens susceptibles de leur permettre de répondre aux comportements d’autres acteurs internationaux, dans la visée de maximiser leurs profits. Ces moyens correspondent à ce que l’on appelle politique extérieure.
Il faut souligner que l’expression politique extérieure s’explique d’elle-même. Beaucoup d'études sont consacrées à la politique extérieure de tel ou tel pays, considérée dans son ensemble ou sous l'un de ses aspects, ce qui indique un large accord général sur cette matière. Les plus nombreuses études qui y sont faites, sont descriptives, monographiques, et en somme historiques. D'autres sont d'inspiration philosophique, ou éthique. Elles visent surtout à fournir des principes directeurs, à donner un sens à la politique extérieure d’un pays, c'est-à-dire à l'orienter (Jean Meyriat,1961).
En effet, la politique étrangère, selon le professeur Marcel Merle, approche qui est reprise par le professeur Guy Marie Louis (2019) dans son livre intitulé la politique étrangère de René Préval, est la partie de l’activité étatique qui est tournée vers le dehors, c’est-à-dire une activité qui traite, par opposition à la politique intérieure, des problèmes qui se posent au-delà des frontières. Par sa politique étrangère, soutient le professeur James Rosena, l’Etat cherche à répondre au comportement des autres acteurs internationaux, et d'une manière plus générale, à agir sur son environnement pour le conserver tel, quand il lui est favorable et de le transformer quand il lui paraît défavorable. Il doit voir le monde de façon différente, et défendre à sa manière ce qu'il considère comme intérêt national.
Nous basant sur l’approche du professeur Marcel Merle, la politique extérieure, selon notre appréhension, est le prolongement de la politique interne. Etant ainsi comprise, la politique extérieure doit être nécessairement considérée comme une sorte de politique publique et que, comme telle, dans une analyse systémique, elle doit de plus en plus prendre une place considérable dans l’agenda politique de tout gouvernement d’un pays donné. Cela nous permet de comprendre que la politique intérieure et la politique extérieure d’un pays se tiennent, et cette dernière doit indubitablement s’articuler en fonction des réalités internes, et doit avoir pour fondements ce sur quoi se basent les orientations de la politique interne. Ainsi on comprend que si la politique nationale d’un pays va mal, il est évident que sa politique extérieure la reflète. Car la bonne marche de toute politique extérieure dépend des pratiques politiques faites par les acteurs vitaux d’une nation au niveau interne.
Alors, si la politique extérieure doit être considérée comme une sorte de politique publique, il est indispensable de faire usage d’un ensemble de moyens de mise en œuvre de cette politique. D’ailleurs, une politique publique, selon le dictionnaire des sciences politiques, est le produit de l’activité d’une autorité investie de puissance publique et de légitimité gouvernementale. Cela veut dire que ces moyes de mise en œuvre ne peuvent être pris que par des autorités publiques qui sont qualifiées à remplir de telles fonctions.
Quel serait donc l’outil de mise en œuvre d’une politique extérieure ? Cette question se veut simple, et pour y répondre, nous affirmons que la diplomatie est l’outil par excellence, si ce n’est pas le seul, de la mise en œuvre d’une politique extérieure. Il n’y a pas, selon nous, moyen de parler d’une bonne politique extérieure sans l’application d’une bonne et ferme diplomatie. En passant, voyons ce que c’est que la diplomatie.
Pour comprendre le concept « diplomatie », il faudrait se référer à une pratique de l’Antiquité où il était question pour un Etat d’envoyer des émissaires auprès d’un autre Etat, en vue de nouer des contacts et pour négocier. Il faut souligner que les relations consulaires, quoique codifiées deux ans après les relations diplomatiques, soit le 24 avril 1963, existaient de façon informelle (Convention de Vienne, 24 avril 1963). Ce qui nous fait comprendre que le doit consulaire a existé avant le droit diplomatique, mais dans la coutume ou la pratique. Mais la pratique régulière, admet-on, des missions diplomatiques permanentes était un peu tardive (Devin Guillaume, 2013). Elle débute avec la Renaissance à travers les réseaux entretenus par le chef du Vatican et les Républiques italiennes (Mattingly, 1965 ; Bély, 1998). Aussi nombreux sont-ils les auteurs à comprendre le concept de diplomatie suivant certaines expériences vécues. En effet, Raoul Delcorde (2006) fait de la diplomatie la conduite des relations internationales, entre les gouvernements des Etats par l’intermédiaire des agents de ceux-ci, nommés par ceux-là.
Pour le professeur Leslie François Manigat (2003) qui a repris la définition de l’internationaliste brésilien Hildebrando Accioly, la diplomatie est l’art de représenter les Etats les uns auprès des autres ou l’ensemble des règles relatives aux relations pacifiques et aux négociations entre les Etats. De plus, le professeur, ayant repris la définition du Comte de Saint-Aulaire, continue en affirmant que la diplomatie consiste à jouer avec virtuosité sur le clavier des intérêts, des idées, des passions, des forces matérielles et morales qui mènent les hommes et les peuples.
La diplomatie est entre autres la communication permanente entre les Etats. En considérant ces différentes approches, on est amené à dire que tout Etat devrait envisager la diplomatie comme telle en engageant dans les postes diplomatiques des personnes qualifiées à même de faire valoir la position et la vision d’un pays et de défendre ses intérêts au sein d’un autre Etat.
Il est important de revenir sur l’approche de Delcorde relative a diplomatie, qui est jugée utile dans son explication comme outil de mise en œuvre d’une politique extérieure. Si en réalité, selon cette affirmation, la diplomatie est la conduite des relations internationales, un Etat doit la penser comme moyen de s’engager dans ses rapports avec le monde extérieur. Pour mieux conduire les relations internationales d’un pays, sa diplomatie doit s’inscrire dans l’agenda politique des gouvernements, comme souligné plus haut. C’est un élément auquel tout gouvernement, soucieux de donner une bonne image à son pays au niveau international, doit accorder une importance particulière, car la diplomatie quand elle est bien pensée, elle peut beaucoup rapporter à un pays.
En somme, penser la diplomatie comme outil ou moyen de mise en œuvre d’une politique extérieure est d’une importance capitale. Parce que pour mener une politique au niveau international, tout Etat doit exhiber un comportement rationnel reflétant tout ce qui fait l’objet des programmes de la politique interne, ce pour tirer ou maximiser ce qu’il considère comme intérêt national.
Job PIERRE
Licencié en Sciences Politiques & Relations Internationales
UNDH /FSESP. HELP Alumni
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