La détention préventive prolongée a chuté d’environ 30%, selon le chef du parquet de Port-au-Prince

De décembre 2018 à aujourd'hui, le nombre de détenus en détention préventive prolongée dans les prisons civiles de la juridiction de Port-au-Prince est passé de 4 918 à 3 318. Le taux de la détention revu à la baisse, le chef du parquet près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Paul Eronce Villard, n’a cessé de se féliciter lors d’une conférence de presse mercredi, pour présenter le bilan mensuel des activités du parquet.

Publié le 2019-07-10 | lenouvelliste.com

«Jusqu’à présent, nos stratégies apportent des résultats. À présent, il n’existe plus de dossier en souffrance au parquet de Port-au-Prince. On ne traite actuellement que les dossiers que les juges d’instruction nous acheminent», s’est félicité le commissaire du gouvernement Paul Éronce Villard, qui s’est révélé en un véritable roue de secours pour ce parquet qui faisait l’objet de conflits. Au cours du mois de juin, le parquet a émis 33 actes d’accusation et réquisitoire définitif. rappelant qu’avant son accession à la tête du parquet, on y a traité seulement 40 dossiers en six mois.

«Nous avons reçu et traité en temps réel 106 dossiers pour le mois. 40 d’entre eux ont été déférés au cabinet d’instruction et 21 autres au tribunal correctionnel», a fait savoir Paul Éronce Villard, ajoutant que 45 dossiers sont classés sans suite. Selon le commissaire, tout cela rentre dans le cadre de la lutte qu’il mène pour éradiquer la détention préventive prolongée dans les geôles de sa juridiction. Force est de constater qu’elle a effectivement été diminuée.

De septembre à décembre 2018, les prisons civiles de Port-au-Prince regorgeaient de 4 918 détenus jamais jugés. De décembre 2018 à janvier 2019, ce chiffre est passé de 4 414 à 4 045. Cette gangrène a atteint la barre des trois mille en février. Entre mars et avril, le parquet a indiqué une baisse de 3 856 jusqu’à 3 396. 44 détenus ont été libérés au cours du mois de mai. Enfin, en juin, la détention préventive prolongée est de l’ordre de 3 318.

«Même si la baisse n'est point considérable, si on avait toujours utilisé ces stratégies, aujourd’hui nous n’aurions pas à formuler la détention préventive prolongée à Port-au-Prince». Ces actions ne sont pas le fruit du hasard, selon le magistrat. «Hier, nous avons visité la prison pour l’inspecter et nous enquérir sur les conditions d’emprisonnement des détenus», a relaté Paul Éronce Villard.

Le chef du parquet dit constater que le nombre de mètres carrés par détenu a augmenté au pénitencier national. Le standard international recommande 4,5 mètres carrés par cellule. «À mon arrivée, la surface d’une cellule était de 0,38 mètre carré. Elle est actuellement de 0,95 mètre carré. C’est un travail de titan», s’enorgueillit le commissaire du gouvernement, qui confie qu’un substitut commissaire du gouvernement est sur place dans le plus grand centre carcéral du pays qui ne devait contenir qu’environ 800 détenus.

De décembre 2018 à juin 2019, 719 actes d’accusation et de réquisitoire définitif ont été émis. «Cela a un impact vraiment positif sur la diminution de la détention préventive prolongée dans la juridiction de Port-au-Prince», dit croire celui qui vante toujours la stratégie de quota de dossiers établie au sein du parquet. Et d’ajouter : «Il n’y a pas d’administration sans inventaire, sans planification, sans évaluation et sans résultat. Aussi longtemps que je suis au parquet, nous allons tenir la même rigueur, et la détention n’aura d’autre choix que de baisser. C’est ce que nous nous sommes donné comme mission.»



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