Jocelyne Beroard et Jacob Desvarieux « sous les étoiles» du Karibe

PUBLIÉ 2019-07-15
« Kaye manman, latè ké tranblé ». Pour une fois, la terre qui tremblait sous nos pieds se révélait une douce sensation. Ce refrain de Kassav’ chanté en cœur samedi soir au Karibe ravivait des souvenirs d’enfance, d’adolescence ou de jeunesse… A défaut d’un Kassav’ au complet, les rayons de cette soirée « Zouk sous les étoiles » provenaient de Jacob Desvarieux, Jocelyne Beroard et des musiciens complices.


La soirée démarre avec un documentaire sur le groupe Kassav’ qui fête cette année ses 40 ans. En Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, au Bénin, en Guinée, en Afrique du Sud, en Angola, au Zaïre (acteur République démocratique du Congo), en France… Kassav’ est sur toutes les lèvres. Compositeurs, chanteurs, arrangeurs, promoteurs… tout le monde tresse des lauriers à ce groupe fondé en 1979, devenu depuis une légende. On se l’approprie. Plus qu’un simple groupe musical, Kassav’ est avant tout un projet culturel. Un ténor de la promotion de la culture créole qui a conquis des millions de cœurs, fait vibrer les grandes salles de spectacle des cinq continents. Alpha Blondy, star de reggae ivoirien, depuis l’Afrique de l’Ouest, ne cache pas d’ailleurs sa fierté. « Ils sont guadeloupéens, martiniquais, jamaïcains… mais avant tout ils sont africains », se réjouit la star qui s'est déjà rendue en Haïti à plusieurs reprises.

Jocelyne Beroard monte sur scène un peu plus avant 10 h 30, sous les applaudissements d’un public content de voir la mégastar antillaise. Après une chanson, elle regagne le vestiaire. Des soucis techniques. Elle entend tout le monde, sauf elle. Le temps que le problème soit réglé, le dj de la soirée fait danser des couples impatients, proches du découragement. La « piste de danse » se remplit. Entre des tête-à-tête complices, des couples s’entrelacent sous les notes d’anciens tubes du zouk, pour la plupart vieux de trois à quatre décennies.

Après une pause, les organisateurs offrent une surprise au public : Sandro et Yani Martelly sur scène. La surprise des surprises, l’ex-président de la République rejoint ses enfants. Un Michel Martelly plutôt pâle, peu bavard contrairement à ses habitudes, interprète pour un public embarrassé « M anvi manje w », sa dernière composition. Une chanson, puis il s'en va bredouille.

Jocelyne Beroard regagne de nouveau la scène. Accompagnée par trois choristes, deux pianistes, un guitariste, un bassiste et deux percussionnistes, la chanteuse entonne des chansons peu connues du public. Toutefois, à défaut de chanter les refrains, des couples font ce qu’ils savent mieux faire : danser.  Quand l'artiste à la voix sucrée sort de son tiroir « Siwo », Karibe s’enflamme. Et quand elle est rejointe en deuxième partie du spectacle par son éternel collègue Jacob Desvarieux, l’ambiance devient des plus intenses. Le vent a cessé de souffler. Les arbres géants des jardins du Karibe se taisent pour écouter "Yélélé", "Banzawa", "Siwo",  "Kaye manman", "Oh Madianah !", "Zouk la se sèl medikaman nou li"…

Ces morceaux ont bercé l’adolescence de certains présents à ce spectacle offert par Dream Promo. Ces derniers ont aujourd’hui des cheveux blancs et des rides au visage, mais pas ces magnifiques mélodies plus que jamais indémodables qui provoquent toujours les mêmes déhanchés.

Jocelyne et Jacob sont inoxydables.

Valéry Daudier



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