Black Mayko, « animatè peyi a »

PUBLIÉ 2020-09-15
De son vrai nom Miko Guerrier, Black Mayko fait partie de ce nouveau format d’animateurs qui égaient nos soirées. De ses débuts assez timides dans les années 2000, l’homme de 30 ans a fait du chemin. Aujourd’hui, il compte à son actif quelques titres faisant particulièrement la joie des fans du rabòday tels que « Mamane ou lèd », « Yo panse m pral di betiz », « Bòdègèt », sans oublier sa participation sur le remix « Lave lè a » de Tonymix sorti récemment. Coup de projecteur sur Black Mayko, l’autoproclamé « Animatè peyi a ».


« Tout kote m pase m fè hit », lâche M. Guerrier qui ne se ménage du tout pas lorsqu’il s’agit d’arborer son costume de pédant. Pas un mot ne sort de la bouche de Black Mayko sans qu’il ne nous serve une de ses phrases ponctuées de vanité. C’est que ce bout d’homme s’est taillé du chemin et a essuyé des humiliations, pour arriver à se faire connaître. Avec de tels efforts, jouer la carte de l’humilité n’est guère une option. « Quand je suis arrivé à Port-au-Prince en 2014, trois mois m’ont suffi pour percer. M kraze peyi a », raconte-t-il, toujours sans fausse modestie.

Tout a effectivement commencé dans sa ville natale, Hinche. L’ancien élève du lycée Dumarsais Estimé s’amusait à faire du « mouth beat » avant de se mettre dans la peau d’un animateur. « J’ai commencé avec un dj de la place qui s’appelait Toto Mix. De là, j’ai fait la rencontre de TonyMix et de Ti Babas, venus à Hinche pour assurer une prestation. C’est à ce moment que Tony m’a conseillé d’entrer à Port-au-Prince, de lancer véritablement ma carrière et d’en tirer profit », explique le Hinchois.

Arrivé dans la capitale, la carrière de Miko Guerrier peine un peu à décoller. Certains disc-jockeys lui refusent catégoriquement quelques minutes durant leur show. Obstiné comme le diable, il ne lâche pas prise et fait la rencontre de Soundley Mix-son qui propose de l’aider. « Aujourd’hui, je gagne de l’argent avec ce que je fais. Je suis sur les grandes affiches comme Sumfest... Ma popularité me dépasse », clame Black Mayko. L’animateur se dit très fier de son parcours même s’il estime qu’il lui reste encore du chemin à faire. Conquérir le marché international, c’est son objectif. « M vle rive pi lwen toujou ! »

Officiellement lancé en 2014 avec sa chanson « Danse mal », l'animateur qui se cache derrière « Yo panse m pral di betiz » voit son travail comme une source de revenus comme tout autre métier du secteur musical. « C’est un job qui évolue, c’est un métier en pleine progression. De jours en jours, il se valorise davantage et c’est grâce à moi », s’enorgueillit-il. L’interprète d’« Ana ma maman » estime cruciale la présence des animateurs dans les activités culturelles. « Nous sommes là pour accompagner les dj et secouer un peu le public », affirme-t-il.

Avec plusieurs morceaux rabòday à son actif, celui qui a pris naissance le 28 juillet 1990 détient une certaine particularité pour cette nouvelle tendance très en vogue ici en Haïti. « Le rabòday fait partie de nous. C’est un rythme très chaud. Dès les premières notes, tout le monde indistinctement se met à danser », explique l’ancien danseur de hip-hop qui dit préférer mettre en veilleuse sa passion pour la danse. Le micro est devenu son gagne-pain et il n’est pas prêt à le lâcher.



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