Depuis l'antiquité jusqu'à nos jours les hommes ont toujours tendance à se regrouper. Cette tendance prend forme par le fait que nos différences et nos divergences sont palpables à tous les niveaux que ce soit; race ou ethnie, famille ou culture, aussi bien qu'au niveau de multiples intérêts. Ce qui fait que dans le tissu social nous sommes divisés en cellules sous des bases identitaires qui nous rapprochent les uns des autres.
En conséquence, nous avons eu à travers les âges la naissance de tribus, de castes ou de classes.
Entre le dix-huitième et le dix-neuvième siècle, les mouvements socioéconomiques liés à l'industrialisation ont vu le jour. Et, sur ces entrefaites, les classes sociales ont pris naissance. De là vient le concept ou la notion de classe sociale.
Cela désigne un ensemble d'hommes caractérisé par la place qu'il tient au sein du système productif que Marx divise en sept classes: 1- l'aristocratie financière; 2- la bourgeoisie industrielle; 3- la bourgeoisie commerçante; 4- la petite bourgeoisie; 5- la paysannerie; 6- le prolétariat; 7- et le sous prolétariat.
Et qu'il divise après en deux classes importantes quand il parle, d'une classe dominante qu'il dénomme bourgeoisie, d'un côté; et d'une classe de soumission, qu'il dénomme prolétariat, de l'autre côté. Ainsi, il appellerait bourgeoisie, ceux qui possèdent les moyens de production; et prolétariat, ceux qui y travaillent, donc les salariés.
Toutefois, le sociologue Max Weber introduit une approche plus graduelle des classes en leur ajoutant des classes intermédiaires communément appelées classes moyennes.
Partant de ce postulat, la société haïtienne qui est une société à caractère capitaliste, depuis son initiation aux questions de marché libéral ou de libéralisme économique, se trouve rangée dans ce schéma marxiste. Où Il y a une classe économique formant la bourgeoisie haïtienne, d'une part; et une classe de travailleurs, par rapport à leurs conditions économiques précaires, formant le prolétariat haïtien, d'autre part; avec l'État comme agent régulateur. Mais ce dernier a préféré travailler au bénéfice de la classe dominante.
Peut-être, ferions-nous appel à Weber pour parler d'une classe intermédiaire appelée classe moyenne en Haïti? Cette classe qui peut se procurer sans aucune grande difficulté de certains droits et privilèges regroupe une grande partie de la diaspora haïtienne; une bonne partie de notre élite intellectuelle; certains commerçants de gros; certains fonctionnaires publics; et compagnie.
Placé sous l'oppression hégémonique sans secours ni recours, le prolétariat haïtien est confronté de façon continue à des problèmes d'ordre économique et sociale qui le rendent de plus en plus vulnérable. Santé, éducation, logements, ce sont entre-autres ceux-là qui font la revendication de ses membres. En outre, dans un contexte de mauvaise gouvernance et de mauvaise utilisation des fonds alloués à l'amélioration de ses conditions, il réclame aussi des rapports de reddition de compte.
Face à un État qui ne réagit que sur des fortes pressions populaires, pour se faire entendre, les membres de cette classe utilisent tantôt des manœuvres dites extrêmes comme casses; barricades; barricades ou pneus enflammés; etc.
Plus que toute autre chose, nous devons noter que le prolétariat haïtien est fragmenté dans des intérêts disparates et sordides. Et, quand, au moment même des revendications, petits commerçants, manufacturiers, policiers et journalistes, si nous citons que ceux-là, qui se sont confrontés aux problèmes socio-économiques majeurs quotidiens les uns au même titre que les autres, s'antagonisent et s'entretuent, cette classe s'est par conséquent fragilisée et risque de garder sa situation stagnante.
Ramong Gédéon
(RaGe)
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